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28/09/2011

En Bulgarie, le nationalisme exacerbé se déchaîne contre un mafieux notoire.

Émeutes en Bulgarie : les hooligans attaquent la communauté rom

Traduit par Simon Rico
Sur la Toile :

 
Mise en ligne : mercredi 28 septembre 2011
De violentes émeutes ont secoué la Bulgarie ces derniers jours, après la mort d’un jeune homme renversé par un véhicule appartenant à un parrain rom. De nombreux mineurs ont été impliquées dans ces violences menées par des hooligans et récupérées par les formations nationalistes. La nuit dernière a été calme.
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L’une des maisons de Kiril Rashkov incendiée à Katunistsa

(Avec le Nouvel Observateur ) - La situation dans les villes bulgares est calme et sous contrôle ont déclaré les autorités. Depuis le 26 septembre, les Roms avaient été victime d’une série de violences racistes faisant suite à la mort de deux individus dans le village de Katounitsa. Selon la police, plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées au cours de cette vague de violences, dont de nombreux mineurs. La justice travaille aussi vite que possible pour qu’elles comparaissent devant un juge.

Vesselin Vuchkov, ministre de l’Intérieur, a révélé au micro de la radio nationale que la police disposait d’informations révélant que ces violences avaient été préparées. Après avoir expliqué que des quartiers roms avaient été attaqué à Plovdiv, Varna et Pleven, il a en assuré que la police protégeait ces espaces et que les autorités étaient en contact avec les responsables roms à qui elles demandaient de rester calmes.

Tensions ethniques

La dimension ethnique de la situation est liée à la mort d’un jeune homme renversé par un véhicule appartenant à Kiril Rashkov, 69 ans, surnommé « Tsar Kiro », un membre bien connu de la communauté rom de Bulgarie.

Rashkov a nié tout lien avec les incidents qui ont éclaté ensuite, impliquant des hooligans et des motards qui ont envahi Katunistsa et incendié les maisons qu’ils considéraient comme propriétés de Tsar Kiro aux cris de « Bulgarie, héros ». Ces représailles ont fait deux morts et cinq blessés. La police et les troupes d’élites de l’armée ont été mobilisées pour ramener le calme dans cette bourgade de 2.300 habitants

Organisées sur Facebook et les autres réseaux sociaux, les émeutes ont dégénéré. À Sofia, un policier a été blessé dans une bagarre tandis qu’un autre était victime d’un jet de pierre à Varna. À Sofia, les émeutiers arrêtés étaient notamment en train de jeter des pierres contre des mosquées.

« Pas de récupération politique »

Exprimant sa préoccupation vis-à-vis du fait qu’environ un tiers des jeunes arrêtés étaient mineurs et que nombre d’entre eux avaient moins de 14 ans, le ministre de l’Intérieur a appelé les parents à dissuader leurs enfants de participer à ces émeutes. Vesselin Vuchkov a également précisé que que l’Agence nationale de sécurité avaient en sa possession des informations sur les organisateurs de ces émeutes.

Plus tôt, les dirigeants politiques des partis de gouvernement avaient souligné que ces émeutes n’étaient pas ethniques, mais liées à des tensions de longue date. De leur côté, les formations nationalistes, dont Ataka de Volen Siderov et le VMRO de Krassimir Karakachanov, se sont emparé de ces tensions pour les exploiter avec en ligne de mire les scrutins présidentiel et local du 23 octobre prochain. Pour l’instant, ces deux partis n’ont aucune chance de passer le premier tour selon les sondages.

Le Président socialiste Georgi Parvanov et le Premier ministre conservateur Boïko Borissov ont déclaré de concert que les institutions bulgares s’opposeraient fermement « aux attitudes radicales et extrémistes ». Ils ont demandé aux hommes politiques de ne pas se servir de ces incidents à des fins électoralistes.

« Tsar Kiro », parrain local impuni

Selon les analystes, la flambée de violence résulte de la défiance et de l’agacement de la population bulgare vis-à-vis d’un système judiciaire défaillant. « À la base du conflit, il y a l’impunité dont jouissent les représentants intouchables de l’oligarchie et le monde de la pègre », estime le sociologue Haralan Alexandrov dans les colonnes du journal 24 Sata.

« Une foule en colère qui se fait justice elle-même, cela s’appelle du lynchage et correspond typiquement aux territoires où la loi et la justice ne fonctionnent plus. » Les villageois accusent Kiril Rashkov de racket et de harcèlement et reprochent aux autorités de ne rien faire à son encontre. Tsar Kiro bénéficierait de protections dans les hautes sphères du pouvoir.

Kiril Rashkov a été condamné à plusieurs reprises du temps de la Bulgarie communiste pour transactions d’or et échange illégal avec l’étranger. En 1998, il a fondé un parti visant à faciliter l’entrée des Roms dans la vie politique et économique de la Bulgarie.

Les Roms représentent environ 5% de la population bulgare, selon les chiffres du dernier recensement national, et constituent la catégorie sociale la plus défavorisée du pays.

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