Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/09/2011

La crise triangulaire Turquie-Israël-Egypte ne serait pas en train de voler la vedette au 10ème anniversaire de ce que vous savez?

La tenaille furieuse

10/09/2011

10 septembre 2011 – Israël est pris dans une tenaille furieuse, dont la fureur s’exprime dans ses deux mâchoires de manière différente, mais dans des circonstances telles qu’on pourrait croire à une coordination entre les deux. Il n’en est rien, pour ce qui est de la coordination, dans tous les cas rien d’une coordination humaine ; les événements se chargent de la coordination, avec une maestria et un ensemble qui mettent en évidence une situation soudain dramatique pour Israël, en même temps que l’arrivée à maturation de toutes les situations potentielles de confrontation jusqu’alors contenues par la main mise du bloc américanistes-occidentalistes sur une situation figée et verrouillée par des pouvoirs complètement acquis au bloc (cas exemplaire de Moubarak en Egypte).

L’une des mâchoires de la tenaille est turque, l’autre égyptienne. On mesure la puissance de l’événement, au travers de la puissance de ces deux pays, de l’activisme soudain de leurs politiques vis-à-vis d’Israël, encore une fois d’un activisme qui n’a rien de fondamentalement prémédité et de coordonné, et pourtant s’exprime comme s’il y avait préméditation et coordination.

Les événements se sont accumulés ces derniers jours, et jusqu’à ces dernières heures avec l’attaque violente par une foule déterminée de l’ambassade israélienne au Caire et la fuite précipitée de l’ambassadeur israélien…

• Un voyage d’Erdogan en Egypte a été annoncé le 9 septembre 2011 (voir Truthdig.org), commençant le lundi 12 septembre. Décision rapide, correspondant à une certaine urgence, dans tous les cas du point de vue des Turcs. C’est la première fois qu’un Premier ministre turc va en Egypte depuis 15 ans, et Erdogan y va manifestement pour resserrer les liens entre les deux pays ; cela, dans un contexte de relations soudainement beaucoup plus tendues avec Israël, de la part des deux pays (Turquie et Egypte), pour des raisons différentes et dans des conditions différentes. Mais la puissance des événements efface cette sorte de différences. Le “printemps arabe” est derrière tout cela, en même temps que la colère turque, et il s’agit d’un printemps de plus en plus agité dont la teneur fondamentale ridiculise au delà de tout la narrative grossière et naïve (sornettes démocratiques) servie par le bloc BAO pour ne pas avoir l’air effectivement trop ridiculisé dans l’affaire…

• La Turquie apporte à l’Egypte une proposition de facto d’une alliance, qui aurait au moins la forme de liens resserrés, dont l’un des aspects serait une plus grande fermeté vis-à-vis d’Israël, dont l’autre serait une aide économique substantielle à l’Egypte. Le deuxième point est essentiel parce que l’Egypte est dans une très difficile situation économique, avec une direction générale (politique et militaire) dans une grande position de faiblesse vis-à-vis de la rue ; la “rue égyptienne”, faiseuse de “printemps”, dans une difficile situation sociale (économique), de plus en plus anti-israélienne en même temps qu’elle réclame l’accomplissement d’une “révolution” jugée en constant danger d’être récupérée par ce qu’il reste du régime Moubarak.

• Le voyage d’Erdogan a été précédé par l’annonce d’une coopération militaire (navale) entre les deux pays (Turquie et Egypte), dans une région extrêmement sensible (Méditerranée orientale), qui comprend les hautes eaux au large d’Israël. Hürriyet Daily News donne quelques indications sur la matière le 8 septembre 2011. On y distingue la question de l’arraisonnement en eaux internationales de la “flotille de la liberté” turque, à la fin du printemps 2010, – cause initiale de la persistante fureur anti-israélienne d’Erdogan, – au travers de l’affirmation, partagée par les Egyptiens, de la nécessité de contribuer à la liberté de navigation en haute mer.

