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13/10/2011

On ne parle toujours que de la dette grecque, mais comment se portent les grecs eux-mêmes?

Grèce : le « plan d’aide » provoque suicides, drogue et HIV

13 octobre 2011 - 12:07

13 octobre 2011 (Nouvelle Solidarité) – La crise financière et la politique de la Troïka (FMI-BCE-Commission européenne) provoquent la désintégration éclair de la santé publique et l’augmentation du taux de suicides dans la population grecque, révèle une étude parue dans la revue médicale britannique The Lancet , sous le titre : « Les effets de la crise financière sur la santé : précurseurs d’une tragédie grecque ». Les données analysées proviennent des statistiques européennes sur les revenus et le niveau de vie, qui sont pourtant antérieur aux principales mesures d’austérité ; on peut allègrement s’imaginer que la situation est encore pire à l’heure actuelle et qu’il est urgent d’agir.

Les auteurs écrivent que les budgets des hôpitaux ont fondu entre 2007 et 2009 de 40%. « Il y a des signes qui indiquent que l’état de santé [de la population grecque] s’est aggravé, en particulier pour la population la plus défavorisée », écrivent les experts. Entre 2007 et 2009, le nombre de ceux qui évaluent leur santé comme « mauvaise » ou « très mauvaise » a augmenté de 14%. Dans la même période, le taux de suicides a augmenté de 17% et des données non-officielles, évoquées au Parlement, indiquent une augmentation de 25% pour 2010 par rapport à 2009. Et le ministère de la santé de rapporter une augmentation de 40% au premier semestre 2011, en comparaison avec la même période pour 2010.

« Les appels à ’SOS suicide’ provenaient en 2010 pour 25% de personnes en difficulté financière, et des rapports de médias indiquent que l’incapacité à rembourser d’importantes dettes privées pourrait être une des raisons principales du nombre croissant de suicides. »

De nombreux grecs ne peuvent même plus payer les 5 euros de franchise médicale pour aller chez le dentiste. Et la situation empire puisque un grand nombre parmi l’armée de chômeurs perdent également leur assurance maladie. Le Guardian écrit que de nombreux chômeurs, qui souffrent de diabète, n’ont même pas pu se payer leur insuline, ce qui est l’équivalent pour eux d’une condamnation à mort. Par ailleurs, d’autres entreprises pharmaceutiques, entre autres la firme suisse Roche , ont stoppé leurs livraisons aux hôpitaux grecs, car ceux-ci ne sont plus en mesure de payer leurs factures.

De plus, les hôpitaux ont dû admettre entre 2009 et 2010 un nombre de patients en hausse de 24 %, et 8% de plus pour le premier semestre 2011 en comparaison avec l’année passée. On s’attend aussi à une augmentation de 52% des admissions de patient atteint du SIDA cette année. De nombreuses infections nouvelles seraient en lien avec la recrudescence de la dépendance à la drogue, de la prostitution et des rapports sexuels non protégés. D’après le Centre grec d’observation et de documentation des drogues, il y aurait une augmentation de 20% de consommation d’héroïne. En raison des restrictions budgétaires de 2009 et 2010, un tiers des programmes sociaux ont été supprimés en Grèce.

« Depuis janvier 2011, nous avons constaté une augmentation de 1000% d’infections par HIV via consommation de drogue intraveineuse », affirme Eleni Kokalou citée dans l’étude, qui travaille au service des maladies infectieuses à l’hôpital Evangelismos. « L’absence de mesures préventives sur place, les coupes budgétaires dans les programmes existants comme l’échange de seringues pour les consommateurs de drogues par injection, tout cela a clairement participé à cette augmentation. »

« Dans l’ensemble, la photographie sanitaire de la Grèce est préoccupante », écrivent les auteurs. « Avec la politique de remboursement de la dette, ce sont les petites gens qui payent le prix. Ils perdent l’accès aux soins et aux soins préventifs, sont d’autant plus vulnérables au HIV et aux maladies sexuellement transmissibles, et dans le pire des cas, perdent la vie. Il faut se préoccuper de l’approvisionnement en soins et de leur disponibilité, pour s’assurer que la crise grecque ne conduise pas à la destruction de la source ultime de bien-être – à savoir l’être humain. »

Les auteurs ont raison de tirer la sonnette d’alarme, mais il ne s’agit aucunement d’une tragédie grecque mais d’un effondrement de civilisation qui ne pourra être stoppé sans affronter directement le fascisme financier.

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