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05/12/2011

Etant donné la majorité acquise par Russie Unie et l'absence des libéraux à la Douma, c'est assurément un triomphe pour Poutine.

Les élections russes ou le rejet de l’Occident

Publié par le 5 décembre 2011 dans Éditoriaux - Aucun commentaire
Les élections russes ou le rejet de l’Occident
Xavier Moreau

Xavier Moreau

Les élections législatives marquent à n’en pas douter, un ancrage définitif de la Russie dans un modèle de développement démocratique autonome, éloigné des influences occidentales. La baisse de Russie Unie était prévisible tant le résultat de 2007 fut exceptionnel, avec plus de 60% des voix. Le parti au pouvoir conserve une confortable avance sur ses rivaux. L’importance de ces élections n’est pas dans cette baisse de Russie Unie, qui n’empêchera pas, de toute façon, Vladimir Poutine de gouverner pendant son prochain mandat. Ce qui compte avant tout, c’est le rejet massif de l’influence occidentale par le peuple russe. Les moyens engagés par les ONG américaines l’auront été en pure perte. Même à Moscou, le parti Yabloko, considéré comme le plus libéral, recueille à peine 10%. La nouvelle classe moyenne russe ou les milieux populaires, lorsqu’ils n’ont pas voté Russie unie (49,7%), ont voté communiste (KPRF : 19,15%), Russie Juste (parti proche de Russie Unie : 13,16%) ou pour les ultra-nationalistes de Vladimir Jirinowski (LDPR : 11,7%). Au total, plus de 90% du corps électoral russe rejette l’influence occidentale.

La Russie semble définitivement guérie de son engouement pour le modèle occidental du début des années 90. Le modèle consumériste, si visible à Moscou, n’est pas venu à bout à bout de l’âme russe. Les trois millions de fidèles qui ont défilé devant la ceinture de la Vierge dans toute la Russie, attendant pendant des heures, la nuit et dans le froid sont là pour en témoigner. Les Russes, soutenus en cela par leurs élites reconstruisent leur identité autour du christianisme, ce qui est également une rupture nette avec l’Occident ou la laïcité militante est devenue religion d’État.

Absence de partis pro-occidentaux à la Douma, reconstruction de l’identité russe autour du christianisme, piété populaire, refus de l’affrontement civilisationnel, interdiction du prosélytisme homosexuel, c’est le modèle européiste au complet qui est rejeté par le peuple russe et ses élites dirigeantes. Paradoxalement, c’est un modèle de développement qui pourrait inspirer les sociétés européennes enfoncées dans une crise autant économique que morale.

Xavier Moreau

2 commentaires sur "Les élections russes ou le rejet de l’Occident"

  1.  
    carrelli 5 décembre 2011 à 5:00 · Répondre

    Excellent article qui reflète ce que beaucoup de responsables de cabinets d’intelligence économique et de sécurité avaient prévu.
    Pour mieux comprendre les enjeux stratégiques qui sont en train de se mettre en place je conseillerais pour ma part l’essai “détonnant” d’Alain Soral “Comprendre l’empire”, un fois lu vous comprendrez tout de l’origine de la crise et de ses conséquences géo-stratégiques demain….

  2.  
    MBM 5 décembre 2011 à 5:59 · Répondre

    Je partage la clairvoyance de votre analyse. C’était assurément mon avis ce matin lorsque j’ai découvert les résultats. Vous m’avez pris de court dans la rédaction, mais vous êtes mieux placé et avez le fuseau horaire à votre avantage, hé hé. Si j’ai bon souvenir, déjà en 2008, on signalait la présence d’une armada de 40000 ONG sur le territoire russe. Et malgré cela… Moscou devient progressivement le phare de la démocratie moderne (inédite), car la démocratie séculière de marché a vécu (que son âme reste au purgatoire pour l’éternité), plus beaucoup d’Européens la partagent en ces temps troublés. Une nouvelle forme de société prend corps à son rythme en Eurosibérie, qui sera l’attrait de l’Eurasie voire un pôle d’attraction pour l’Amérique du Sud et l’Afrique. Il est dans l’intérêt de l’UE qu’elle ne s’atermoie plus indéfiniment dans son choix de destin car son utopie d’Empire mercantile assujetti aux aléas des marchés débridés prend l’eau avant même de le mettre bas, comme l’intégration centralisatrice des régions fédérées (qui ne dit pas encore son nom) est invivable puisque d’emblée insuffisamment préparée. L’Europe sera prochainement contrainte de regarder vers l’Est; j’espère qu’elle saura faire le juste choix, orienter son regard sous le bon angle d’ouverture entre cette nouvelle démocratie slave très prometteuse et le totalitarisme économique chinois qui pourrait connaître de sérieux remous sociétaux de par son imbrication économique devenue trop intime avec l’Occident américain. De plus en plus d’Européens se tournent vers la Russie en tant qu’individus; l’apprentissage de la langue russe qui explose d’année en année l’atteste. Un tel engouement des occidentaux pour la Russie (même au sein de l’empire US), verra sans doute, dans le futur, la solidarité entre toutes ces individualités se muer en groupes d’intérêt d’influence médiatique puis en formations politiques pour présenter intra-muros, à la majorité, ce choix stabilisateur et honorable.

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