«Turkey and Egypt will intensify maritime cooperation in the eastern Mediterranean Sea by launching new Ro-Ro lines, according to the Egyptian ambassador to Turkey. The move comes after Turkey warned Israel of a more visible Turkish military presence in the waters to protect free maritime navigation. “Our maritime cooperation is for peaceful purposes and we, in Egypt, respect and ask everyone to respect free passage in international waters. This should not be disputed under any pretext,” Abderahman Salaheldin, ambassador of Egypt to Ankara, told the Hürriyet Daily News in an interview Thursday…»

• Le voyage d’Erdogan en Egypte sera l’occasion d’une intervention du Premier ministre turc devant la Ligue Arabe, pour la deuxième fois en invité (la Turquie, pays musulman mais non arabe, ne fait pas partie de la Ligue, certes). La Ligue Arabe est réunie au Caire la semaine prochaine. Le même journal Hürriyet Daily News annonce le même 8 septembre 2011 que les causes de l’intervention d’Erdogan devant la Ligue Arabe sont très spécifiques, très précises, et participent effectivement aux données fondamentales de l’actuelle crise avec Israël…

«In his speech, Erdogan will touch on the wave of popular unrest hitting the region in the “Arab Spring” and will also hit out against Israel, the Daily News has learned. His address to the Arab League will be part of Turkey’s ongoing campaign in the international arena against Israel, which has intensified since Tel Aviv refused to apologize for killing nine Turks last year aboard a Gaza-bound aid ship.»

• Face à ces diverses initiatives et à ce rapprochement dramatique, sur basse continue anti-israélienne, entre les deux puissances musulmanes qui étaient, il y encore deux ans, deux points de grande stabilité et de sécurité pour son environnement stratégique extrêmement proche, Israël est extrêmement inquiet. Citant le Guardian, Truthdig.org rapporte un commentaire israélien estimant que la Turquie veut faire, très rapidement, un allié stratégique de l’Egypte et l’amener à durcir ses relations avec l’Egypte en même temps que la Turquie fait de même.

«According to Yossi Alpher, an Israeli analyst and co-editor of the BitterLemons website, Erdogan “is flexing Turkey’s muscles. He’s now trying to project Turkish influence into Egypt. There’s concern that he will offer financial aid to Egypt, which needs it desperately, and that will give him a degree of influence. There’s concern that Erdogan will hook up with the Egyptian Islamists, who are growing in influence. And there’s concern that he will persuade the Egyptians to allow him to visit Gaza, where he will proclaim himself its saviour. None of this is good from Israel’s perspective.”»

• Les milieux plus radicaux de sécurité nationale israéliens vont encore plus loin. Pour eux, la Turquie veut un affrontement avec Israël, éventuellement un affrontement armé. C’est le cas de DEBKAFiles, qui exprime (9 septembre 2011) cette analyse dans un texte qui ne prend pas en compte la visite d’Erdogan au Caire, qui n’était pas encore connue lorsque l’analyse a été faite. Pour DEBKAFiles, il y a un désir de confrontation d’Erdogan, sous la forme d’une protection militaire navale d’un prochain “convoi de la liberté” vers Gaza. Les deux raisons avancées pour expliquer l’attitude d’Erdogan, c’est d’une part le désir turc de prendre le leadership dans la région, contre la position d’impunité stratégique d’Israël, jusqu’alors absolument couvert par les USA mais désormais dans une position plus vulnérable avec des USA affaiblis, préoccupés par une situation intérieure difficile, etc. ; c’est d’autre part l’intérêt turc pour les gisements de gaz et de pétrole au large d’Israël, enjeu évidemment stratégique et classique. «Tayyip Erdogan wants war with Israel», observe brutalement DEBKAFiles, dont on connaît la proximité avec les milieux de sécurité nationale israéliens. DEBKAFiles précise ceci, à propos de quoi il faut à nouveau préciser que les divers prolongements égyptiens (visite d'erdogan, attaque de l'ambassade israélienne en Egypte) n’étaient pas encore connus lorsque l’analyse a été faite.

«If Turkish ships breach the Israeli naval blockade of Gaza, which a UN report last week pronounced legitimate under international law, Erdogan will become the first Muslim leader to embark on military action in the Palestinian cause. The Arab nations which fought Israel time after time in the past will be made to look ineffectual and the Turkish leader the regional big shot. Even Iran would be put in the shade for never daring to provoke Israel the way Turkey has.

