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08/08/2011

Le vrai débat d'idées en Russie, et la fausse vraie influence des ultra-libéraux étrangers. Les dirigeants sont assez libéraux ainsi sans aides.

20 ans après l’URSS : « Des réformes libérales dans un cadre russe » (2/2)

Publié par le 8 août 2011 dans Articles
 
20 ans après l’URSS : « Des réformes libérales dans un cadre russe » (2/2)
 
Aujourd’hui la Russie : Comment définissez-vous le système politique du pays aujourd’hui ?

Xavier Moreau : La Russie cherche son propre chemin. Aujourd’hui, nous avons affaire à une économie de marché plutôt libérale – bien plus qu’en France, à mon avis. Vladimir Poutine a d’ailleurs dit et répété qu’il n’aurait pas recours au capitalisme d’État.

En ce qui concerne le pays, je dirais qu’il y a des réformes libérales mais dans un cadre russe, ce qui implique une très forte défense de la souveraineté du pays. Nous avons le sentiment que les institutions démocratiques doivent être garanties par un régime autoritaire.

Aussi, je reprendrai le terme d’Aymeric Chauprade pour désigner l’actuel système politique russe: «c’est un régime autoritaire de bien commun».

ALR : Que penser de l’arrivée politique de Mikhaïl Prokhorov à la tête du parti Cause Juste ?
Xavier Moreau

Xavier Moreau

X.M : Pour la petite histoire, Monsieur Prokhorov a donné un entretien aux médias russes il y a quelques mois, pendant lequel il affirmait qu’il ne ferait jamais de politique, et s’il admirait les hommes politiques, lui même n’était pas intéressé. Mikhaïl Prokhorov a des positions ultra libérales – il est pour la suppression du salaire minimum, il souhaite la semaine de 60 heures… donc étant donné ses positions politiques, il ne séduira jamais la population russe et ne représentera jamais un danger électoral. Par ailleurs, les Russes se méfient toujours de façon viscérale des oligarques, même si Prokhorov appartient à la seconde génération. Il est donc clair qu’il n’y a pas de compétition entre Prokhorov et le pouvoir en place.

Par ailleurs, avec son arrivée en politique, il y a certainement une volonté du pouvoir actuel d’accueillir une position libérale qui ne soit pas inféodée aux étrangers. Désormais, avec Mikhaïl Prokhorov, cette opposition libérale existe en Russie, sans être financé par l’étranger.

Par contre, sa présence dans la sphère politique me semble très importante parce qu’il va servir de véritable «aiguillon» pour les réformes. Il poussera aux réformes du système bancaire en cours depuis les années 2000, ainsi qu’aux réformes des retraites. Ce qui explique l’appui du kremlin.

ALR : La concurrence politique peut-elle être réellement envisagée en Russie ?

X.M : Ma théorie est que «Единая Россия» (Russie Unie), le parti politique majoritaire mené par Vladimir Poutine, a reconstruit à l’intérieur de son unité une véritable vie politique en isolant le débat de l’étranger.

Les partis libéraux «occidentaux» ne représentent rien en Russie. Ils existent uniquement à destination des observateurs étrangers pour montrer une diversité. Par contre, à l’intérieur de Russie Unie, nous retrouvons différents courants de pensées: avec des conservateurs sociaux – les nostalgiques qui souhaitent retourner à un socialisme fort d’État -, et des ultra-libéraux qui voudraient dépecer Gazprom.

Bref, il existe une effervescence politique, qui est très active, et ces «clubs de pensées» travaillent énormément. En Russie, il y a un véritable débat d’idées, mais celui-ci n’est pas public.

 

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Xavier Moreau

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