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22/11/2011

Les USA vont devoir, à court terme, ramener dans les bases US une part non négligeable de leur flotte disséminée dans le monde.

Moby Dick, alias USS Titanic, sombre

22/11/2011

Il y a deux semaines, recevant des personnalités européennes d’un très haut niveau en visite à Washington, le secrétaire à la défense Leon Panetta leur déclarait qu’il fallait s’attendre à une intervention particulièrement dramatique, qu’il prévoit de faire à la réunion annuelle fameuse de la Wehrkunde, de février 2012 à Munich. Cette intervention actera officiellement le grand mouvement de retrait précipité de la puissance militaire US de ses positions offensives dans le monde, entérinant la plus grave crise qu’ait connue le Pentagone dans son histoire. Parlerait-on de crise décisive ou de crise terminale ? Depuis qu’il est passé de la CIA au Pentagone, en juillet dernier, le visage bonhomme, rond et néanmoins roué de Leon Panetta s’est creusé et donne tous les signes de l’angoisse permanente du bureaucrate confronté à la tragédie.

Depuis hier, l’on sait que le Congrès s’est enfoncé d’un palier de plus dans son impuissance chronique, son désordre antagoniste et furieux, sa folle agitation paralysée. Le “Super Congrès”, ou super commission, a clos ses travaux sur un constat d’échec. Cela implique que les réductions budgétaires de $1.200 milliards sur dix ans, dont il discutait une répartition ordonnée, vont être réalisées de manière discrétionnaire par un automatisme qui prévoit que 50% de cette somme viendra du Pentagone. La “fureur du Pentagone”, alias Moby Dick, – alias Titanic hélas, – cette fureur (le 8 août 2011) n’était pas feinte.

Bien entendu, ces réductions ne prendront effet qu’à partir du 1er janvier 2013 et, d’ici là, tous les efforts seront faits pour trouver un accord tout de même, – selon toutes les rumeurs de Wahington et les recommandations du président Obama… Tous les efforts ? Nous dirions plutôt que tous les éléments de l’affrontement sans fin seront encore aggravés, pour accroître encore le désordre de l’impuissance et de la paralysie, avec cette fois tous les acteurs du Congrès et non plus les seuls douze membres de la “super commission” acharnés à défendre leurs intérêts et ceux qu’ils représentent – et cela dans une année électorale, et quelle année électorale, celle de 2012 ! Quoi qu’il en soit, on observe aussitôt que ce soi-disant répit ne concerne guère le Pentagone, qui doit présenter, lui, un budget pour l’année fiscale 2013 fin janvier 2012 au Congrès. Sur quelle somme peut-il s’appuyer puisqu’il y a cette menace de coupure automatique pour le 1er janvier 2013, et cette “promesse” (!) d’un accord possible d’ici là ? Cela conduit Daniel Goure, du Lexington Institute, à écrire (sur EarlyWarniong, le 21 novembre 2011), cette chronique particulièrement catastrophiste…

«There is a mistaken notion floating around Washington that even if the super committee fails to arrive at a deficit reduction agreement this is no big deal because the reductions do not go into effect until January 2013. The theory goes that Congress will have plenty of time to undo the law or protect critical budget areas such as national security. In reality, most parts of the federal government will be impacted by sequestration from the movement it is triggered, and no department will be more severely impacted than the Pentagon. Half the deficit reduction must come from the national security accounts, most from the Department of Defense (DoD). By most calculations, the combination of the cuts already agreed to in the Deficit Control Act (approximately $480 billion over ten years) and the new mandatory reductions will require that defense spending be reduced by some $100 billion a year starting with Fiscal Year 2013.

»But the impact of the cuts will begin immediately. Fiscal Year 2012 began on October 1; the administration is scheduled to submit its proposed Fiscal Year 2013 budget in early January. According to DoD officials the proposed budget does reflect the $480 billion in reduced spending but not the additional $600 billion or so. So, the department will have to scramble to create a new budget.

»More significant, from this week forward unless and until the sequestration is reversed or modified, virtually every defense acquisition and personnel program will be thrown into utter chaos. Since it will be months at best before the decisions will be taken in the department regarding how to absorb the cuts, newly-awarded contracts will be frozen and competitions for contract awards halted. Existing contracts will fare no better, perhaps even worse. On most acquisition programs the lead companies have to buy long lead items and essentially front money to suppliers. These undefinitized contract actions are costs the companies incur on the expectation that they will be paid eventually. However, how can the Pentagon authorize expenditures even in the remainder of Fiscal Year 2012 for acquisition programs that may be terminated in Fiscal Year 2013? So, most acquisition programs will come to a screeching halt before January 2013, many possibly as early as next month…»

Etc., etc… On peut considérer que, dès aujourd’hui, avec l’annonce officielle de l’échec de la “super commission”, le Pentagone entre dans une période de paralysie et de désordre complets au moment où toutes ses capacités, tant opérationnelles que d’acquisition des forces sont en cours d’effondrement ; à cet effondrement s’ajoutent désormais une sorte de gel des décisions et l’arrêt des initiatives devant le désordre extraordinaire qui s’installe, les improvisations budgétaires et de programmations qu’il va falloir imposer, en aveugles. Si l’on veut, le Pentagone-Moby Dick qui prenait eau de toutes parts se transformerait en un Pentagone-Titanic après l’iceberg, immobilisé et en train de couler. D’où les confidences de Panetta à ses interlocuteurs européens, un Panetta déjà épuisé devant les voies d’eau béantes du monstre qu’il conduit prétendument, pour les avertir que les alliés des USA doivent désormais s’attendre à des décisions US très rapides de retraite et de retrait, affectant notamment l’OTAN et l’Europe. A eux, les Européens, de tenter de suppléer à ça, – et, comme l’on sait, cela tombe fort bien, vu la forme olympique de l’Europe.

 

Mis en lmigne le 22 novembre 2012 à 05H56

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