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22/12/2011

Si votre souhait d'un retour à votre monnaie nationale prenait corps, ne vous attendez pas à la palper! Elle sera virtuelle à partir de 2012.

www.euractiv.comL'UE prévoit d'agir suite à l'engouement de Google et de Visa pour la monétique

Publié 22 décembre 2011
 
 

La Commission européenne suit avec intérêt la bataille entre Google et Visa qui tentent tous deux d'améliorer leur offre en matière de « portefeuilles électroniques ». EurActiv a consulté une ébauche de document portant sur une consultation publique que l'exécutif européen lancera en janvier sur l'Internet et les paiements mobiles.

Les difficultés à contrôler le marché émergent des paiements électroniques ont pris une nouvelle tournure cette année, lorsque Google a lancé en mai son application pour smartphone eWallet , en partenariat avec MasterCard.

Selon Google, cette application est libre et sert de support aux outils de paiement « dans le but de créer des versions virtuelles des cartes en plastique qui existent aujourd'hui ». Pour l'instant, ce service n'est disponible que pour un nombre limité de smartphones qui utilisent la plateforme Android.

La société Visa a réagi en affirmant qu'elle mettait elle aussi au point un service de ce type.

« Les enjeux sont de taille, bien évidemment », a écrit Jim McCarthy, le directeur produits mondiaux chez Visa, sur le blog officiel de l'entreprise. « La technologie mobile transformera le mode de paiement des biens et des services à l'avenir. »

Visa assure qu'elle dispose déjà dune « solution complète et internationale » qui permettra aux consommateurs d'effectuer des transactions « n'importe où, n'importe quand » en utilisant une carte, un ordinateur ou un téléphone portable.

Le service de « portefeuille électronique » de l'entreprise, lancé cet automne aux Etats-Unis et au Canada, propose une gamme de solutions de paiement numérique, développées en partie par Visa.

« Nous nous engageons à proposer différentes options aux consommateurs en leur permettant d'effectuer des paiements mobiles avec l'appareil portable de leur choix, en utilisant les comptes sécurisés dont ils disposent déjà », a déclaré M. McCarty.

Livre vert de la Commission en janvier

Dans le même temps, la Commission européenne observe la situation avec intérêt et prévoit de lancer une consultation publique (un livre vert) sur les paiements mobiles le 11 janvier.

Le livre vert, intitulé « Towards an integrated European market for card, internet and mobile payments », examinera les nouvelles possibilités offertes par ces technologies en vue de promouvoir l'économie numérique.

« Les moyens de paiement innovants, comme les paiements sur Internet ou les paiements mobiles, représentent un nouveau domaine pour la politique européenne », explique la Commission dans un document indiquant les motivations de son initiative.

Selon les résultats de la consultation publique qui suivra le livre vert, des mesures conséquentes seront examinées en 2013, a déclaré la Commission.

Intégration du marché

Le futur livre vert, consulté par EurActiv, évoque une étude de marché qui suggère qu'entre 2010 et 2012, la valeur de la totalité des paiements mobiles devrait passer de 100 milliards de dollars (76,4 milliards d'euros) à 200 milliards de dollars (152,7 milliards d'euros). Selon d'autres études, la valeur des paiements mobiles dans le monde devrait dépasser les 1000 milliards de dollars (763,3 milliards d'euros) en 2014, dont 350 millions (267,1 millions d'euros) en Europe.

Des millions d'Africains utilisent déjà leurs téléphones portables pour payer leurs factures, transférer de l'argent et acheter des produits de première nécessité, selon un reportage de la BBC. Le Kenya s'avère l'un des meneurs dans ce domaine.

La Commission affirme toutefois que la pénétration des paiements mobiles sur le marché européen reste très limitée en raison de la forte fragmentation du marché de ces paiements.

« Les acteurs clés du marché (les opérateurs de réseau mobile, les fournisseurs de services de paiement et les fabricants de téléphones portables) ne se sont pas encore accordés sur un modèle commercial viable pour permettre des solutions de paiement interopérables », souligne l'ébauche de la Commission.

Le livre vert mentionne une « difficulté de négociation entre les opérateurs de réseau mobile, les fournisseurs de services de paiement traditionnels (les banques) et les « acteurs numériques » comme Google, Apple ou RIM (BlackBerry) », alors que les opérateurs « tentent de garder le contrôle de ce secteur, au moins en termes de gestion de la sécurité pour ce service ».

« Dans tous les cas, il est probable que les acteurs privés qui contrôlent les normes et donc l'interopérabilité prennent le dessus en ce qui concerne la chaîne de paiement : l'appareil en lui-même, la plateforme d'application et la gestion de la sécurité », note la Commission.

« Dans cette situation, le risque de fragmentation par l'adoption de solutions propriétaires est élevé. »

La sécurité en ligne

Le document de consultation de la Commission met également en lumière la question de la sécurité des systèmes de paiement mobiles ou en ligne.

Les informations confidentielles des consommateurs devraient être sécurisées par le système de paiement en termes de traitement et de stockage des données, fait remarquer l'exécutif européen. « Il est essentiel que les mécanismes d'authentification pour les transactions se plient à cette règle et que le nombre de parties ayant accès à ces données d'authentification pendant ou après la transaction soit réduit au minimum », peut-on lire dans le document.

L'organisation de défense des consommateurs européens, le BEUC, a mis en garde contre le vol de données et la fraude en ligne qui peuvent survenir lorsque des paiements mobiles sont effectués. Mais l'organisation considère toutefois l'innovation comme un moyen de renforcer la concurrence sur le marché des paiements, actuellement dominé par Visa et MasterCard.

« Le BEUC considère que la domination des banques sur le marché des paiements, très rentable pour le secteur bancaire, représente un obstacle pour les nouveaux entrants et l'innovation. Cette question devrait donc être abordée par les décideurs politiques de l'UE s'ils souhaitent réellement voir de nouveaux services de paiement émerger. »

Réactions :

L'organisation des consommateurs européens, le BEUC, a prévenu que l'arrivée de ces systèmes de payement électroniques poserait de nouveaux défis et offrirait de nouvelles opportunités pour les consommateurs, deux aspects que la Commission devrait évoquer dans son futur livre vert.

« Notre position générale concernant l'ensemble des méthodes de paiement d'achats est qu'elles doivent être pratiques, sécurisées, peu coûteuses et transparentes, sans aucune retombée négative sur la protection des données personnelles », a déclaré Johannes Kleis, le directeur de la communication du BEUC.

En outre, l'évolution vers une société sans espèces pourrait entraîner de nouveaux problèmes comme la réduction du nombre de distributeurs et l'augmentation des coûts de l'accès aux espèces. Enfin, il a ajouté que la transition vers les systèmes de paiements en ligne pourrait également accentuer l'exclusion financière dans la mesure ou tous les consommateurs ne disposent pas forcément de smartphones ou d'ordinateurs.

14:14 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : www.euractiv.com

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