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09/09/2011

Dans ses réponses au forum politique mondial, Medvedev prouve qu'il est seul responsable de la désastreuse image que sa diplomatie dégage.

Tous les accords gaziers entre l'Ukraine et la Russie sont sujets à exécution

 
9.09.2011, 10:44

Photo: RIA Novosti
     
Dmitri Medvedev a répondu aux questions des journalistes de l’EuroNews au forum politique mondial à Iaroslavl. Le président a abordé le problème du multiculturalisme, des rapports russo-ukrainiens et de la politique de la Russie à l’égard de la Syrie.
M. le Président, nous sommes à Iaroslavl où se déroule le 3ème forum politique mondial sous votre patronage. Cette année il est consacré au multiculturalisme. Pourquoi vous le considérez comme une question d’actualité ?

Parce que c’est en fait une question d’actualité. Les rapports interethniques, entre les migrants et les autochtones se sont aggravés dans pratiquement tous les pays européens. Ces problèmes surgissent dans la Fédération de Russie également. De ce fait, j’estime correct de les aborder parmi les experts et les politiciens.

Beaucoup a été dit et écrit ces derniers mois à ce sujet. La plupart des politiciens européens signalent la crise du multiculturalisme, la nécessité d’en réviser les valeurs. Nous adoptons une attitude moins univoque. La Russie est un Etat très compliqué au plan ethnique, il existe chez nous beaucoup de peuples et de confessions. La cohabitation de divers peuples est pour nous la question de l’harmonie intérieure qui s’est formée des siècles durant et dans laquelle nous avons su accéder à un niveau plus élevé.

Le terme « communauté – le peuple soviétique » employé sous le pouvoir des Soviets s’est avéré pour une large part théorique. Or, cela ne signifie pas qu’il faut y renoncer. Nous devons fonder en fait une société d’harmonie intérieure où les gens se montrent tolérants et respectent les traditions constituant le noyau de telle ou telle ethnie. Qu’il s’agisse du Centre de Russie, du Caucase, de l’Extrême-Orient – les citoyens russes ayant les droits et les devoirs égaux y habitent. C’est pour ça que nous attribuons une grande importance à ce sujet.

De multiples problèmes surgissent en Europe également. A mon avis, un échange d’approches théoriques et de recettes concrètes tomberait bien à propos.

L’hiver approche et on voit à nouveau surgir le conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine.

Pour le moment il n’y a pas de conflit. On dirait plutôt …

… qu’il s’ébauche.

Il existe des approches différentes qui pourraient engendrer une situation compliquée.

Le problème des livraisons de gaz à l’Europe, peut-il surgir ?

J’espère que l’expérience de nos partenaires et amis proches doit suggérer qu’il est inadmissible de faire exploser la base contractuelle même si elle n’arrange tout le monde. Il faut observer tous les accords jusqu’à ce qu’ils soient désapprouvés ou suspendus par les parties contractantes. J’espère que nos partenaires, nos amis ukrainiens observeront non moins strictement les clauses de l’accord conclu en 2009. En ce qui concerne les perspectives, nous sommes prêts à envisager avec nos collègues ukrainiens plusieurs schémas de coopération : fondés sur l’intégration, sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Union douanière. Les Ukrainiens prétendent que l’OMC les empêche de participer à l’Union douanière, c’est étrange. Pour nous il n’y a pas d’obstacles liés à l’OMC lors de l’adhésion à l’Union douanière. Pourquoi donc ils s’y heurtent ? Si nous réussissons à nous entendre sur la présence d’investissements dans l’économie et le système ukrainien de transport du gaz, nous serons prêts à envisager la révision du schéma de coopération. Or, la coopération gazière est développée sur la base d’une formule universelle qui concerne l’Ukraine et d’autres pays. Les déclarations genre : « nous payons plus que les autres Etats » sont dénués de fondement. C’est de la propagande proprement dite. L’Ukraine rembourse les livraisons suivant la même formule que les autres et ses paiements sont comparables à ceux d’autres consommateurs européens.

Les prix sont élevés mais ils sont parfois extrêmement bas, dans ce cas, c’est le problème du fournisseur. J’espère que les consommateurs ukrainiens observeront strictement l’accord et nous parviendrons à s’entendre sur les paramètres de notre future coopération.

Le ministre français des AE Alain Juppé a exhorté pendant sa visite à Moscou la Russie à soutenir les sanctions de l’UE à l’égard de la Syrie. Comment est la politique de la Russie en la matière ?

Je me suis entretenu à ce sujet avec M. Juppé ainsi qu’avec le ministre français de la défense et avec mes homologues. Nous ne sommes pas satisfaits de l’application de la résolution n 1973. La situation en Libye a radicalement changé. Néanmoins, à notre avis le mandat découlant de la résolution n 1973 sur la Libye a été abusé. Nous nous opposons résolument à un tel scénario en Syrie. Certes, les problèmes sérieux surgissent en Syrie, on assiste à l’emploi inadéquat de la force, à un grand nombre de victimes . Cela ne nous arrange pas. Je l’ai dit plus d’une fois personnellement au Président Bashar Assad, j’ai envoyé récemment le vice-ministre des AE chez Assad pour qu’il réaffirme notre position en la matière. Or, à mon avis, les résolutions que nous adoptons pour donner comme on dit un message aussi dur à l’administration syrienne devraient être adressées aux deux parties, la situation n’étant pas du tout stérile. Ceux qui brandissent les slogans antigouvernementaux ne sont pas simplement les partisans de la démocratie européenne, ce sont des gens différents. Certains d’entre eux sont des extrémistes, d’aucuns peuvent être qualifiés de terroristes. De ce fait, au lieu d’idéaliser la situation, il faut se fonder sur l’équilibre des forces et des intérêts. Nous sommes prêts à soutenir les approches différentes à condition qu’elles ne soient pas fondées sur la condamnation unilatérale du gouvernement et du Président Assad. Il faudrait donner un signal aux parties au conflit : il est nécessaire de se mettre à la table de négociation, il faut s’entendre et mettre fin à l’effusion de sang. La Russie y est intéressée en tant que grand ami de la Syrie, pays avec lequel nous avons de multiples liens économiques et politiques. Ainsi, nous sommes toujours en quête de possibilités de remédier à la situation.

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