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11/08/2011

Quand monde politique et judiciaire s'allient pour contrer un complot des agences de notation contre l'Italie, ils visent le coeur de la bête.

Le glaive de la justice italienne tombe sur les agences de notations

10 août 2011 - 15:01

10 août 2011 (Nouvelle Solidarité) – Le mercredi 3 août, les bureaux de Moody’s et de S&P à Milan ont été perquisitionnés par les juges du pôle financier qui y ont saisi de nombreux documents. Ces perquisitions, faisant suite à une enquête débutée au mois de mai, ont été rendues publiques jeudi, au moment même où la bourse des valeurs italiennes plongeait avec les autres bourses européennes, américaines et asiatiques.

L’affaire a commencé l’année dernière à Trani, une petite ville d’Italie, à la suite de plaintes de « groupes de consommateurs » au sujet de fluctuations « anormales » dans la valeur des actions italiennes. Il s’agit de « vérifier que ces agences respectent bien les règles lors de leurs activités », a déclaré le procureur Carlo Maria Capistro, ajoutant que les rapports et décisions récentes de ces deux agences concernant les finances du gouvernement Italien étaient « gravement erronées ». Les procureurs ont déclaré avoir entendu également Mario Draghi (futur successeur de Trichet à la tête de la BCE), le ministre des Finances Giulio Tremonti, et l’ancien Premier ministre Romano Prodi, dans le cadre de cette enquête.

L’enquête sur Moody’s a débuté suite au rapport de cette agence sur le risque de « contagion » de la crise grecque pour les banques italiennes. L’enquête sur S&P a quant à elle débuté en mai, lorsque l’agence a menacé de dégrader la note de la dette italienne du fait de son énorme déficit public.

L’enquête de Trani a sans aucun doute été encouragée par la résolution adoptée la semaine dernière par la Commission des finances de la Chambre des députés italienne demandant au gouvernement de prendre des mesures légales à l’encontre des agences de notation. Pour l’instant, donc, l’attaque politique déclenchée par les agences de notation contre l’Italie, est en train de réussir l’impossible : rassembler les pouvoirs politiques et judiciaires italiens, « traditionnellement » en opposition quant à cette offensive.

Cette enquête vise le cœur de la bête. L’une des plaintes du groupe de consommateurs évoque l’existence possible d’un complot contre l’Italie. La chute brutale des valeurs a pu être le fait d’ « un plan précis des hedge funds et d’autres joueurs non-identifiés, pouvant être liés aux commentaires négatifs proférés par les agences de notations à l’encontre des finances publiques italiennes ».

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