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26/08/2011

Vous souvenez-vous d'Helmut Kohl? Celui qui eut l'audace et le cran d'imposer, contre l'avis d'experts, la réunification des Allemagnes.

Helmut Kohl : « Il est temps de mettre fin à la crise »

Publié 26 août 2011
 
 

Lors d’une de ses rares interviews, l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl a critiqué sa protégée, Angel Merkel, pour sa gestion de la crise et pour avoir détérioré le leadership du pays sur la scène internationale. Transcription intégrale de cet entretien sur EurActiv Allemagne.

« Nous ne savons pas quelle est notre place, ni dans quelle direction aller », a déclaré Helmut Kohl, âgé de 81 ans, lors d'un entretien accordé à l'Internationaler Politik, un groupe de réflexion allemand et republié par EurActiv Allemagne et Bild.

L'ancien chancelier, dont on connaît la réticence à faire des commentaires publics, s'est livré à une attaque acerbe et poussée du gouvernement actuel de son pays.

« Je n'aurais jamais cru qu'un président américain viendrait en Europe et ne ferait que survoler l'Allemagne », a-t-il ajouté en référence au récent voyage de Barack Obama, qui ne s'est pas arrêté à Berlin.

L'Allemagne et les Etats-Unis se sont récemment brouillés au sujet de l'intervention en Libye visant à renverser le dictateur militaire Mouammar Kadhafi.

A propos de la crise de la zone euro, il a clairement affirmé que l'Allemagne avait sa part de responsabilité s'agissant des difficultés actuelles de la monnaie, et qu'il était de son devoir d'être solidaire de la Grèce.

Le pays fait face à un dilemme politique et moral depuis le début du premier plan de sauvetage de la Grèce, en février 2010. Les citoyens allemands voient d'un mauvais œil que leur argent soit dépensé dans des plans de renflouement hellénique, et leur parlement exige d'avoir son mot à dire sur les conditions du prêt.

Helmut Kohl semble affligé par cette débâcle, et affirme que la chancelière devrait cesser de tenter d'apaiser l'électorat en colère, et plutôt expliquer qu'aider la Grèce est un mal nécessaire.

« Il est temps de tirer un trait sur la crise et que l'Europe passe à autre chose ».

L'homme politique, fort de la réunification allemande et de l'apaisement des relations franco-allemandes au sein de l'UE, assure qu'aucune des récentes erreurs commises par l'Allemagne ne seraient survenues s'il avait encore été au pouvoir.

Au moment de l'adhésion de la Grèce à la zone euro, il aurait demandé des « réformes structurelles substantielles ». Il affirme également qu'il n'aurait pas enfreint les règles du Pacte de stabilité et de croissance de l'UE, un ensemble de plafonds de déficit à ne pas dépasser pour éviter une intervention de Bruxelles.

Gerhard Schröder, ancien chancelier socialiste allemand, et Jacques Chirac, ancien président français, ont été vivement critiqués pour avoir sapé la crédibilité du pacte en faisant fi des avertissements de la Commission européenne quant au dépassement de leur budget du seuil de 3 %.

Helmut Kohl a ajouté qu'il n'aurait pas imaginé que la mise à mal du Pacte de stabilité et de croissance et la débâcle du sauvetage de la Grèce surviendrait avec l'Allemagne et la France comme chefs d’orchestre.

« Si j'avais réagi à la réunification allemande avec autant de découragement que c'est le cas pour la Grèce, ce ne serait jamais arrivé ».

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