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16/12/2011

Plaidoyer pour la liberté. Celle de vivre selon ses normes régionales ou nationales dans une économie à dimension humaine.

Vendredi 16 Décembre 2011

 "Je préfère une France isolée plutôt qu’elle participe à un suicide collectif"

 
 
 
« Le piège », par Jimmy Goldsmith, Entretiens Avec Yves Messarovitch - Editions Fixot, 1994, Editions Pocket, 1995
 
NOTES & EXTRAITS DE LECTURE n°2 : "LES PIEGES DU LIBRE-ECHANGE" 
Le concept de libre échange mondialiste est une sorte de dogme moral. Le GATT [aujourd'hui l’OMC, ndlr] et la pensée sur laquelle elle repose sont viciées. Il appauvrit et déstabilise le monde industrialisé et ravage cruellement le tiers monde. 

C'est une théorie qui se fonde sur l’œuvre de Ricardo (début XIXème) : 
  • la spécialisation internationale ;
  • loi des avantages comparatifs.
Chaque nation devait se spécialiser dans les activités où elle excelle et détient un avantage relatif. Donc fournit les autres et importe tout ce qu’elle ne produit plus. Echanges internationaux gonfleraient, puis accroissement de la production, apportant à tous la prospérité.  
= Idées fausses qui ont des conséquences tragiques, car : 
  1. Des pays ont surgi où les conditions de travail et les coûts de main d’œuvre sont une fraction des nôtres. Il faut s'attendre à une disparité de très longue durée vu la croissance démographique de ces pays ;
  2. Le transfert de technologie et de capitaux est aujourd’hui instantané.
  3. Lorsqu’on se spécialise, on abandonne certains secteurs, on se concentre là où l’on a un avantage comparatif. Or vu la disparité, on ne peut se concentrer que sur les activités demandant peu de main d’œuvre pour avoir un avantage comparatif. Donc c'est le développement d’entreprises toujours plus grandes, la mort des PME et le chômage chronique. Mais les plus grandes en période de croissance réduisent leurs effectifs.
  
Nous exportons des produits qui ne contiennent que peu de main d’œuvre (gros groupes très automatisés) pour importer des produits en contenant beaucoup (de régions où elle est bon marché, où on a délocalisé) : en terme d’argent l’échange est équilibré, en terme de main d’œuvre pas du tout et on installe chez nous un chômage chronique avec ses conséquences sociales. 

Certes, les métiers de service peuvent engendrer des emplois. Mais attention, l’emploi passe du secteur productif (agriculture, sidérurgie) au secteur dépensier (santé publique). Une économie saine doit pouvoir produire une partie importante de ses besoins. Elle ne doit pas simplement importer les produits dont elle a besoin et employer sa population à fournir des services qu’elle ne peut pas payer. Et puis aujourd’hui, les services productifs délocalisent. 
  
Quand un pays a contrôlé sa croissance démographique, assuré à ses travailleurs une protection sociale, de hauts salaires, un temps de travail raisonnable, doit il permettre que ces avantages soient rabaissés à la moyenne mondiale par la concurrence ? C'est le règle du nivellement par le bas : appauvrissement des travailleurs du Nord, maintien de ceux du Sud au même niveau de vie. 

« On fait subventionner les riches des pays pauvres par les pauvres des pays riches » , citant Allan Walters, ancien conseiller économique de Thatcher 
  
Prenons l'exemple de l’agriculture. 
  
Il y a une concurrence entre monoculture industrialisée, utilisant méthodes chimiques, pharmaceutiques et biotechniques des systèmes intensifs appuyée par des subventions, et une agriculture traditionnelle. Il existe un avantage à court terme de la première qui est subventionnée, entraînant la disparition des communautés où prédominaient les petites et moyennes exploitations familiales, populations déracinées et jetées dans les villes. Au Viêt-Nam : 67 millions d’hab dont 78% de paysans : on les arracherait à la terre pour les jeter dans les bidonvilles, désastre plus profond que les horreurs du communisme et de la guerre. Au plan mondial : 3,1 milliards de ruraux. Si on en réduit le nombre à proportion du Canada ou Australie (pays neufs) par exemple, exode rural de plus de 2 milliards de personnes. Ces « réfugiés du GATT » sacrifiés sur une perversion de la productivité et du libre échange. 
  
