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13/08/2011

L'Italie passe à l'offensive fiscale. Le titre fait fantasmer, mais le gros de l'économie réalisée se fera sur le dos de la prévoyance sociale. AÏE!

Silvio Berlusconi choisit de taxer les hauts revenus

Par Juliette Villeroy, Richard Heuzé Publié le 12/08/2011 à 22:04

www.lefigaro.fr

Le gouvernement a adopté ce vendredi en conseil des ministres un nouveau plan de rigueur chiffré à 45 milliards d'euros sur deux ans qui prévoit la création d'une «taxe de solidarité» sur les revenus plus élevés.

Le gouvernement italien, qui s'est donné pour objectif de stopper les pressions spéculatives des marchés, a adopté ce vendredi un décret d'urgence prévoyant un nouveau plan de rigueur chiffré à 45,5 milliards d'euros sur deux ans. Ces mesures d'austérité visent à récupérer 20 milliards d'euros en 2012 et 25,5 milliards en 2013. Leur adoption devrait permettre à l'Italie d'annuler son déficit public- à ce jour de 3,9 % - d'ici la fin 2013.

Pour la première fois, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a accepté d'alourdir la pression fiscale avec une «taxe de solidarité» sur les revenus plus élevés. Selon les fuites distillées par les partenaires sociaux, cette contribution pourrait s'élever à 5 % par tranche de 10.000 euros pour les salariés gagnant plus de 90.000 euros, et à 10 % au-delà de 150.000 euros. Les travailleurs indépendants gagnant plus de 55.000 euros seront imposés à 41 %. En revanche patrimoines et logements resteront exempts d'imposition. Un impôt unique de 20% sera prélevé sur les revenus du capital- contre 12,5% actuellement- et de 25% sur les dépôts bancaires.

Lutte agressive contre la fraude fiscale

L'entrée en vigueur du fédéralisme fiscal sera anticipée à 2012: le gouvernement espère rendre ainsi plus agressive la lutte contre la fraude fiscale. Il deviendra obligatoire de déclarer les transactions de plus de 2500 euros et de dures sanctions sont prévues pour les activités ne délivrant pas de factures ou tickets de caisse, pouvant aller jusqu'à la fermeture. Le projet prévoit, pour faire des économies, la fusion de provinces (38 disparaîtront) et communes (1500 devraient fusionner). Concernant la productivité, elle sera augmentée avec la suppression des ponts et le transfert automatique des fêtes nationales sur le lundi.

Les coûts de la politique seront également taillés avec la suppression de 50.000 postes d'élus au niveau de l'Etat central et des collectivités locales. Des sacrifices très lourds seront également demandés aux Italiens notamment en ce qui concerne la prévoyance sociale (services sociaux et familiaux) qui subira l'an prochain le gros de l'effort (environ 20 milliards d'euros) : tous les niveaux d'assistance sociale et de transferts aux collectivités locales seront touchés. En revanche la Ligue du Nord s'étant opposée à des coupes claires, les retraites seront épargnées. Les femmes du secteur privé seront encouragées à poursuivre leur activité jusqu'à 65 ans, soit 7 ans de plus qu'aujourd'hui.

Silvio Berlusconi a indiqué que «son coeur saigne» à l'idée d'aller contre sa promesse de «ne jamais mettre la main dans les poches des Italiens». Mais il a justifié ses décisions par «la situation dramatique» en soulignant que les nouvelles mesures étaient «inévitables». Et d'ajouter que «le vote en conseil des ministres a été unanime». Silvio Berlusconi a souligné que les nouvelles mesures «vont dans le sens de ce qu'avait souhaité la Banque centrale européenne».

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