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04/10/2011

"Le cave se rebiffe". Beaucoup de villes européennes voire de régions battent leur propre monnaie pour stabiliser leurs finances.

Les échos de la Grande Dépression

3.10.2011, 14:40

© Flickr.com/epSos.de/cc-by
     

 

La crise au sein de la zone euro a parfois des effets très inattendus sur l’économie locale. Un nombre croissant de villes et régions européennes prennent la décision de frapper leur propre monnaie. Ainsi, la ville de Mons en Belgique va passer au ropi le 5 octobre prochain. Dans un premier temps, cette monnaie locale circulera uniquement parmi les étudiants. Mais selon les experts, dans les conditions de crise, ce genre d’initiatives présente une menace réelle pour toute la zone euro.

L'été dernier, toujours en Belgique, c’est la commune de Meix-devant-Virton et la ville de Gand, qui ont adopté des monnaies locales. Pour le moment, elles ne sont utilisées que pour acheter des produits d'alimentation, ou payer des services. En Italie, c’est le fiorito, qui est désormais en circulation dans la commune de Filettino. Les autorités municipales comptent remplacer l'euro par cette monnaie locale. Pour ce faire, Filettino veut devenir financièrement indépendante de l’Italie et créer sa propre banque. Comme pour les autres projets de monnaie locale, l’introduction du fiorito est liée avec le plan d’austérité budgétaire. A cause d’une dette de 2 milliards d’euros, les autorités italiennes mettent en commun des budgets des petites villes. Le maire de Filettino, Luca Sellari a déclaré dans une interview à la chaîne de télévision Russia Today que l'indépendance monétaire permettrait non seulement de remédier aux problèmes financiers de la commune de 600 habitants, mais serait apparemment le seul moyen de la sauver. Quant à la mise en commun des budgets, c'est une idée qu’il juge d’absurde. «Elle n'a aucun fondement économique. Nous sommes à 30 km des autres villes. C'est une manière bien étrange de faire des économies. Mais nous, nous avons tout pour être autonomes».

« L'euro est en train de perdre la confiance », estime l’économiste russe Natalia Lessina. « L'idée d’introduire des monnaies locales et régionales est assez répandue en Europe aujourd’hui. Mais personne n’y songe sérieusement. Au niveau des Etats il ne sera pas facile de réintroduire une monnaie régionale. Même la Grèce est mise en garde contre le retour à la drachme. Ce genre d'initiatives locales ne doit donc pas être pris au sérieux ».

Cependant, les dernières informations, parues dans la presse européenne font croire le contraire. Certaines provinces belges envisagent sérieusement d’adopter leur propre monnaie dès 2012. En Bavière, de nombreuses banques proposent déjà des emprunts en chiemgauer, dont le cours est plus stable que celui de l'euro. Si le volume total des transactions en cette monnaie locale dépasse 5%, on pourra alors parler d'une vraie offensive lancée contre la monnaie européenne.

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