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06/12/2011

La crise impose l'humilité à l'UE qui ravale son arrogance sur le dossier South Stream et pourrait accepter les conditions de Gazprom.

South Stream de plus en plus proche de l'Europe

5.12.2011, 17:38

© Фото: en.wikipedia.org/Samuel Bailey/cc-by
 
     
Le soutien du projet énergétique qui passe par le sud marque un premier pas pour son approbation par Bruxelles dans une Europe divisée par la crise.

La Bulgarie a proclamé le gazoduc South Stream, dont un tronçon passera par son territoire, un projet d'importance nationale. Cela signifie que toutes les formalités juridiques, administratives et fiscales seront simplifiées au maximum et que Gazprom pourra bénéficier d'un soutien garanti des autorités bulgares. L'Union européenne envisagerait, par ailleurs, de donner à South Stream un statut particulier, selon le Commissaire européen à l'Energie Günther Oettinger.

«A l'heure actuelle le but poursuivi par tous les Etats membres de l'Union européenne, c'est d'attirer les investissements», explique Sergueï Pikine, le président du Fonds de développement énergétique. «La Bulgarie se rend bien compte de ce que l'argent qui viendra dans la région avec South Stream, est important, il s'agit de plusieurs milliards d'euros. Les pays européens ont donc intéressés à coopérer avec les investisseurs et attirer de nouveaux investissements. Les relations avec Gazprom sont désormais différentes, le ton a bien changé. Si auparavant l'Europe pouvait se montrer très ferme et se permettre de choisir ses investisseurs, aujourd'hui, avec la crise, la position que prennent les autorités publiques, est moins ferme».

Une condition

Toutefois, il y a un «mais»: le projet South Stream fera partie du troisième paquet énergétique. Selon ce projet, un pipeline peut être utilisé par des tiers, alors que le transport du pétrole ou du gaz ne peut être effectué que par le vendeur. Gazprom proteste contre ces dispositions européennes clairement désavantageuses pour le groupe russe. Encore hier Bruxelles ne voulait même pas parler d'un compromis. Aujourd'hui le Commissaire européen à l'Energie Günther Oettinger n'exclut pas que South Stream puisse avoir des privilèges. Pourquoi donc ce revirement?

«La Commission européenne voit d'un bon œil le succès avec lequel a été mis en service Nord Stream et la politique équilibrée des autorités russes», affirme le président de l'Union gazière russe Sergueï Tchijov. «Les pays partenaires de Gazprom sont intéressés à ce que South Stream soit mis en service le plus rapidement possible. Cela témoigne de ce que l'Europe est aujourd'hui non seulement en proie de la crise, mais qu'elle est divisée»

Les projets parallèles en difficulté

Les experts notent que les autorités européennes sont contraintes de faire des concessions. Des projets parallèles à ceux de Gazprom, comme Trans Adriatic Pipeline (TAP) ou Nabucco, éprouvent des difficultés dans la réalisation. Par ailleurs, le marché des matières premières a traversé pas mal d'épreuves pendant les douze derniers mois, suite aux révolutions arabes et à la guerre en Libye. Dans ces conditions Gazprom s'est montré en fournisseur fiable ce qui prime, aux yeux des consommateurs et gros joueurs économiques, sur les enjeux politiques de Bruxelles autour du troisième paquet énergétique.

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