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12/10/2011

Nouvelles infos sur les désinfos au sujet de la Syrie.

Syrie : Puisque la vérité n’est pas donnée !
 
Courrier d’une lectrice
par Mouna Alno-Nakhal
 
 
« Tout ce que je peux ajouter à tout ce que tu sais déjà, c’est que ces opposants soit disant pacifiques et qui étaient armés depuis le début sont passés aux actes terroristes : tous les jours, des gens sont assassinés à cause de leur confession ou de leur relation avec le pouvoir, des écoliers terrorisés pour les empêcher d’aller à l’école, les trains visés par des explosions et ça va crescendo » .

Tel est le message que j’ai reçu d’un ami d’Alep (le 3 octobre à 00.04 minutes). Je crois ce qu’il me dit ! Comme je crois qu’un nombre non négligeable de prétendus défenseurs des « droits de l’Homme », ou de journalistes et autres ONG, sont, consciemment ou à leur insu, complices de ce drame qui semble devoir être mené à son paroxysme, pour que l’OTAN puisse enfin jouir d’une « zone de responsabilité », une de plus !

Pour chacune de ces zones massacrées ou conquises - c’est selon - le même scénario cauchemardesque ! Nul besoin pour le commun des mortels d’être dans le secret des dieux ; il suffit de lire, de regarder et d’écouter.

Des preuves de ce que je me permets de mettre en doute ? Voici ma revue de presse. Elle est loin d’être exhaustive et ne fait que s’attarder sur deux articles récents.

« Syrie : la révolution s’arme et a besoin de l’OTAN », par Bernard Schalscha, La Règle du Jeu, 30 septembre 2011.

Le blog de Bernard Henri-Levy (BHL) « La règle du jeu » en appelle directement à l’OTAN. Mais cette fois-ci, Monsieur BHL s’est choisi un paratonnerre nommé « Bernard Schalscha ».

Allez à l’essentiel de ce qu’il vous dit : « Soyons clairs : en Syrie les jours de la révolution pacifique sont passés… Puisque les Nations unies ne peuvent donc pas se porter au secours du peuple syrien, la seule puissance capable de le faire est l’OTAN. L’idée a fait son chemin en Syrie. Nous la faisons nôtre. Et tant pis si elle est sacrilège pour les hérauts syriens de la fierté nationaliste arabe, que l’on entend d’ailleurs surtout depuis leur exil en Occident. Ceux-là sont prêts à se battre depuis l’étranger jusqu’au dernier révolutionnaire sur le terrain… Refuser l’ingérence étrangère, c’est délivrer un permis de massacrer. »

Et si, par malheur, vous n’étiez pas convaincus de son empathie pour cette entité qu’est censé être « le peuple syrien », il vous invite à visionner une vidéo d’une tristesse infinie, que vous soyez neutre ou que vous ayez pris parti.

Qui est donc ce preux chevalier qui s’engage pour les hérauts de l’Occident contre ceux de l’Orient (ou l’inverse, je n’ai pas bien compris) reconnaissant que « sa » révolution est armée ? Oui, « sa » révolution ! Je ne me permettrais pas de vous le présenter autrement qu’il ne se décrit lui-même.
- « SHALSHA BERNARD profite bien de la vie et de temps en temps écrit des articles »
- « Interview de Bernard Schalscha du collectif urgence Darfour »

Quant à son commanditaire, les vidéos ne manquent pas ! Certains y verront l’indécence ; d’autres, la provocation calculée de celui qui se trouve être du côté des plus forts.

Invité Elkrief : Bernard-Henri Levy, 4 juillet 2011.

Invité Ruth Elkrief : Bernard-Henri Levy, 20 avril 2011.

Ai- je le droit de dire tout haut ce que je pense tout bas ?

Citoyenne française, je crois en mon âme et conscience que je dois le dire.

- Le texte évoqué montre le « rôle militaire » dévolu à certains « médias sociaux ».

