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02/08/2011

La Bulgarie, confrontée à un grand retour du nazisme. Des explosions ont eu lieu devant un journal et le siège de deux partis politiques.

Extrême-droite et culture de la violence en Bulgarie : une anatomie de la haine
Traduit par Desislava Kyurkchieva

 
Mise en ligne : lundi 1er août 2011
 
Des slogans racistes omniprésents sur les murs des villes ou dans les stades de football, des mouvements extrémistes qui tiennent le haut du pavé, prêt à « casser » du Tzigane ou du musulman, à attaquer la Gay Pride : la Bulgarie n’est pas épargnée par ces phénomènes. Après la tragédie d’Oslo, ne serait-il pas temps d’en prendre la juste mesure ?

Par G. Papakopchev

« Si cela peut arriver à Oslo, cela peut se produire partout » : c’est ainsi qu’un député a répondu à la question effrayée d’un journaliste, lui demandant si une tragédie comme celle provoquée par Anders Behring Breivik était possible en Bulgarie. Cette déclaration est intervenue au lendemain de la tragédie d’Oslo, et elle n’a pas contribué à calmer les craintes des Bulgares.

En plus des agressions quotidiennes et de toutes les formes de criminalité qui sévissent dans le pays - petite délinquance, criminalité organisée, criminalité économique, etc - le pays pourrait aussi être frappé par des psychopathes mus par des idéologies. Même si ces derniers se cachent encore, ne crient-ils pas avec les loups avant chaque élection ?

Même si nos dirigeants affectent de ne s’inquiéter pas après l’attentat contre la mosquée de Sofia (lire notre article « Islam en Bulgarie : les nationalistes d’Ataka attaquent la mosquée de Sofia »), l’attaque de la Gay Pride ou celle dont ont été victimes les membres d’une secte à Varna, beaucoup de Bulgares y voient des signes aussi clairs que les svastikas omniprésentes sur les murs des cités, que les symboles nationalistes et les odieux slogans racistes, que même les enfants connaissent par cœur.

La mise en scène de la violence

Nous avons appris que le criminel d’Oslo aimait beaucoup se photographier affublé de divers uniformes, et qu’il publiait ensuite ces images sur Internet. Il se préparait avec soin, utilisait des produits cosmétiques, il se faisait masser et passait au solarium avant de prendre la pose avec des armes de guerre. Est-ce qu’un tel narcissisme nous semble familier ? Même sans avoir étudié les portraits des dirigeants nazis du Troisième Reich ou bien de l’élite soviétique avant la Seconde Guerre mondiale, chacun se rappelle sans doute des physionomies soigneusement retouchées des « chefs bien-aimés » du Partie communiste et de l’Etat dans la Bulgarie d’avant 1989. Ils ne posaient pas seulement avec leurs trophées de chasse, mais aussi avec leur pistolets personnels ou bien avec un fusil dernière modèle, à peine sorti des usines militaires.

Ces images-là dates de plus de 20 ans mais, malheureusement, elles restent toujours actuelles. On peut voire dans les médias notre actuel Président de la République, tout fier de sa luxueuse carabine de chasse, ou bien un ancien Premier ministre sur moto de rocker, sans oublier notre actuel Premier ministre et les chefs de la police qui posent avec des chapeaux de cowboy, des hommes politiques qui nous sourient aimablement depuis la cabine d’un avion de chasse...

Nous nous disons qu’ils nous montrent ainsi les limites de leur intelligence, mais comment accepter la présence de cadres politiques faisant le salut nazi lors de manifestations publiques, les sinistres tatouages nazis sur les cous et les bras des militants, les drapeaux à la croix gammée sur les stades et dans d’autres lieux publics ?

Comment accepter ces images que l’on trouve sur Internet de militants prenant la pose en uniformes marron, arborant des étendards nationalistes, sanglés de cuir, portant de grosses bottes destinées à casser les têtes et le dos des Tziganes, des musulmans et de tous les gens « différents » ?

Personne n’essaie encore en Bulgarie de décrypter le message qu’envoient ces images - au nom de la démocratie, de la liberté absolue, du pluralisme infini ? Nous préférons évoquer la naïveté de la jeunesse ou bien un « extrémisme de banlieue » ? Nous sommes pourtant confrontés à une idéologie agressive, dont personne en Europe ne semble vouloir reconnaître la dangerosité, pas même les si libéraux Norvégiens.. Tout cela jusqu’au jour où un autre psychopathe décidera d’obéir au commandement d’un Nietzsche contemporain : « Vas-y quand ton heure est venue ! », pour ne laisser derrière lui qu’une nouvelle trace de mort, de sang et de dévastations.

Les explosions récentes devant la rédaction d’un journal de Sofia et les sièges de deux partis politiques - qualifiées de « feux d’artifice » par le Premier ministre Borisov - n’ont pas eu de tels effets. Ce n’était qu’un signal d’alerte avant les catastrophes à venir. Bientôt.

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