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28/10/2011

L'équipe rédactionnelle d'Eleftherotypia (Grèce) trahit une naïveté déroutante mais surtout une méconnaissance totale de la situation.

Tous à la merci de l’Allemagne

27 octobre 2011
Athènes

Les dirigeants de la zone euro ont allégé la dette grecque et augmenté le montant de leur aide. Mais pour Eleftherotypia, qui considère en Une que “les tanks allemands sont dans le plan de sauvetage”, cette décision place les Grecs et tous les Européens sous la coupe de Berlin.

Encouragée par plus de 80% des députés qui lui ont donné le feu vert, Angela Merkel s’est rendue au sommet de Bruxelles pour trouver une solution au problème grec.

Or la décision prise par les dirigeants européens avait été annoncée presque point par point par la chancelière devant ses deputés ! Il semblerait qu’elle n’ait même pas tenu compte de l’échange de points de vue avec les autres dirigeants européens, comme s’il n’y avait pas d’autres joueurs en Europe.

Bien entendu, tout le monde sait que l’Allemagne est le joueur le plus fort en Europe. Tout le monde sait que son avis pèse plus lourd que les autres. Mais elle ne peut pas toujours avoir le dernier mot. Parce qu’en politique, il ne faut pas appliquer les mêmes règles qu’au football, où "à la fin, ce sont toujours les Allemands qui gagnent", comme le disait un ancien joueur anglais.

En fait, au train où vont les choses, on se retrouve dans le scénario inverse. Parce qu’en football, les Allemands perdent souvent alors qu’en Europe, ils imposent toujours leur avis. Ils ne rencontrent d’ailleurs aucune objection. Même le président français est critiqué par sa propre presse parce qu’il soutient les positions allemandes.

La chancelière fait ce qu'elle veut

D’autres dirigeants, comme le Premier ministre luxembourgeois Jean Claude Juncker, s’inquiètent de l’hégémonie allemande. Mais tout cela ne sert à rien. La chancelière Merkel fait ce qu’elle veut. Par rapport à la Grèce, elle a imposé la solution comprenant une décote de la dette de 50% et des réformes structurelles en profondeur, avec des mesures de rigueur à la clé.

Voilà en effet la contrepartie du “cadeau” de la restructuration : la rigueur. Même si Merkel à expliqué à ses députés qu’elle a du “respect” pour les sacrifices consentis par les Grecs, cela ne change rien à la réalité de l’austérité. Cela vaut pour la Grèce mais aussi pour les autres pays dans le collimateur, comme l’Italie, au-delà de la réticence de Berlusconi.

La Grèce, comme l’ensemble de la zone euro, est donc à la merci de l’Allemagne. Quand les décisions majeurs sont en discussion et qu’au final, elles sont imposées par un pays qui ne recule devant rien, les autres font forcément marche arrière. Si l’on continue sans que d’autres pays imposent leur point de vue, rien de bon ne pourra arriver en Europe, en particulier pour les petits pays, les maillons faibles de la chaîne.

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