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01/12/2011

De fortes tensions sociales couvent en Wallonie où l'on promet un bain de sang social, les syndicats. Affûtez vos armes! C'est le moment d'agir.

Menace syndicale d’un bain de sang social en Wallonie ?

30 novembre

Les syndicats annoncent « un cataclysme social » et demandent une concertation dans les plus brefs délais avec le gouvernement, sous peine de mettre le bassin liégeois « à feu et à sang ». En cause, le projet de décret concernant la réglementation des licences d’exportations d’armements. Ce projet pourrait engendrer de nombreux licenciements dans ce secteur d’activité crucial en Belgique. Suite aux manifestations et aux grèves, le gouvernement tente par un communiqué de presse de clarifier la situation, en rappelant la bonne santé de ce secteur d’activité. Il avance également que l’exportation d’armes en zones sensibles, nécessite d’adopter un comportement éthique, responsable, et dûment encadré par la loi. Ce afin d’éviter la menace d’une prolifération d’armes légères, comme en Libye à l’heure actuelle.

 

Le projet de décret du gouvernement wallon relatif à la réglementation des licences d’exportations d’armements et au renforcement des contrôles, a suscité toute la critique des syndicats et des travailleurs du secteur de l’armement en Belgique. La grève a commencé lundi à midi et le travail a repris mardi matin vers six heures, au sein des entreprises liégeoises telles que FN Herstal, leader mondial de l’armement. Mais des grèves et des protestations ont aussi eu lieu dans l’entreprise Forges de Zeebruge, une filiale de TDA (actionnariat 100% Thalès), offrant notamment des prestations liées à la gestion des systèmes de roquettes air-sol. Les syndicats dénoncent l’absence de concertation entre le gouvernement et les travailleurs de ce secteur. Le délai a été très fortement avancé, la majorité des travailleurs estimait que ce projet aurait pour date juin 2012 et non mercredi 30 novembre 2011.
À en croire un responsable de FN Herstal, à terme cinq mille emplois pourraient être mis en jeu directement par ce décret. Quinze mille emplois seraient affectés indirectement pour l’ensemble du secteur de l’armement en Belgique. Ce même responsable souligne le fait que la France a assoupli sa réglementation et que les règles en Wallonie risquent d’être beaucoup plus strictes que dans les autres pays de l’Union Européenne. Les travailleurs devraient s’adresser aujourd’hui au gouvernement lors d’une protestation à Namur. Les jours qui viennent seront très tendus dans ce secteur d’activité, poids lourd dans l’économie belge.

Il est intéressant de confronter ces réactions soudaines et violentes, au contenu du communiqué de presse du gouvernement à Bruxelles le 29 novembre 2011, destiné à clarifier la situation. La bonne santé de ce secteur avec notamment une progression de 117% du chiffre d’affaires de la FN Herstal entre 2000 et 2010, ainsi qu’une augmentation de l’emploi de 25%, seraient d’après le gouvernement, autant de preuves de la démagogie des syndicats. Le communiqué de presse mentionne que le décret permettrait de transposer en droit wallon une directive européenne, autorisant les transferts d’armes entre les pays de l’UE sous le couvert de licences globales ou générales. Cette directive européenne et son incorporation avant le 31 décembre 2011 dans le droit wallon permettraient « d’accroitre la compétitivité du secteur de la défense au sein de l’UE ». Le projet de décret comporte cependant deux aspects conflictuels aux yeux des syndicats : « La procédure de l’accord préalable » et le statut accordé à « la commission d’avis sur les licences d’exportations et de transferts d’armes ». La procédure de l’accord préalable stipule que les entreprises d’armements wallones désirant signer un contrat avec un pays importateur, jugé particulièrement sensible ou instable, devront obtenir au préalable l’accord du gouvernement. Sous peine de se voir refuser la licence, « même si les investissements relatifs à ce contrat sont déjà engagés et la production lancée ». Le gouvernement a avancé que cette procédure, qui a suscité la colère du secteur de l’armement, ne concernerait qu’une minorité de pays importateurs représentant une très faible part de marché. La commission d’avis sur les licences d’exportations et de transferts d’armes, pour sa part, fonctionne relativement bien depuis la régionalisation des licences d’exportations d’armes en 2003. Son rôle est de fournir des avis sur des pays, en menant des analyses géostratégiques, éthiques, ou démocratiques. Le projet de décret devrait fixer un cadre légal définissant « la composition et les compétences » de cette commission, ce afin de garantir son indépendance vis-à-vis « de l’arbitraire et de pressions extérieures ».

Enfin, le gouvernement insiste sur le caractère très particulier de la production et du commerce des armes, ainsi que sur l’incapacité des représentants du secteur de l’armement à en saisir les coûts et les enjeux. Les responsabilités politique et éthique du gouvernement se trouvent engagées sur le long terme, en particulier lorsque le contrat concerne la vente d’armes légères de petits calibres et de leurs munitions. On pourra rappeler le contrat, très controversé, passé en juin 2009 entre FN Herstal et la Libye de Kadhafi évalué à près de 11.5 millions d’euros, autorisé par la délivrance à cette entreprise d’une licence d’exportation du gouvernement wallon vers la Libye. En conséquence des pillages des arsenaux militaires de Kadhafi, ces armes (fusils, pistolets, grenades… et munitions) pourraient se trouver en possession de civils ou de groupes armés comme AQMI. Le gouvernement wallon souhaite ainsi limiter la prolifération incontrôlée d’armes légères, qui est un enjeu de sécurité internationale.

Sources : RTBF, Trends.be, RTL Info .be, RTC, GRIP, FZ, LaLibre.be

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