Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/10/2011

L'effet pervers de la nouvelle aide apportée à l'économie grecque pourrait être la résurrection de la dictature, défunte en 1974.

Handelsblatt met en garde : la Troïka est en train de ressusciter le régime des colonels

31 octobre 2011 - 12:35

31 octobre 2011 (Nouvelle Solidarité) – De retour de la péninsule hellénique où il est allé prendre ses informations à la source, Gabor Steingart, rédacteur en chef du premier quotidien économique allemand Handelsblatt revient totalement choqué : le véritable problème de la Grèce n’est plus son endettement, mais la politique destructrice de la Troïka qui ramène tout droit le pays vers la dictature militaire. Son éditorial, étonnant pour un journal plutôt conservateur (mais plus industriel que financier) et repris dans la presse grecque, contribue à contrer la propagande anti-allemands en Grèce et anti-grecs en Allemagne. Extraits.

La politique de sauvetage européenne ne fait qu’empirer les choses. Les résultats de ces sauveurs peuvent difficilement être pires : la production économique décroît, le chômage augmente, les jeunes rêvent de partir et le déficit public continue de s’accroître. (…) Une telle montagne de dettes ne peut être supprimée en réduisant la traction économique. (…)

Si j’étais grec, je poursuivrais mes sauveteurs en justice pour coups et blessures volontaires. Et à la nuit tombante, j’irais avec tous les autres sur la place Syntagma, face au parlement, afin de montrer ma désapprobation envers cette politique de crise qui ne fait qu’intensifier la crise. La spirale descendante va de plus en plus vite.

Le traitement administré à la Grèce rappelle l’approche de Jeffrey Sachs et de ses ’Chicago Boys’ testée sur la Russie de Boris Elstine : dérégulation tout azimut, privatisations à tour de bras et coupes budgétaires dans le social. Ils ont créé le genre de capitalisme sauvage qui aujourd’hui encore divise la société russe entre milliardaires et démunis. Sachs, qui fut surnommé ’Dr Choc’ finit un jour par présenter ses excuses aux russes.

Le rôle du Dr Choc est aujourd’hui joué par les sauveteurs de la Grèce à Bruxelles, Berlin et Paris. A nouveau, les artistes de la finance sont à l’œuvre (…) Ils extraient l’argent de l’économie plutôt que de pousser les investissements. Ils entraînent le pays de la récession à la dépression (…)

L’Europe a initié un programme de démantèlement du Sud dont les effets diaboliques ne peuvent plus êtres ignorés dans les rues d’Athènes. L’addiction à l’héroïne et la prostitution se propagent, de nombreux commerces ont baissé leur rideau pour de bon, les citoyens en colère soutirent les plaques de marbres des façades de nombreuses banques. Mais encore plus dangereuses sont les choses qui ne peuvent être vues. Si j’étais grec, je serais de ceux qui sont vigilants et inquiets. Je garderais un œil méfiant sur cette machine militaire qui gouverna le pays jusqu’en 1974 et qui pourrait bien attendre l’occasion de prendre sa revanche. De nombreux pays nous l’ont enseigné : le Dr Choc est un ennemi de la démocratie.

 

NOTA BENE :

Jeudi 20 Octobre 2011 L'Observatoire de l'Europe

Affrontements violents dans les rues d'Athènes   

Des affrontements entre groupes de jeunes cagoulés et simples manifestants ont éclaté jeudi lors du rassemblement contre l'austérité devant le Parlement grec, à Athènes. Plus de 60.000 personnes, selon la police, s'étaient rassemblés depuis le début de la journée, avant le vote par les députés d'un nouveau train de mesures contre l'austérité. Sous le regard de la police, des centaines de jeunes ont jeté pierres et cocktails Molotov sur les manifestants rassemblés derrière la bannière du PAME, le syndicat communiste qui privilégie les rassemblements organisés et pacifiques. Au moins six personnes ont été blessées et secourues par des secouristes bénévoles. L'ambiance était restée calme jusqu'à ces affrontements, sous les vitres des hôtels de luxe de la place Syntagma. Mercredi déjà, les manifestations avaient tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre. Les parlementaires grecs devraient donner leur feu vert dans la soirée à cette nouvelle cure de rigueur pour résoudre la sévère crise de la dette grecque. Le texte prévoit une réduction de 20% des salaires de la fonction publique et un abaissement du seuil du niveau d'imposition.(Reuters)
 

Commentaires :

1.Posté par MBM le 20/10/2011 20:18
Qui étaient ces cagoulés? A priori, on penserait à un groupe téléguidé par les services de sécurité grecs. Mais le même syndicat communiste qui chaperonne la manifestation - dans quelle mesure? - trouverait peut-être un intérêt stratégique à la radicalisation extrême dans le calcul de voir exploser la sympathie d'un grand nombre de déçus du règne socialiste pour la cause communiste, qui représentait une frange assez minoritaire jusqu'à l'éclatement de la crise. Provoquer les passions politiques, au risque d'engendrer des remous au sein de la société civile entre factions anarchistes-communistes-nationalistes, est un jeu dangereux qui se retourne la plupart du temps contre ses instigateurs. La société grecque subissant depuis quelques années des vagues d'immigration importantes (les plus importantes d'Europe), je crains un prochain retour, dans le cas d'un chaos populaire qui s'idéologiserait, du nationalisme patriotique le plus exacerbé. Ce qui déboucherait immanquablement sur un nouveau régime autoritaire programmant l'émancipation des institutions européennes, des engagements financiers de l'euroland et du FMI pour revenir à un protectionnisme anti "tout ce qui aura existé sous le règne socialiste depuis ces décennies". Une anarchie de droite canalisée par une réorientation de la diplomatie extérieure vers ce qu'on appelait autrefois les "non-alignés", les émergents d'aujourd'hui, avec comme projet concret de rejoindre le rang multipolaire en dénonçant son adhésion à l'Otan et ses obligations au FMI. La Russie se charge déjà de prêter des sommes colossales. En cela, elle contrecarre la Chine dans le rachat progressif de la Grèce par les privatisations accélérées forcées par les créanciers. Il ne m'étonnerait pas que ces heurts soient finement et opportunément encouragés par les autorités du service extérieur russe, afin d'amener dans son escarcelle d'influence la Grèce, à l'image de l'affaire Timochenko en Ukraine que je soupçonne d'être le fruit d'un calcul risqué de Moscou afin que Kiev soit sanctionné et rejetée par l'UE pour qu'elle soit, par dépit, obligée d'intégrer l'Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan. Exactement comme la Biélorussie qui se voyait, il y a peu, intégrer l'UE et qui s'est fait rejeter par celle-ci pour non respect des normes démocratiques alors que la société biélorusse était travaillée au corps par des ong - humanitaires?- dont les manifestations ont été réprimées avec vigueur, mais sous l'impulsion de quelle logique? Probablement la même qui sied en Ukraine, ancrer sûrement la Biélorussie dans l'Union douanière et la future Union Economique Eurasienne. Prenons conscience d'emblée que cette "Union" aura pris de la graine du désastreux exemple européen, et imposera aux candidats futurs la soumission économique, financière et politique à un pouvoir centralisé. Ainsi, pas de surprise de retour de flamme comme on le voit présentement dans l'euroland. Mais avec des si, on refait aisément le monde...
http://mbm.hautetfort.com

Les commentaires sont fermés.