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30/08/2011

La Russie pleurniche sur son statut de paillasson diplomatique. Un peu tard. Comme a dit Poutine en 2008 : ça leur reviendra dans la gueule.

Les Russes sont préoccupés par les événements en Libye

29.08.2011, 18:46

Photo: EPA
     

Les événements en Libye est au cœur de vives discussions dans la société russe. Ces discussions, on ne les entend pas uniquement dans les milieux politiques ou gouvernementaux de Russie.

Les frappes aériennes, la guerre civile, la chute du régime sont perçues par les Russes comme les signes annonçant la mort de l'Etat libyen. Selon les sondages, 80% de Russes condamnent les frappes aériennes en Libye.

Depuis le début de l'opération militaire les événements libyens sont comparés à ceux qui ont eu lieu en Yougoslavie, en Irak ou en Afghanistan. Les blogueurs russes parlent d'«acte de barbarie moderne» et de «règlement de compte dans le style de Far West». Les Russes sont contre le recours à la force et considèrent que l'intervention de l'Occident constitue une vraie agression contre la Libye.

Se qualifiant du seul pouvoir légitime dans le pays, le Conseil national de transition (CNT) est divisé et semble ne pas être en mesure de pouvoir normaliser la situation en Libye. Aujourd'hui le CNT se borne à approuver les plans et à accepter les démarches des forces de la coalition internationale visant à partager le pétrole libyen, à prendre le contrôle des puits et terminaux pétroliers. Il est, par ailleurs, déclaré que la Russie tout comme la Chine et le Brésil, aura des difficultés pour conclure des contrats et ce pour les raisons d'ordre politique.

Dès le début de l'agression les pays membres de la coalition anti-Kadhafi ne faisaient pas de secret du but poursuivi, celui d'accéder au pétrole libyen et aux autres ressources naturelles du pays. Il est, d'ailleurs, proposé de tenir les Nations unies à l'écart. On voit déjà les participants des frappes aériennes en Libye avancer l'idée de partager « le butin » exclusivement entre eux. L'ONU n'aurait donc pas son mot à dire. C'est ce qu'on a notamment entendu lors de la préparation de la conférence internationale des « Amis de la Libye » qui aura lieu le 1er septembre à Paris. La Russie n'a pas été invitée, déclare le ministre des Affaires étrangères russes en réaffirmant sa position de principe, celle du rôle primordiale des Nations unies et du Conseil de sécurité.

La Russie n'a pas participé à l'opération militaire en Libye. C'est aussi le cas de la Chine, de l'Allemagne, de l'Afrique du Sud et du Brésil. Mais la Russie n'est pas restée les bras croisés en s'abstenant à faire jouer son droit de veto au CS lors de la vote de la résolution 1973 et en approuvant les sanctions contre la Libye. C'est pourquoi il ne semble pas très maligne de chercher à écarter la Russie et les autres Etats de la discussion sur l'avenir de ce pays.

« L'ambition de l'Alliance atlantique de se substituer aux Nations unies est visible à l’œil nu dans les textes adoptés par la première ces deux dernières années. Après avoir battu Kadhafi – même s'il est encore prématuré de parler de la victoire définitive – l'OTAN essayera à cueillir les fruits de cette victoire sans tenir compte des autres Etats, du CS des Nations unies dont la Russie et la Chine sont les membres permanents. Je crois que c'est ici qu'il faut chercher la raison pour laquelle la Russie n'a pas été invitée à Paris », dit Ajdar Kourtov de l'Institut russe des études stratégiques.

Moscou réaffirme donc la primauté du Conseil de Sécurité des Nations unies dans la reconstruction de la Libye après la guerre.

 

NOTA BENE :

Voici un article paru en octobre 2008 dénonçant justement le rôle nouveau de l'OTAN qui venait d'obtenir, lors d'accords secrets entre le secrétariat du secrétaire général et celui de l'OTAN, l'autorisation d'utiliser l'institution juridique pour une volonté unilatérale d'entreprendre selon son gré sous la couverture et la cécité automatique de la célèbre Société des Nations, et repris par J. De Vlieghere dans son billet d'humeur sur la crise financière : "La lorgnette de la 3ème guerre mondiale" :                   

 www.ruvr.ruwww.ruvr.ru

 

 

 

 

 

www.ruvr.ru

« L’Otan cherche à se substituer à l’Onu 

La Russie s’est dite surprise au sujet des circonstances de signature d’un accord de coopération entre l’Otan et l’ONU. Moscou considère que ce document n’a pas été visiblement concerté avec les  membres de l’Organisation, était adopté en petit comité et ne reflétait pas l’opinion de la communauté internationale.

Le fait même de coopération de l’Onu avec des organisations régionales ne peut être que salué. Or, lorsque cela se produit en secret et remplace, en fait, le rôle de la communauté mondiale en matière de règlement des problèmes globaux – cela suscite de l’étonnement chez les pays membres de l’Onu. Telle était la réaction diplomatique du ministre des Affaires Etrangères de Russie Sergueï Lavrov, se trouvant en Kirghizie pour la conférence des chefs de la diplomatie de la CEI, à la demande de commenter les actions du Secrétariat Général des Nations-Unies de Ban Ki-Moon. Nous savions qu’un tel accord entre les secrétariats de l’Onu et de l’Otan était préparé. Nous nous attendions à ce qu’avant la signature d’un tel accord, son projet soit soumis pour examen aux pays membres. Dans ce cas-là rien de tel ne s’est produit. L’accord entre les secrétariats a été signé en secret.

Dans le cadre de la session de l’Assemblée Générale Sergueï Lavrov a eu un entretien avec le Secrétaire Général de l’Onu Ban Ki-Moon. Le ministre russe s’est inquiété sur les raisons d’agir aussi discrètement.

Je n’ai pas entendu d’explications intelligibles, dit Sergueï Lavrov. Cela surprend. Nous sommes également étonnés de trouver dans le texte de l’accord, qui n’a pas été, d’ailleurs, pour le moment publié sur les sites de l’Onu et de l’Otan, des dispositions, touchant directement les prérogatives des Etats membres. Notamment, cela concerne l’intention de l’Onu et l’Otan de coopérer dans les questions de maintien de la sécurité internationale sur la base non seulement de la charte de l’Onu, mais de quelconques directives internationales. Nous avons posé des questions aux directions des deux Secrétariats sur ce que cela pouvait signifier. Nous attendons leurs réponses. Mais nous avons mis en garde nos collègues dans la direction de l’Onu que ce genre de choses devait se faire nécessairement publiquement, sans rien cacher aux pays membres, et en fonction des pouvoirs du Secrétariat.

Parlant des prérogatives des pays membres de l’Onu, M. Lavrov a diplomatiquement insisté sur la tentative de se substituer à la communauté mondiale pour ce qui concerne le règlement des problèmes liés à la sécurité globale. La réaction de l’ambassadeur de Russie à l’Otan Dimitri Rogozine a été plus dure. Il a dit carrément que l’adoption d’un tel document, d’un côté, laissait le champ libre à l’Otan pour lancer des opérations militaires partout dans le monde. Et de l’autre côté, il s’agit d’une tentative manifeste de l’Alliance Atlantique de faire endosser par d’autres la responsabilité pour un possible échec de sa mission en Afghanistan. M. Rogozine a été catégorique : en tant que membre du Conseil de Sécurité de l’Onu, la Russie ne l’admettra jamais. En particulier, elle n’entend pas assumer la responsabilité pour les frappes aériennes et les victimes civiles où que ce soit. 10.10.2008 ».

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