»The Turkish prime minister clings to the belief that the foremost Arab powers, Egypt and Saudi Arabia, which have been watching his maneuvers with deep suspicion, will have no choice but to play ball with him now that he has confronted Israel. The first crack in the Arab ice came about Thursday, Sept. 8, in the form of Egyptian consent to join the Turkish Navy in sea maneuvers in the eastern Mediterranean.»

• …Enfin, parmi ces “divers prolongements égyptiens”, il faut effectivement donner quelques précisions sur ceux de la nuit dernière avec de très brutaux affrontements entre la rue égyptienne et des forces égyptienne face à une attaque de manifestants contre l’ambassade israélienne au Caire. Il y a eu de très nombreux blessés. L’affrontement s’est terminé de façon dramatique, avec l’investissement de l’ambassade par les manifestants et l’évacuation précipitée de l’ambassadeur israélien. Parmi divers rapports des événements, celui d’Aljazeera le 10 septembre 2010. Le sort de l’ambassadeur et de sa famille, tel qu’il est décrit, mesure la violence des événements : «Israel's ambassador, Yitzhak Levanon, his family and other embassy staff rushed to Cairo airport and left on a plane for Israel, Egyptian state television and airport officials said. The state television also reported that Levanon met with a general of the ruling military's Supreme Council of the Armed Forces before his departure, and that the ambassador appeared “anxious and even scared”»

• Les USA sont évidemment intervenus par diverses déclarations officielles réclamant le retour au calme, le respect des conventions internationales, la sécurité du personnel israélien de l’ambassade. Le Droit (international), cela se respecte, dit ce connaisseur de la chose, les USA, au nom d’un autre connaisseur, Israël. Concernant l’attitude des USA dans l’affaire plus large que nous examinons ici, notamment l’affaire Turquie-Israël, DEBKAFiles observe ceci, qui semble l’opinion des milieux israéliens de sécurité nationale, – mais ceci qui doit certainement être apprécié comme une probabilité, ou disons une hypothèse parmi d’autres…

«As for Washington, Erdogan is counting on President Barack Obama's backing in a military clash with Israel. Israeli Prime Minister Binyamin Netanyahu and Defense Minister Ehud Barak are less confident of US support. This gives Turkey an edge in a conflict – the cost of the passive military policy pursued consistently by Israeli leaders in the face of security threats.»

Ce qui caractérise cette crise (ou cette double crise devenant une seule crise), latente depuis plusieurs semaines, brusquement conduite à un paroxysme, c’est son caractère incontrôlable. Tous les facteurs actifs envisagés, ceux qui précipitent les évènements, sont des facteurs où entre en jeu la pression de l’émotion, avec des questions de susceptibilité et de stature internationale si sensibles à l’ère de la communication, des questions résumés par une notion comme “ne pas perdre la face” (cas de la Turquie et d’Israël) ; soit des facteurs impondérables, sur lesquels les directions politiques, extrêmement faibles, n’ont pas de prise directe (cas de l’Egypte). Que là-dessus se greffent des ouvertures, des opportunités, des occasions engageant à lancer de nouvelles politiques, c’est évidemment probable, sinon évident. Certains hommes politiques, dans notre paysage désolé à cet égard, sont encore capables de telles agilités de pensée ; Erdogan, à qui nous pensons dans ce cas, est tout de même d’un autre calibre intellectuel que le niveau moyen des dirigeants du bloc BAO.

Examinons les facteurs incontrôlables qui rendent la situation si complexe, et si difficilement contrôlable par les habituelles manœuvres-Système qui cherchent à sauvegarder l’ordre en place dans la région depuis trente-quarante ans.

