Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/09/2011

Logique que les Européens s'acharnent sur la Syrie, elle a commis le crime de se débarrasser du dollar pour l'euro. Tel l'Irak, Serbie, Libye.

2 septembre 2011

Le monde selon l’OTAN ne fait décidément pas l’unanimité ! L’avènement de la multipolarité c’est aussi le refus, par les émergents, du reformatage occidental de l’Afrique. Ce 2 septembre 2011, je retiens surtout le boycott de la conférence de Paris sur la reconstruction de la Libye par Jacob Zuma, président de l’Afrique du Sud. Ce n’est quand même pas rien l’Afrique du Sud ! La moitié de la richesse produite par tout le continent africain. Et les Sud-Africains entendent bien avoir leur mot à dire dans la nouvelle géopolitique africaine.

Rappelez-vous ! Il y a quelques mois, l’Union africaine n’avait-elle pas tenté une médiation de paix dans le conflit libyen, médiation ouvertement méprisée par l’OTAN ? Aujourd’hui l’Afrique du Sud renvoie la balle : elle affiche son mépris pour des rebelles arrivés dans les fourgons de l’OTAN.

Le Brésil (ce n’est pas rien non plus le Brésil !), quant à lui, a participé à la conférence hier à Paris, mais n’a pas encore décidé de reconnaître le Conseil National de Transition. Le ministre brésilien des affaires étrangères Antonio Patriota a déclaré aujourd’hui, depuis Sofia, qu’il appartient à l’Assemblée générale de l’ONU de définir le représentant légitime du peuple libyen. L’ONU ? Les pays de l’OTAN ne semblent pas connaître. Les Palestiniens vont à l’ONU pour essayer de faire reconnaître leur Etat. La France, qui a décidément oublié sa politique arabe et son rôle d’équilibre, affirme que ce n’est pas raisonnable de déclencher une confrontation diplomatique stérile. Ce qui est raisonnable en somme, c’est de continuer à mourir à petit feu… Cela ne fait jamais que 60 ans.

Les Turcs eux ne l’entendent pas de la sorte. Ce vendredi 2 septembre quelque chose d’essentiel vient de se produire entre Israël et la Turquie. Ankara a décidé d’expulser l’ambassadeur d’Israël et de suspendre tous ses accords militaires avec ce pays. Les Turcs attendaient des excuses d’Israël après l’affaire de la flottille internationale qui tenta de briser le blocus de Gaza (bilan 9 citoyens turcs tués). Les Turcs sont patients, mais ils ne sont pas comme nous, ils n’ont pas la mémoire courte. Ce refroidissement est historique. On n’aime ou on n’aime pas, mais voilà en tout cas des gens qui ont des principes, une vision et de la constance. On en aimerait autant chez nous. Le jour même où les Turcs refroidissent l’atmosphère avec Tel Aviv, ils s’assurent du côté de l’allié américain et consolident leur position centrale dans l’OTAN en annonçant leur accord pour le déploiement, sur leur territoire, d’éléments du bouclier antimissile de l’OTAN (un radar d’alerte précoce dédié à l’OTAN). Certains s’inquiètent cependant à Ankara du risque de dégradation des relations avec la Russie et l’Iran.

Enfin, la pression continue d’augmenter sur la Syrie, et là encore, comme pour la Libye, la France est à l’avant-garde des intérêts américains. Logique que les Européens s’acharnent sur un pays qui avait commis le crime, depuis 2005… de se débarrasser progressivement du dollar au profit de l’euro. Cela ne vous rappelle rien ? Irak, Serbie, Libye…

Les commentaires sont fermés.