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16/08/2011

"l'habit ne fait pas le moine" pour dire que l'apparence peut différer de la réalité. Est-ce le cas pour le Dalaï-lama?

La face cachée du dalaï-lama

Icône médiatique consensuelle, le chef spirituel des Tibétains ne serait pas aussi zen que le veut sa légende. Un portrait au vitriol cherche à le démontrer.

On connaît son sourire rayonnant, ce visage plein d’empathie au-dessus d’une toge safran, cette sérénité de chaque instant au service d’un dis cours tout em preint de pacifis me, récompensé par le prix Nobel de la paix en 1989. TenzinGyatso, 76 ans, quatorzième dalaï-lama, en exil depuis 1959 à Dharamsala (Inde), incarne mieux que personne les valeurs bouddhistes, dont la philosophie zen rencontre un grand succès dans le monde occidental, et est le visage du Tibet martyrisé par le régime communiste chinois. En 1997, le film de Jean-Jacques Annaud Sept Ans au Tibet avait largement contribué à populariser son combat et ses idées.

Le dalaï-lama sera en France, du 13 au 15 août, pour animer un cycle d’enseignements bouddhistes à Toulouse. Ses fidèles seront nombreux à venir l’écouter. Ils ne manqueront pas de s’indigner et de condamner le portrait au vitriol que publie ce 18 août le journaliste Maxime Vivas, démolition en règle d’une icône médiatique et politique jusque-là intouchable. Dans Dalaïlama, pas si zen (éditions Max Milo), l’auteur tire à boulets rouges, révélant la face cachée du guide spirituel tibétain. Son credo : le dalaï-lama est le chef d’une religion « avilie au niveau d’une secte, régnant sur un million d’adeptes captifs dans un territoire fermé, à l’abri du regard du monde ».

C’est à l’occasion d’un voyage au Tibet, en 2010, que Maxime Vivas explique avoir découvert ce qu’on lui cachait. Comme tout Occidental, il s’attend à trouver sur place un peuple martyrisé, un pays blessé par l’occupation chinoise, au patrimoine et à la culture pillés et détruits. Il rappelle l’irruption spectaculaire de la question tibétaine sur la scène médiatique en mars 2008, alors que Pékin se prépare à accueillir les jeux Olympiques d’été. Des émeutes éclatent au Tibet. La répression est brutale. L’indignation gagne le monde libre.

Très mobilisées, les organisations de défense des droits de l’homme réclament le boycott des Jeux et parviennent à perturber le parcours de la flamme olympique en Europe – à Paris, un militant bouscule une athlète chinoise handicapée porteuse de la flamme. Reporters sans frontières vend un million de tee-shirts où les cinq anneaux olympiques sont représentés sous forme de menottes ; l’opinion publique internationale en est persuadée : les droits de l’homme sont bafoués en Chine, le Tibet est un pays sous occupation.

Sur place, ce n’est pas ce que Maxime Vivas découvre. Son enquête sur la question tibétaine et le dalaï-lama lui révèle que la situation n’est pas celle que l’on croit et que le visage réel de Tenzin Gyatso, mal connu, ne correspond pas aux clichés habituels. Lui aussi aurait exploité son peuple. Apparaît un chef politico-religieux déchu, revanchard, nourrissant un seul projet : son retour au Tibet pour y faire régner de nouveau son pouvoir absolu.

Le Tibet ancien : une théocratie “moyenâgeuse”

Cette thèse devrait plaire au gouvernement chinois. L’auteur l’assume. Issu des rangs de la gauche laïque, ancien référent littéraire d’Attac, il explique vouloir d’abord déconstruire la propagande protibétaine, tout en évitant de tomber dans le piège de celle de Pékin. Son objet n’est pas de s’attaquer au bouddhisme ni de prendre fait et cause pour la politique d’occupation chinoise, mais d’offrir “les moyens d’un jugement éclairé”. Aux yeux de Maxime Vivas, la compassion à l’égard du Tibet n’a pas vraiment lieu d’être. Il décrit un pays en profonde mutation, libéré de la domination des moines, de l’esclavage et du servage. La société tibétaine organisée par les lamas n’était qu’une théocratie, caractérisée par la domination sans partage d’une caste de moines sur une population asservie.