• Dans le chef de la Turquie, il y a l’affaire de la “flottille de la liberté”. Erdogan veut des excuses et des dédommagements d’Israël. Cette demande, qui pourrait être anodine et s’estomper, dans d’autres circonstances, s’est au contraire exacerbée et devient un facteur émotionnel de communication d’un énorme poids politique. Erdogan, qui a son caractère, a été rendu furieux par l’impudence initiale d’Israël pour refuser cette demande, puis doublement furieux par le rapport de l’ONU, conduit par un ex-Premier néo-zélandais, qui fait partie de la famille, et le rapport relevant par conséquent de l’habituelle manœuvre de blanchiment (d’Israël, certes) des pratiques anglo-saxonnes. Erdogan en est doublement furieux, d’autant que cette duplicité (le rapport de l’ONU) est largement évidente pour tous les Turcs et consort. De ce point de vue, Erdogan, même s’il le voulait, aurait bien du mal à passer l’éponge.

• Dans le chef de l’Egypte, avec la très grave affaire de l’ambassade israélienne, l’équation “faiblesse pour faiblesse” se retrouve encore plus pressante. La foule agit comme elle fait parce qu’elle estime qu'Israël, qui a tué cinq agents de sécurité égyptiens dans l’incident du Sinaï du 17 août, a expédié l’affaire avec des excuses bâclées, et que ce pays continue donc dans son attitude arrogante. (Ce qui n’est pas objectivement le cas, relativement à l’attitude habituelle d’Israël, qui s’est réellement montré arrangeant dans ce cas ; mais ainsi en juge la rue, d’une façon démocratique type “printemps arabe”.) D’où la fureur renouvelée de la rue ; d’où la faiblesse renouvelée de la direction égyptienne, plus que jamais prisonnière de la rue et qui se trouve dans une position complètement acculée que DEBKAFiles résumait ainsi : «The military rulers’ only hope of staying in power is to stage a second Egyptian revolution to suppress the drive for democracy…» (Nous nuancerions de la sorte : les militaires peuvent rester au pouvoir pour accomplir ce que la rue demande, à moins d’écraser la rue dans une révolution qui serait une contre-révolution anti-démocratique, – perspective tout de même abracadabrantesque dans les conditions actuelles). Dans ces diverses conditions, la direction égyptienne, coincée comme elle se trouve, pourrait effectivement juger de bonne politique de suivre la Turquie dans une politique d’extrême fermeté à l’encontre d’Israël, qui lui procurererait au moins l’avantage de regagner un peu de soutien de la rue et de redonner à l’Egypte un statut de puissance dans le monde arabe ; peut-être même découvrirait-elle, cette direction égyptienne, que cela s’avère préférable à la recherche poussive et sans espoir d’une politique “néo-moubarakienne” que l’Histoire semble déjà avoir expédiée dans ses poubelles. Ainsi naissent de nouvelles politiques, qu’on expliquera plus tard comme le produit d’une raison devenue habile et machiavélique pour l’occasion…

• Dans le chef d’Israël, la situation n’est vraiment pas exaltante. Israël s’est opposé dans l’affaire de la “flottille de la liberté” d’une façon arrogante sinon méprisante, à la Turquie ; mais que se passe-t-il si la Turquie développe une alliance avec l’Egypte ? Israël se trouve pris non seulement à contrepied, mais en pleine contradiction. Autant Israël est arrogant face à la Turquie, autant il est conciliant, et même pire que cela (l’armée israélienne en est furieuse), face à l’Egypte… Comment continuer à rester arrogant face à la Turquie si la Turquie s’accoquine avec l’Egypte ? Comment rester conciliant avec l’Egypte après un incident aussi grave que celui de la nuit dernière (ambassade), – mais comment durcir le ton avec l’Egypte si l’Egypte s’accoquine avec la Turquie ?

Autour de cela, il y a des éléments objectifs plus pondérés (l’affaire du gaz et du pétrole). Mais ils ne jouent pas un rôle central dans une situation si volatile et, surtout, ils ne jouent jusqu’ici aucun rôle modérateur. Il y a aussi les puissances extérieures qui ont leurs intérêts… Les USA, certes. Sans même insister sur l’évidence d’une position désastreuse d’effondrement de leur puissance, on se permettra de faire une moue bien sceptique. Les USA sont pris entre divers marteaux et enclumes, avec trois alliés aussi précieux les uns que les autres engagés dans un jeu triangulaire que ni le Pentagone ni le département d’Etat n’auraient pu imaginer. Où est le méchant dans tout cela ? Le diable non-démocratique ? Il y a l’allié sacré israélien ; l’Egypte, pays central de l’implantation US au Moyen-Orient ; la Turquie, membre de l’OTAN. Bonne chance et bon vent…