Les pays neufs n’ont pas compris que leurs structures sociales (constituées par l’immigration) n’a rien à voir avec celle des nations anciennes. 
  
Avantage pour les consommateurs européens ? Non, car ils paient plus d’impôts et de charge face au chômage qui s’installe. Et pense-t-on aux coûts de la misère et de la déstabilisation sociale ? 
  
Il faut des marchés libres pour garantir des prix bas, l’innovation, et le choix. Des marchés sains où il n’y a ni cartel ni entente. 

Quelques idées forces : 

- Ne pas se laisser impressionner par les menaces américaines : leur balance commerciale avec l’Europe est ultra déficitaire. 
- La croissance économique n’a de valeur que si elle augmente le contentement de nos populations et leur stabilité. 
- Non à la spécialisation (sous emploi chronique, faux remèdes tel que partage du travail), oui à une économie diversifiée. Nous avons besoin d’une société riche d’une multitude d’artisanats, de PME couvrant un large spectre d’activités. 
- Il faut la subsidiarité dans le domaine économique et social aussi : centraliser que ce qui ne peut être mené à bien sur une base décentralisée, pour une société fondée sur le développement local et non la concentration urbaine. 
- Rejeter le GATT [l'OMC] et protéger l’Europe.  

"Je préfère une France isolée plutôt qu’elle participe à un suicide collectif." 
  
Pourquoi près de deux siècles après la révolution industrielle, le nombre de personnes vivant dans la misère, matérielle et sociale, tant dans les pays industrialisés que le tiers monde, a-t-il explosé ? En 1800, 7 millions de personnes dans les taudis urbains, aujourd’hui 575 millions. Les bidonvilles se sont développés seize fois plus que l’ensemble de la population. Ce fut une une période de croissance économique et d’innovation technologique mais aussi paradoxalement de misère la plus importante qu’ait connu l’humanité. 
  

"LE MOMENT DE VERITE" 
  
Maastricht a détruit la souveraineté nationale en transférant un pouvoir dominant à la bureaucratie bruxelloise. Le libre-échangisme mondial, via l’OMC, expose nos économies à une concurrence impossible avec des pays à bas salaire. Le traité de Schengen nous interdit de protéger nos propres frontières alors que nous allons subir de tragiques mouvements migratoires. Bruxelles nous impose une transformation totale de notre société sans débat et en général sans vote national. 
  
La population rurale est estimée à 3,1 milliards. Si l’OMC réalise ses objectifs, 2 milliards de personnes seront transformées en réfugiées. Sacrifiées de l’agriculture sur l’autel du libre-échange. 
   
Libre-échangisme mondial permet aux entreprises des pays industrialisés de délocaliser leurs activités vers pays où la main d’œuvre coûte jusqu’à vingt fois moins cher que chez nous ; la technologie et les capitaux nécessaires peuvent être transférés aussi instantanément. Voici une vaste population sous-employée et en croissance démographique en concurrence directe avec notre population active. D'où une pression puissante sur nos salaires et un chômage croissant. On délocalise même les services : banques, assurances, compagnies aériennes, centres d’appel. En louant un espace sur un satellite de communication, on peut maintenir un contact constant et l’employeur verra la paie de l’employé réduite de 90%. 
  
Les PME, artisans, paysans ne peuvent pas délocaliser. Pour les grandes entreprises manufacturières – tuyauterie, literie, textile etc – le coût de l’emploi représente 30% du C.A. Une entreprise qui fait 1 milliard d’euros de C.A paie 300 millions d’euros à ses salariés. Face à la concurrence de produits importés coûtant moins chers, la difficulté d’équilibrer ses comptes est évidente. On ne délocalise en ne maintenant en France que le siège social et une équipe marketing permettant une baisse du coût de l’emploi de 200 millions. Les bénéfices font alors un bon en avant. La logique est bien connue. 
  
Henry Ford voulait payer cher ses employés pour qu’ils deviennent ses clients et achètent ses voitures. Avec le libre-échangisme, c’est inversé : on est fier de payer des salaires bas. 