« Les maîtres avaient le droit de punir leurs gens, de les obliger à pratiquer une religion,[…] de les mettre à mort », écrit-il, en précisant qu’un quart de la société est composé de clercs vivant dans des palais. Le reste de la population travaille pour nourrir ses prêtres. L’autorité spirituelle du dalaï-lama est telle qu’elle étouffe toute capacité de révolte du peuple. Les plus pauvres sont asphyxiés : « Ils sont obligés d’emprunter de l’argent à la caste des moines, des nobles et des propriétaires terriens pour pouvoir payer la nourriture qu’ils avaient produite et qui revenait de droit aux ordres. Des taux usuraires les rendaient débiteurs à vie, leurs dettes pouvant se cumuler sur des générations entières. »

Selon l’auteur, la caste des moines pratiquait « l’ignorance institutionnalisée » : 2 % seulement de la population tibétaine avait accès à l’éducation. Une situation renforcée par l’enclavement géographique du Tibet, presque impénétrable, aux accès faciles à contrôler, ce qui en a fait une forteresse coupée du monde, de ses avancées techniques et de ses progrès. Vivas a beau jeu d’énumérer les changements positifs apportés par le régime chinois depuis le début de l’occupation (1950) : abolition du ser vage et de l’esclavage, annulation des dettes à l’égard des ordres religieux, accès à l’éducation (81 % de la population est aujourd’hui alphabétisée), apport de techniques nouvelles, notamment pour l’agriculture.

Le palais du Potala

Face aux contestataires, un autoritarisme assumé

Maxime Vivas relate qu’à l’occasion d’une crise interne au bouddhisme tibétain, le dalaï-lama révéla son vrai visage. En 1996, il décide d’interdire la vénération de Dordjé Shougdèn, une divinité qu’il considère comme « un démon ». Quatre millions de Tibétains lui vouent pourtant un culte particulier. Cette décision soulève une tempête. Un schisme menace. Le 7 janvier 2008, le dalaï-lama prononce un discours d’une rare violence dans une université du sud de l’Inde : « Il faut expulser ces moines sans hésitation de tous les monastères. S’ils ne sont pas contents, vous pouvez leur dire que le dalaï-lama lui-même a demandé de le faire, et que c’est très urgent. »

C’est ce qui va se produire. Les moines et les adeptes de Dordjé Shougdèn sont chassés des monastères, interdits de pratiquer leur religion. Les portraits de chefs shougdèn sont placardés dans les rues et anathémisés. C’est une mise au ban radicale. On leur interdit de fré quenter les commerces, les administrations, les hôpitaux. Le petit homme au regard doux a agi en chef religieux autoritaire.

“Sa Sainteté” est aussi un chef politique, depuis qu’il a fui le Tibet, en 1959, pour échapper aux autorités chinoises. Installé avec son “gouvernement en exil” à Dharamsala (lire cidessous), il se bat pour l’indépendance du Tibet, au nom d’une « occupation chinoise illégitime ». Sur ce plan aussi, Maxime Vivas remet l’histoire à l’endroit : le Tibet n’est pas un État ; il n’a jamais été indépendant ; il appartient à la Chine depuis le XIVe siècle. Et l’auteur de rappeler que le dalaï-lama, pourfendeur de l’occupation chinoise, n’a éprouvé aucune gêne à être élu vice président du comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de Chine, en 1954. La rivalité n’est pas si ancienne…

L’arrivée des autorités chinoises à Lhassa fut un élément, parmi d’autres, de la révolution maoïste qui ravageait alors la Chine. Pékin voulut imposer au Tibet l’abolition du servage. L’opposition des moines au projet poussa la Chine à décider l’occupation militaire et policière de ce territoire. Elle a été suivie, ces dernières décennies, par une politique systématique de colonisation. À terme, l’afflux de centaines de milliers de travailleurs chinois Han par le nouveau “train du toit du monde” Pékin-Lhassa conduit à noyer démographiquement le peuple tibétain.

