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11/09/2011

Jour de deuil pour la France. Sarkozy reçoit Paul Kagamé, l'accusateur acharné de Français qui ont tenté d'éviter le génocide.

Kagamé : une insulte à la France

 

La France a renversé Mouammar Kadhafi et tance son alter ego syrien Bachar el-Assad. C’est tout à son honneur. Elle s’apprête pourtant à recevoir un autre autocrate au discours particulièrement anti-français : Paul Kagamé, chef de l’État rwandais depuis dix-sept ans. Cette visite officielle (du 11 au 13 septembre) pourrait sembler normale dans le cadre de l’apaisement des relations entre la France et le Rwanda. Dans les conditions actuelles, elle est en réalité une insulte à la France et à son armée.

Connu pour sa brutalité à l’égard de ses opposants, jugé par l’Onu responsable d’atrocités de masse au Congo, le régime Kagamé est sous le coup d’une cinquantaine de mandats d’arrêts internationaux, émis contre ses principaux caciques. Il a réagi par une politique systématique d’insultes contre la France : Kigali accuse trente-trois personnalités françaises, civiles et militaires, dont Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, de « crimes contre l’humanité et de complicité de génocide », pour leur rôle dans le génocide commis par les Hutus contre les Tutsis (l’ethnie de Kagamé) entre avril et juin 1994 (entre 500 000 et 800 000 morts).

Comme la visite de Ka­dhafi à Paris en 2007, ce séjour de Kagamé suscite l’indignation de ceux qui estiment que la France doit savoir se faire respecter. Malgré les appels pressants des officiers salis par Kagamé, Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore exprimé sur ce dossier.

Regroupés dans l’asso­ciation France Turquoise (nom de cette opération humanitaire exemplaire qui permit de sauver plusieurs dizaines de milliers de vies), les anciens du Rwanda sont déçus. « On s’est bien fait balader », disent ces hommes qui ont servi leur pays dans des conditions particulièrement difficiles. Ce silence du chef de l’État, chef des armées, est une souffrance : « Si rien n’est fait, une telle visite ne pourra que contribuer à inscrire dans l’Histoire l’affirmation selon laquelle des soldats français ont participé au génocide rwandais en 1994 », estime le général Jean-Claude Lafourcade, président de France Turquoise (www.france-turquoise.fr).

Bernard Kouchner, ami personnel de Kagamé, naguère au Quai d’Orsay, avait bloqué ce dossier. Alain Juppé a fait renaître l’espoir. Il dénonce un « tissu de mensonges ». Cela ne suffit plus. Avec l’ancien premier ministre Édouard Balladur, lui aussi mis en cause, il doit obtenir que Nicolas Sarkozy honore enfin l’engagement de nos troupes au Rwanda. Sans ce soutien et sans les excuses de Kagamé, le monde pourra croire qu’on peut venir insulter “officiellement” la France et ses soldats à Paris. Frédéric Pons

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