Aristote nous a rappelé que la mesure de l’art médical est la santé et la mesure de l’économie est la prospérité. 
  
Nous avons besoin de restaurer le principe de préférence communautaire pour mettre l’économie à l’abri d’un libre-échangisme mondialiste qui la détruit, et utiliser cette protection pour que par l’effet d’uneconcurrence intra-européenne vigoureuse, [l'essai est publié dix ans avant l'élargissement de 2004, ndlr] l’industrie française puisse se revitaliser. 

"LA RAISON" 

Le libre-échangisme global fait peser d'autres lourdes menaces : eaux douces et salées empoisonnées, terres dégradées, air dangereux à respirer, couche d’ozone et nous sommes sous le menace de quarante Tchernobyl en Europe de l’Est et Russie. 

La culture de l’homme occidental moderne a pour prémisse la croyance en un Dieu unique qui a fait l’homme à son image et donc que l’homme seul personnifie Dieu sur Terre. Les peuples primitifs avaient une approche de la nature pleine de respect et de vénération. Pas de relation d’exploitant à exploité mais d’harmonie. Bouddhistes et hindouistes pensent que nos problèmes viennent de la dichotomie entre homme et nature. 

Descartes disait que les hommes sont « maîtres et possesseurs de la nature » et Bacon que la Science était libérée de la morale. 

Les nations ayant un PNB élevé s'appuient sur une mesure trompeuse, s’imaginent une supériorité spirituelle et une plus grande sagesse. L’impérialisme culturel est plus profondément nuisible que l’expansion territoriale. 
  
Le « nouvel ordre mondial » aurait dû adopter pour objectif un monde qui permette aux nations de vivre conformément à leurs religions, leurs traditions, leurs besoins, leurs aspirations propres, libres de toute intervention impérialiste culturelle ou territoriale. Il faut interdire à toute nation d’imposer aux autres ses conceptions politiques, sociales ou morales. Occupons nous de nos plaies sociales avant de clamer notre supériorité. 
  
Il faut « abandonner la conviction arrogante que le monde n’est qu’un puzzle à assembler » disait Vaclav Havel. Les Libéraux doivent intégrer les impératifs de la restauration de la stabilité dans les sociétés humaines ainsi que dans la biosphère. Sinon ils seront rejetés comme les marxistes l'ont été à juste titre. 
  
Comment imposer une discipline à ces demi-dieux modernes que sont la science et l’économie ? En acceptant qu’il existe quelque chose de plus important : le sacré. Toutes les sociétés humaines ont besoin d’un engagement spirituel. 
  
Pensons à l'histoire de la Genèse. L'Arche de Noé exprime la volonté divine de préserver la diversité,l'alliance avec « tous les animaux de la terre » et le caractère sacré de toute vie. L’Homme a reçu de Dieu la tâche d’être le gardien de la Terre, d'où l'allégorie du jardin d’Eden pour l’entretenir. Or, les sociétés technologiques ont jusqu’à présent exploité la terre. Saint-François d’Assise expliquait que la nature en son entier est le reflet de Dieu et toutes les créatures, le vent, le soleil, le feu, l’eau, la lune, comme ses « frères » et ses « sœurs » et la Terre comme sa « mère ». Dans la conception chinoise, l'homme a été créé à partir des puces qui étaient sur le corps du premier être, P’an-ku. C'est la position de petite créature parmi les éléments de la nature. Relisons aussi la lettre du chef indien Seattle écrite en 1854 au Président des Etats-Unis : « Nous faisons partie de la terre comme elle fait partie de nous… Sa voracité lui fera dévorer la Terre et il ne laissera derrière lui qu’un désert… Tout ce qu’il fait à cette toile, c’est à lui-même qu’il le fait. » 

Les nations modernes doivent cesser de se croire moralement supérieures parce que technologie avancée. La semence du progrès, c’est que les religions comprennent la communion nécessaire entre l’homme et la nature. 

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V. Notes de lecture n°1 "Repenser l'Europe" : 
http://www.observatoiredeleurope.com/Repenser-l-Europe-se... 
 
 

 

http://www.test-qi.be/#697267

 

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