Sous une apparence non-violente et uniquement spirituelle, le dalaï-lama serait en réalité un stratège politique hors pair. En témoigne, par exemple, son habile entreprise de déstabilisation du régime chinois menée, comme l’ont reconnu les opposants tibétains, avec des subventions de la CIA, fournies par le biais d’organisations non gouvernementales, comme le font les États-Unis pour gêner les régimes qui leur sont hostiles.

Le dalaï-lama aurait ainsi reçu personnellement 180 000 dollars par an entre 1959 et 1972. Seize associations protibétaines sont subventionnées par la NED (National Endowment for Democracy, Fondation nationale pour la démocratie), un programme gouvernemental américain servant de relais pour financer des organisations à caractère politique. Geoffroy Lejeune

 

NOTA BENE :

Source Wikipedia

La seule entité administrative portant aujourd'hui officiellement le nom de « Tibet » (en tibétain བོད་ Bod, en chinois : 西藏 ; en pinyin : Xīzàng) est l'actuelle région autonome du Tibet en Chine. À sa périphérie orientale et méridionale, existent des subdivisions administratives autonomes tibétaines incorporées dans les provinces limitrophes du Qinghai, du Sichuan, du Gansu et du Yunnan. Sur le plan culturel le Tibet est l'aire asiatique habitée par les Tibétains (mais aussi par d'autres ethnies: Han, Hui, Mongols, Tu, Qiang).

La raison prédominante pour laquelle la RPC (Chine) ne souhaite pas encourager la transformation de la "région autonome du Tibet en Chine" en Etat du Tibet est géostratégique.

En effet, le Tibet doit rester chinois car ce lieu cloisonné naturellement y héberge la source de trois fleuves éminement importants pour l'alimentation en eau du continent et sous-continent asiatique. Les régions tibétaines s'étendent de la haute steppe glacée jusqu'aux déserts des hauts plateaux, aux forêts tropicales, et aux prés alpestres. Le Tibet est également la source de l'ensemble des grands fleuves d'Asie, comprenant le Gange, le Salween, le Huang He (ou fleuve Jaune), le Mékong, le Brahmapoutre, le Yangzi Jiang (ou Yangtzé), le Sutlej et l'Indus. Notamment le Gange, traversant l'Inde, en dépend crucialement. L'Inde a un projet actuel faramineux de barrages depuis sa frontière pour assurer la distribution en eau pour les cultures. La Chine se trouve dans une position stratégique semblable à la Turquie, dans la mesure où en contrôlant à l'aide de barrages la source en eau du reste de l'Asie, elle préserve sa géopolitique intacte sous peine de rétorsion en coupant l'approvisionnement de tel ou tel fleuve qui handicaperait à coup sûr l'économie de régions entières voire d'un pays tel que l'Inde dont la population est en passe de dépasser la chinoise, ainsi que la Turquie qui détient le sort du Proche et Moyen-Orient entre ses mains grâce aux barrages installés à la source des deux principaux fleuves alimentant la région jusqu'en Israël, à savoir le Tigre et l'Euphrate qui naissent en Turquie. Sans compter sur l'aspect géopolitique, car celui qui possède le Tibet peut déferler sur le reste du continent, sur la Chine, l'Inde, etc. L'eau est sans conteste le futur or bleu qui engendrent des crises internationales et ayant déjà engendré des conflits régionaux avec Israël, raison pour laquelle le plateau du Golan ne sera jamais rendu à la Syrie tant que vivra Israël. Vol pur et simple aux Syriens, mais compréhensible à l'aune de la rareté de l'eau dans la région. La Chine joue également sa survie si elle se montre laxiste, ce qui équivaudrait à de la naïveté mortelle pour elle. Car le reste asiatique ne se priverait pas de dépecer sans vergogne la Chine au plus grand profit de tous ces pays qui la craignent actuellement si une autre puissance antagoniste s'emparait du plateau le plus élevé au monde, recelant une valeur stratégique d'envergure mondiale.

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