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13/11/2011

Réunion de Verts/Alliance libre et déclarations fracassantes au Parlement européen. La crise est l'OUTIL pour la dislocation des Etats.

www.euractiv.comLa Belgique n'a pas d'avenir, selon le leader séparatiste flamand

Publié 10 novembre 2011
 

Plus l'Europe se renforce, moins les Etats ont d'importance, a déclaré hier (9 novembre) le leader séparatiste flamand Bart de Wever devant le Parlement européen. Il a affirmé que son pays n'avait pas d'avenir.

Bart De Wever, le leader de l'Alliance Néo-Flamande (N-VA), le parti qui a remporté les élections de juin 2010, a plaidé pour un plan grand transfert de pouvoir des « anciens Etats » comme la Belgique vers les « nations » comme la Flandre. Il a cependant indiqué que la perte de pouvoir des Etats traditionnels était « un processus progressif et non pas une révolution ».

Il a prononcé ces déclarations lors d'une conférence sur les « nations émergentes de l'Europe ». Cette rencontre a eu lieu au Parlement européen et a été organisée par le groupe des Verts/Alliance libre européenne (voir « Contexte »).

Non aux « vieux Etats », oui à l'UE

Tout comme les autres intervenants, M. De Wever s'est exprimé en faveur de l'UE. Il a déclaré que grâce à l'Union, les Etats traditionnels avaient perdu le monopole de la souveraineté, se dirigeaient vers une politique étrangère commune et avaient, pour la plupart, abandonné leur monnaie nationale pour l'euro.

« La N-VA est un parti pro-européen, nous croyons au principe de la subsidiarité », a affirmé M. De Wever.

Toujours sur la même longueur d'onde que les autres intervenants, il a argué que les petits pays se révélaient plus efficaces lorsqu'il fallait prendre des décisions et entreprendre des réformes économiques.

M. De Wever était toutefois le seul représentant d'un parti séparatiste qui, s'il arrive à ses fins, pourrait entraîner la mort d'un Etat membre de l'UE sous sa forme actuelle. Les autres intervenants représentaient le Parti national écossais (SNP), le Catalan Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et la coalition séparatiste basque, Eusko Alkartasuna. Les drapeaux du parti gallois Plaid Cymru, qui milite pour un Etat gallois indépendant, et ceux du Partitu di a Nazione Corsa, étaient bien présents sur l'estrade.

Ce rassemblement a été organisé par László Tökés, le vice-président du Parlement européen (PPE, Roumanie), qui a plaidé pour le respect des droits des Sicules de Roumanie, un groupe ethnique principalement magyarophone en Transylvanie de l'Est. L'ancien leader anticommuniste a fustigé les autorités roumaines pour avoir refusé de dialoguer sur les conflits linguistiques qui font rage dans la région.

Certains intervenants ont expliqué que la crise économique actuelle avait fourni de nouveaux arguments en faveur de l'indépendance.

La crise de l'euro considérée comme un catalyseur

Rafael Larreina, un représentant de la coalition séparatiste Amaiur basque (Eusko Alkartasuna), a déclaré qu'il existait un risque que l'Espagne échoue en tant qu'Etat en raison des fortes tensions économiques. Il a affirmé que la meilleure solution serait l'indépendance pour les Basques.

Marta Rovira, la secrétaire générale de l'ERC catalan, a expliqué que sa nation souhaitait devenir un nouvel Etat membre de l'UE et gagner en prospérité en collectant son propre impôt.

S'agissant des perspectives d'indépendance de la Catalogne, Mme Rovira a affirmé que la Cour constitutionnelle espagnole bloquait toute initiative de référendum. Elle a laissé entendre qu'une sécession unilatérale serait la seule option.

« Sans violence, tout est possible. Nous ne pensons pas que les frontières soient immatérielles », a-t-elle déclaré.

L'Ecosse en tête de file ?

L'Ecosse, la région européenne sans doute la plus proche de l'indépendance, était représentée lors de cet évènement par l'eurodéputé Ian Hudghton. Il a séduit son public avec une longue vidéo de la conférence annuelle du Parti national écossais (SNP) à Inverness, montrant un discours de son dirigeant, Alex Salmond.

Le SNP est le plus grand parti du parlement écossais avec 68 sièges sur 129.

« S'il y a une chose dont nous sommes sûrs, c'est qu'il y aura un référendum sur l'avenir de l'Ecosse et que le peuple écossais aura l'opportunité de choisir l'indépendance », a affirmé M. Hudghton, ajoutant qu'il aurait lieu au cours de la dernière partie du mandat de cinq ans du parlement écossais.

Réactions :

Lieven Tack, professeur invité au Collège d'Europe de Varsovie, a déclaré que l'Europe avait besoin d'« un redémarrage institutionnel Control+Alt+Delete ». Il a expliqué que cela irait dans la direction d'une dissolution institutionnelle de l'Etat nation au profit de la régionalisation.

Le Dr Alan Sandry, professeur de théorie politique et sociale à l'université du Pays de Galles, a argué que l'UE serait plus forte si ses priorités économiques s’appuyaient sur les projets régionaux. Il a expliqué que si le groupe de l'Alliance libre européenne au Parlement européen n'abordait pas cette question, les extrémistes agiraient.

Alfonso González, de l'université Rovira I Virgili à Tarragona, a déclaré qu'un « élargissement interne » de l'UE aurait lieu lorsque plusieurs nations prendraient leur indépendance. Aucune règle n'existe pour ce type d'élargissement, a-t-il affirmé, mais il reste persuadé que l'UE devra accepter l'adhésion de ces nouveaux membres.

Georgi Gotev - traduit de l'anglais par Amandine Gilletwww.euractiv.com

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