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15/11/2011

L'embellie chinoise aura été de courte durée. Les conditions sociales y changent rapidement. La délocalisation va bientôt être rapatriée.

Grand bond en avant

Publié le 14 novembre 2011

Les bas salaires en Chine, c'est fini !

Le salaire minimum des travailleurs chinois augmente de 20% dans la province Guangdong. Plus instruits, ils réclament de meilleures conditions de travail et des salaires plus élevés.

 
La main d'oeuvre chinoise bon marché a permis à la Chine de devenir la deuxième économie mondiale.

La main d'oeuvre chinoise bon marché a permis à la Chine de devenir la deuxième économie mondiale. Crédit Reuters

Si le "made in China" est aujourd'hui synonyme de "bon marché", cela pourrait changer. Dans la province de Guangdong au sud de la Chine (la plus peuplée du pays), le salaire minimum devrait augmenter de 20% en janvier 2012. C'est la deuxième fois en moins d'un an.

Une tendance qui semble se propager dans le tout le pays qui aspire à des emplois mieux rémunérés. Les mesures bénéficient aux travailleurs chinois qui voient leurs conditions de travail s'améliorer lentement.

Des mesures qui ne font pas les affaires des entreprises occidentales. Les coûts de la main d'oeuvre augmentent rapidement. Pour les consommateurs du monde entier, les produits "made in China" vont très bientôt coûter plus chers.

En mai dernier déjà, Bruce Rockowitz, le directeur de Li & Fung, le plus grand fournisseur de biens de consommation des Etats-Unis, annonçait que le coût moyen des produits de l'entreprise avait augmenté de 15% en 5 mois. Une augmentation également constatée dans d'autres entreprises du pays.

Des augmentations qui satisfont Geoffrey Crothall du China Labour Bulletin, une ONG basée à Hong-Kong qui défend les droits des travailleurs: "On peut maintenant dire que la course planétaire qui consiste à produire au plus bas coût est terminée (...) Il n'y a plus nulle part où aller".

Car si les entreprises qui veulent continuer à produire à très bas prix s'installent dans des pays encore plus pauvres comme le Cambodge ou le Bangladesh, rien ne pourra rivaliser avec le modèle chinois des années 90 et début 2000. "On peut trouver des travailleurs moins chers en dehors de Chine, en revanche il est impossible de trouver autant de main-d'oeuvre", affirme Geoffrey Crothall.

Une main-d'oeuvre de plus en plus informée, même en Chine, et qui réclame des salaires plus élevés. Depuis un an, les conflits sociaux se multiplient dans le pays. Des grèves avaient éclaté chez Honda Motor, Brother Industries (une entreprise japonaise de machines à coudre) et Foxconn International qui fabrique des Iphone pour le géant Apple.

Ces conflits reflètent l'arrivée sur le marché du travail de la deuxième génération de travailleurs d'origine rurale. Plus instruite que la première génération, mais aussi plus urbaine, cette génération réclame de meilleures conditions de travail. La première génération qui fuyait la précarité des villages, ne connaissait souvent rien au monde des usines.

Mais les analystes mettent en garde le pays. Selon eux, si la tendance se poursuit, la Chine pourrait ne pas maintenir son taux d'emploi. A Guangdong, des milliers de petites usines ont mis la clé sous la porte ces dernières années. Des propriétaires d'usines protestent contre cette augmentation des salaires.

Selon Stanley Lau, le directeur adjoint de la Fédération des industries de Hong-Kong, 30% des usines de la région de Guangdong devrait réduire leur production ou fermer cette année. Selon lui, une autre augmentation de 20% des salaires pourrait décimer l'industrie.

Les organisations de travailleurs rétorquent que cette mesure permet aux salariés de suivre l'inflation et d'atteindre le but du gouvernement : sortir de la production bas de gamme.

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