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10/12/2011

Les Baltes sont désillusionnés par la démocratie et l'économie de marché à l'instar des Russes, ils préfèrent un régime autoritaire.

L’ex-URSS et la nostalgie du soviétisme

9 décembre

Il y a vingt ans, l’Union soviétique s’effondrait, faisant naître chez les peuples l’espoir d’accéder un jour prochain à des conditions de vie meilleure, et parmi elles, à la démocratie. Mais aujourd’hui, la désillusion fait rage, si bien que certains en viennent à regretter le temps du soviétisme. S’ils ont volontiers embrassé certaines caractéristiques de la démocratie dont ils prévoient de perpétuer le développement à l’instar de la liberté de la presse, d’un système judiciaire juste, de la tenue d’élections démocratiques, ou encore de la liberté de religion et de parole, les changements démocratiques et économiques n’ont pas obtenu la popularité escomptée.

Le Pew Research Center (PRC) vient de publier une étude qui reprend des sondages effectués en 1991 auprès des populations du bloc soviétique à l’approche de sa dissolution et les compare à des résultats obtenus aujourd’hui. Il apparaît que dans certains pays de l’ex-URSS, le désenchantement des populations est aussi intense que leurs espoirs d’il y a vingt ans. Parmi ceux-ci, la Russie, l’Ukraine et la Lituanie, sur lesquels le PRC a basé son étude.
La moitié des Russes avoue ressentir un sentiment de nostalgie vis-à-vis du soviétisme. Et pourtant, à en croire les résultats de l’enquête menée par le PRC, le plus grand déçu du pluripartisme serait l’Ukraine, dont la population approuvait en 1991 à 72% l’instauration, mais qui ne répond plus aujourd’hui aux attentes que de 35% de la population, ce qui représente une baisse de 37 points en vingt ans. Pour ce qui est de l’ouverture vers l’économie de marché, la Lituanie semble être le pays le plus désabusé, perdant 31 points d’approbation, pour passer de 76% en 1991 à seulement 45% en 2011. Il importe de noter que si la Lituanie et la Russie demeurent à très faible majorité favorables aux élections pluripartites (respectivement 50% et 52%), plus aucun des trois pays de l’étude ne conserve un regard bienveillant sur l’ouverture à l’économie de marché.
La disparité des niveaux de vie entre l’élite et la population a fini d’enrayer l’élan de volonté de modernisation en marche dans l’ex-URSS depuis 1991 ; l’Ukraine considère que les changements ont bénéficié à 95% aux politiciens et à 76% aux hommes d’affaires, contre seulement 11% pour le peuple. Sentiment partagé par ses deux voisins.

Aujourd’hui, deux tiers des Russes et des Ukrainiens avouent préférer à la démocratie des régimes autoritaires, tandis qu’ils y étaient en majorité favorables il y a vingt ans (à 57% pour l’Ukraine et 51% pour la Russie). La Lituanie, qui se présentait comme la plus désireuse de voir un régime démocratique s’instaurer dans son pays, a connu la même désillusion : la large majorité de 79% des sondés qui y était favorable en 1991 s’est affaiblie, pour ne plus atteindre aujourd’hui que 52%.

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