L’Histoire ne sait plus se tenir

Quelles que soient les valeurs respectives des acteurs, et un Erdogan n’en manque certainement pas, on observera qu’il y a dans cette affaire des courants extrêmement puissants qui échappent à la maîtrise des dirigeants politiques, et que ce sont ce courants qui activent la dynamique de cette affaire. Rien de nouveau désormais, et voici donc plus que jamais le schéma des relations internationales où les grands courants métahistoriques prennent de vitesse tous les acteurs. Certains s’en arrangent et peuvent faire de cette circonstance une opportunité pour des politiques nouvelles (les Turcs) ; d’autres laisseraient faire parce qu’ils ne voient pas ce qu’ils peuvent faire d’autre et en seraient parfois à envisager d’épouser des voies qu’ils auraient jugées impossibles il y a quelques mois (les Egyptiens) ; d’autres s’affolent devant ce qu’ils perçoivent comme un risque majeur et dramatique de déstabilisation de leur dispositif stratégique rapproché, mais ils ne savent que faire (les Israéliens). Mais qui, dans les dynamiques en action, s’intéressent à ces divers états d’âme ? Il y a longtemps que sapiens n’est plus, en général, qu’un acteur de figuration, voire un figurant pur et simple.

D’un point de vue rationnel, d’une géopolitique bien comprise, ce qui se passe est désordre pur. Aucune surprise à avoir, puisque nous savons que l’ère géopolitique est dépassée, pour être remplacée par l’ère psychopolitique où la communication joue un rôle essentiel. Nous continuons dans la logique de la chaîne crisique, qui ne cesse de nous réserver des surprises par la multitude des orientations qui accompagne et suit sa dynamique. Le “printemps arabe” est une chaîne crisique typique, dont l’effet n’est pas de conforter les illusions démocratiques de la modernité mais de mettre à nu les situations insupportables mises en place par le Système, en général au nom de la démocratie chère à la modernité. Tout cela vole en éclats divers.

On ne sait pas, bien entendu, où va nous mener cette affaire triangulaire Turquie-Israël-Egypte. On le sait d’autant moins, à cet instant précis, qu’on ignore les prolongements aussi bien immédiats qu’à terme de cette grave affaire de l’ambassade israélienne en Egypte, aussi bien que les circonstances du voyage d’Erdogan en Egypte. Nous sommes en plein cœur du nœud en train de se nouer de deux crises latentes depuis 2010 (entre Turquie et Israël) et depuis février 2011 (entre Egypte et Israël) ; deux crises qui sont en train très rapidement de se réunir en une, comme on pouvait le prévoir (voir le 21 février 2011 : «Plus encore, la suggestion de Haaretz selon laquelle l’Egypte pourrait évoluer comme le fait la Turquie confronterait Israël à un enfermement stratégique entre deux très fortes puissances, avec le reste des pays arabes “alliés” ou pro-occidentaux s’effritant comme autant de châteaux de cartes…») ; deux crises en train de s’intégrer l’une l’autre comme c’est le processus habituel avec la crise GCCC (GC3) ; deux crises en train de devenir une et qui devraient(ait) engendrer une nouvelle dynamique incontrôlable et imprévisible (situation même de la chaîne crisique), qui pourrait à son tour engendrer d’autres crises.

L’Histoire poursuit donc son galop, à son idée, sans vraiment se préoccuper des observations courroucées que pourraient lui faire les directions politiques du bloc BAO. Seule marque visible de cette chevauchée, seule trace fondamentale, la dynamique absolument dissolvante attaquant les structures déjà éparpillées du système régional mis en place par le Système depuis un demi-siècle, et d’une façon verrouillée depuis les années 1980 et 9/11… A ce propos, grave question : la crise triangulaire Turquie-Israël-Egypte ne serait-elle pas en train de voler la vedette au dixième anniversaire de ce que vous savez ? Ce serait ajouter l’insulte à l’injure. L’Histoire ne sait plus se tenir.

Les commentaires sont fermés.