- Il montre aussi que les amis de BHL, si « désintéressés » dans le cas du Darfour, sont maintenant aux avant postes des sauveurs de la Syrie et s’impatientent, puisque « la couverture » de l’ONU n’est toujours pas tissée et le dialogue entre les syriens non encore définitivement exclu.

- Ces images édifiantes, d’où qu’elles viennent, sont utilisées pour convaincre ceux qui ne veulent pas d’intervention de l’OTAN, et ils sont nombreux à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie !

- Après le Président Obama (prix Nobel de la paix) qui s’est passé du Congrès américain pour s’appuyer sur l’ONU, Monsieur BHL et ses amis comptent se passer de l’ONU pour s’appuyer sur l’OTAN.

Programme Télé / Arte/ Mardi prochain 11/10/2011
Théma
« Syrie : Permis de tuer »
Le 11/10 à 20:40 sur Arte
Résumé du programme TV en direct.
Bravant les interdits, une journaliste a filmé la révolte syrienne et sa sanglante répression, qui aurait causé 2 200 morts. Un document exceptionnel suivi d’une excellente enquête sur la mainmise de la famille Assad sur le pays.
Exclusif / « Une journaliste a filmé la répression en Syrie », par Marianne Dardard, lavie.fr, 27 septembre 2011.
« Sofia Amara, 43 ans, est la première journaliste indépendante à avoir pu filmer - en août 2011 - la révolte du peuple syrien et sa sanglante répression. Son documentaire "Syrie, dans l’enfer de la répression", sera diffusé le 11 octobre à 20h40 sur Arte. Pour lavie.fr elle nous raconte son périple à haut risque. »

Madame Amara nous offre ici en avant-première les détails de son odyssée et une séquence vidéo, à laquelle une personne qui vit la réalité du terrain a déjà répondu. Il s’agit de Mère Agnès de la Croix qui n’a cessé depuis le début des « événements » en Syrie de mettre en garde contre les manipulations et la désinformation. Voici sa réponse : « Schizophrénie médiatique, l’interview de Sofia Amara », 1er octobre 2011.

Qui est donc cette journaliste qui a bravé tous les dangers ?

On apprend sur Google que c’est une femme qui sait se défendre, qui a déjà un titre de gloire, et un livre à paraître en novembre 2011 intitulé : « La révolution en kit » ! Sur Facebook, parmi la multitude de ses amis figure, depuis peu, une armée qui regrouperait des officiers syriens libres. Le lien est là, en tout cas à l’heure où je vous écris : كتيبة ضباط خالد بن الوليد (brigade Khaled Ben Al-Walid). Il suffit de le suivre. Il n’est pas nécessaire de comprendre l’Arabe pour consulter le mur photos où trône celle d’un certain Sheikh Adnan Aroor الفاضل عدنان العرعور « majestueusement salué et ardemment remercié pour l’éloge qu’il a daigné prodiguer à cette armée » entre autres ! Ce Sheikh déjà évoqué par Mère Agnès-Mariam de la Croix, vous parle.
Ecoutez-le :

Lisez aussi « LeMonde.fr » qui s’est décidé à ne plus rien nous cacher de ce qui fut « longtemps confiné à l’état de rumeur » ! (sic)
« L’armée libre de Syrie veut armer la rébellion », blog.lemonde.fr, 27 septembre 2011.
« La ville de Homs abrite la célèbre brigade Khaled Ben Al-Walid du bataillon des Officiers libres. "Nous sommes des officiers libres rejetant l’oppression du peuple et nous protégeons les innocents" … Ces déserteurs assurent pour le moment la protection des manifestants contre les opérations des forces de sécurité et des milices du régime. Ils ne disposent pas encore des capacités nécessaires pour mener de larges opérations. Toutefois, ils ont déjà quelques faits d’armes à leur actif. La première opération remonte au 20 juin... En protégeant une manifestation, ils ont tué au moins six membres des forces de sécurité. "Cela nous touche quand ils sont tués. Ils ne savent pas pourquoi ils se battent", confie Abou Omar. » (Paragraphe : HOMS, FOYER DE LA RÉVOLTE ARMÉE)

