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05/08/2011

Xavier Moreau nous explique l'évolution de la Russie. Où il réside depuis 10 ans, donc placé au sein même des sociétés russes.

20 ans après l’URSS : « La Russie a choisi le progrès » (1/2)

Publié par le 4 août 2011 dans Articles - Aucun commentaire
 
20 ans après l’URSS : « La Russie a choisi le progrès »
En 1991, le monde assistait à la chute de l’URSS. Aujourd’hui la Russie propose chaque mois un entretien avec un expert qui analyse cette période de l’histoire et partage sa vision de la Russie d’aujourd’hui. Rencontre avec Xavier Moreau – 1ère partie.
Aujourd’hui la Russie : Quel est votre regard sur la Russie actuelle ?
Xavier Moreau

Xavier Moreau

Xavier Moreau : En tant qu’analyste, j’observe les réformes institutionnelles, les statistiques économiques et la position de la Russie sur la scène internationale. Et je constate que le pays, depuis la Pérestroïka, a « excellemment » bien évolué dans les domaines institutionnel, politique ou même de politique internationale.

Ce n’est pas mon rôle de porter un jugement moral sur le système de Vladimir Poutine, ce qui compte c’est que cela marche. Et incontestablement le modèle économique et politique de la Russie fonctionne. Ma vision du pays depuis ces 20 dernières années est donc celle du progrès.

ALR : Concrètement, quelles sont les réformes qui ont fait progresser la Russie ?

X.M : Avec son discourt «La Russie à l’aube du troisième millénaire», Vladimir Poutine a été le premier a tirer l’alarme en préconisant l’urgence de la modernisation du pays.
Un nombre colossal de réformes a été entrepris entre 2000 et 2004, dont une réforme fiscale particulièrement moderne qui a permis de libérer la pression sociale sur les entreprises et de taxer les profits.

Ces réformes ont eu des conséquences immédiates, comme celle de la réduction de l’impôt sur le revenu: la Russie est passée d’un taux progressif à un impôt global à 13%, qui a permis de quasiment doubler l’assiette fiscale.

Des réformes fondamentales ont également été amorcées pour permettre la construction d’un véritable système bancaire avec ses propres institutions, qui à terme, permettra d’utiliser, non pas la rente des hydrocarbures, mais l’épargne des entreprises et des épargnants.

Tous ces changements mis en place n’ont cependant pas été tous achevés. Mais avec la montée du prix des hydrocarbures, la Russie devrait pouvoir les finaliser dans un délai assez court, tout en étant dans une situation confortable puisque le pays possède aujourd’hui environ 500 milliards de réserve.
En ce sens, il me semble important que la Russie s’inscrive dans la continuité politique en 2012, pour que les grands chantiers, comme la démographie, la ré-industrialisation, les nanotechnologies, puissent justement aboutir.

Autre élément important : après la crise de 2008, le pays a nationalisé la dette de ses entreprises. Ainsi, même si le monde occidental rebascule dans une crise, la Russie sera beaucoup moins affectée puisque la dette de ses entreprises ne sera pas détenue par les banques occidentales mais par sa propre institution bancaire.

Enfin, au niveau politique, la refonte institutionnelle du pouvoir centrale en Russie me semble être également une réussite.

ALR : Ce progrès a t-il eu des répercussions sociales ?

X.M : Il suffit de voyager en Russie pour se rendre compte que l’évolution a également touché la population russe en dehors des grandes villes. Le salaire moyen n’est pas un indice très révélateur car il y a encore une part des salaires versés «au noir» et les Russes ont souvent des revenus annexes difficilement quantifiables.
Par contre, il y a des indices qui ne trompent pas : c’est le cas de l’évolution du parc automobile qui se modernise à grande vitesse en dehors des villes millionnaires, comme à Veliky Novgorod, Briansk, Smolensk. Les voitures soviétiques disparaissent au profit de voitures de marques étrangères. C’est un signe que la population s’enrichit.

La véritable différence n’est pas entre Moscou et les villes millionnaires ou de tailles moyennes, mais entre la Russie urbanisée et la Russie des campagnes. Dans les petits villages, en effet, la population ne possède pas grand-chose.

Source : Aujourd’hui la Russie

 

À propos de l'auteur

Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d'un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d'une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 10 ans, travaillant également sur l'Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie.

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