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09/08/2011

Outre la fin de la conscription, la Bundeswehr est mentionnée comme "la colonne vertébrale en matière de sécurité et de protection"

Entre les lignes de la révolution militaire allemande

En Afghanistan, le PRT de Feyzabad (crédit : Bundeswehr)

(BRUXELLES2) La restructuration en cours en Allemagne, avec la fin de la conscription, est un bouleversement d’ordre politique sans doute plus important que ce qu’on peut en pressentir.

Réduction du format de l’armée, professionnalisation

On a souvent focalisé sur les mesures les plus visibles annoncées par le nouveau ministre de la Défense, Thomas de Maizière, à la mi-mai : réduction de 35.000 personnes de l’armée la faisant passer de 220.000 à 185.000 soldats (dont 170.000 professionnels et 15.000 volontaires), les effectifs civils diminuant de 20.000 postes (passant de 75.000 à 55.000 équivalents temps plein).

Le tout associé à une réorganisation de la chaîne de commandement devrait permettre d’économiser 8,3 milliards d’euros d’ici 4 ans (2015) et d’accroître le nombre de soldats pouvant être envoyés à l’étranger de 7.000 à 10.000. On a moins parlé de l’adoption de nouvelles « lignes directrices » qui sont la ligne doctrinale de la Bundeswehr. Rien de révolutionnaire évidemment. Ces lignes directrices définissent les menaces et les fondamentaux de l’armée allemande : l’attachement transatlantique, l’Europe de la défense…

La Bundeswehr, colonne vertébrale de la sécurité

Il existe cependant des nuances « intéressantes » comme me l’a précisé un général allemand. Pour la première fois, la Bundeswehr est ainsi mentionnée comme « la colonne vertébrale en matière de sécurité et de protection. » « Sans forces armées, la menace de recourir à la force armée et son application même au titre du droit international demeurent inconcevables » est-il aussi précisé. Et « sa zone d’action non seulement à la défense du territoire mais aux zones de responsabilité allemande ».

La « notion de sécurité dépasse le cadre purement géographique ». La responsabilité de la protection des citoyens va bien au-delà des frontières de l’Allemagne. « Les forces armées doivent être en mesure d’assurer au mieux et sous responsabilité nationale le sauvetage et l’évacuation des ressortissants allemands exposés à des dangers directs à l’étranger. »

Le risque : les Etat faibles plutôt que les Etats forts

La définition du risque est aussi clairement affirmée. En gros, selon notre observateur, le risque ne vient pas d’Etats trop forts mais d’Etats trop faibles… Cette notion est explicitée dans les « Lignes directrices ». « Une menace directe du territoire allemand par des moyens militaires conventionnels reste improbable. (…) Les risques et menaces auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui proviennent notamment d’États défaillants ou faillis, de réseaux terroristes internationaux, de régimes terroristes et dictatoriaux, des bouleversements liés à l’éclatement de ces derniers… »

Les réseaux, un risque en eux-mêmes

Aux risques déjà classiques du terrorisme international, des armes de destruction massive… s’ajoutent des risques moins classiques, comme les réseaux électronique. Ces réseaux de communication et l’importance qu’ils ont pris dans la vie quotidienne et économique rend le risque de cyberattaque d’autant plus sensible. Mais l’interconnexion des réseaux et la rapidité des transmissions d’information « confère aux extrémistes de nombreuses possibilités de désinformation et facilite la radicalisation et la déstabilisation ». « En très peu de temps, des informations souvent non évaluées (peuvent se répandre) à travers toute la planète ».

La sécurité parente indéniable de la prospérité

La liberté des voies commerciales et la sécurité d’approvisionnement en matières premières sont « d’une importance vitale pour l’avenir » de l’Allemagne et de l’Europe. « Toute perturbation des voies de transport et des flux de matières premières et de marchandises, due par exemple à des actes de piraterie ou au sabotage du trafic aérien, présente un danger pour notre sécurité et prospérité. ».

L’OTAN et l’arme nucléaire tout de même

Ces lignes prennent également acte que « conformément à son nouveau concept stratégique, l’Alliance Atlantique restera une alliance nucléaire ». « La nécessité de maintenir la dissuasion nucléaire demeure tant que l’arme nucléaire reste un instrument susceptible d’être utilisé dans un conflit militaire » est-il aussi précisé. C’est un point important dans une Allemagne qui se dénucléarise, coté civil, et reste officiellement opposée à l’emploi de l’arme nucléaire.

Et l’Europe ?

Les lignes réaffirment un credo européen classique et la nécessité du couple franco-allemand. « En tant qu’acteur politique qui se veut efficace, l’Europe doit accroître sa capacité d’action également en matière de politique de sécurité ; ceci lui permettra d’assumer seule des responsabilités face aux défis de la sécurité commune à l’intérieur et à l’extérieur de l’Europe. (…) Une base technologique performante dans des domaines clés constitue la condition préalable au maintien et – si possible – au renforcement d’une industrie d’armement européenne compétitive. »

Télécharger les lignes directrices, les docs de B2

20:01 Publié dans Armement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bruxelles2.eu

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