Je vous laisse lire et découvrir le dilemme auquel est confronté le peuple syrien et je m’arrête sur « la première opération remonte au 20 juin ». Qui a répondu à cet appel, encore présent sur sept sites web différents ?
« Ce qui se passe en Syrie… - Témoignage d’un médecin syrien »

J’admets que l’on ne trouve que ce que l’on cherche, mais tous ces journalistes de la toile bénéficient, en principe, d’un service de veille d’autant plus précieux qu’on nous disait que les journalistes étaient interdits de séjour en Syrie ! Non ? Ce texte était clair et d’autres témoignages l’ont suivi, non moins crédibles que celui de Monsieur BHL et ses amis. On y apprenait qu’il y avait d’une part aspirations légitimes et manifestations pacifiques, d’autre part sédition et brigades armées. Et c’est maintenant qu’on commence à l’admettre. Pourquoi ? Parce que le mal est fait ? Parce qu’on ne pourrait plus trouver une solution politique, ni engager un dialogue vu le sang versé ? Je suis obligée d’arriver à cette conclusion pour la bonne raison que j’ai moi-même transféré ce lien à trois personnalités politiques. L’ont-elles reçu ?

Maintenant que les langues se délient, peut-on espérer voir les appels répétés des « innocents » de toutes confessions, de Homs et d’ailleurs, portés par d’aussi gros titres que les appels à la honte du Journal « Le Monde ».
« Syrie : La situation des chrétiens à Homs - Le curé de Bab Sbah, à Homs, témoigne », 24 septembre 2011.
Je souligne une phrase inaugurale de ce texte : « Je peux vous dire que l’épreuve renforce notre foi, nous unit entre chrétiens, et entre chrétiens et musulmans et nous détache des choses de ce monde… ».

Je dis « Le Monde » parce que ce journal de référence, qui par le passé a éveillé et nourri mon intérêt à la politique, a préféré traiter cette tragédie sous un angle religieux et moyenâgeux comme si la guerre des religions (traduisez la guerre civile) tardait à venir et par conséquent, la « guerre humanitaire » qu’il nous faut absolument cautionner sans avoir à nous poser de problèmes de conscience, individuellement d’abord, collectivement ensuite. Ne s’est-il pas permis de publier « un brulot communautariste totalement halluciné » (ce n’est pas de moi, mais les mots me paraissent justes) :
« Honte aux chrétiens syriens ! », par Marie Mamarbachi-Seurat, Le Monde, 17 septembre 2011.

Je ne pouvais que répondre et je l’ai fait :
« Droit de réponse à Marie Mammarbachi-Seurat qui jette l’opprobre sur ses coreligionnaires et patriarches les invitant à se taire ! », par Mouna Alno-Nakhal, 24 septembre 2011.
(http://abonnes.lemonde.fr/idees/chronique/2011/09/25/droi...)

Mais peu importe ma réponse, comparée à celles qui viennent de ceux qui vivent l’horreur, et qui l’ont vu venir, qu’ils soient chrétiens ou musulmans.
- « Syrie : Les Chrétiens d’Orient redoutent la guerre civile - Mère Agnès-Mariam de la Croix répond à Madame Marie Mamarbachi Seurat », 25 septembre 2011.
- « Lors des funérailles du fils du Grand Mufti de Syrie : “Pas de concessions ni de capitulations” », par Louis Denghien, InfoSyrie, 4 octobre 2011.

A votre avis, qui dit la vérité ?

J’entends déjà les « nous ne savions pas ! » de toutes les « personnes » qui regretteront sincèrement d’avoir ressenti de la fierté là où ils ont laissé semer la désolation, désinformés, manipulés, pris par le temps et les priorités de leur propre survie.


Articles de Mouna Alno-Nakhal publiés par Mondialisation.ca

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