Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/12/2011

J.H. d'Avirac propose une alternative politique à l'UE (Fédération des Régions et minorités): la Confédération des Euronations.

Le : 22 Décembre 2011

Fenêtre de tir : Pour une Confédération

des Euronations

 

Face à la crise économique et à la dislocation géopolitique en cours telle que décrite dans la toute dernière livraison des Laboratoires Européens d’Anticipation Politique (LEAP), le mythe d’une « union nationale des partis de gouvernement » revient en force. A contre courant, les quelques lignes qui suivent identifient une fenêtre de tir pour une « synthèse euro-nationale » associant souverainistes et euro-protectionnistes qui de droite ou de gauche refusent les diktats de la mondialisation.

La politique de la rustine

L’implosion systémique se confirme de jour en jour. Son épicentre, le monde anglo-saxon, multiplie les rideaux de fumée pour détourner l’attention et retarder artificiellement le désastre qui s’annonce sur ses terres et qui impacte et impactera inévitablement les nôtres. De son côté, l’Euroland, fragile dans sa « gouvernance » reparle de toute part d’ « union nationale », mais bien entendu sans les peuples, pratique courante depuis l’avènement de cette authentique dictature financière planétaire. Ce front commun à la botte du marché n’est certainement pas celui dont nous avons besoin. En réalité, centre droit et centre gauche partagent globalement ce même attachement flasque et donc anachronique à la politique de la rustine et du compromis. Ces experts en « sommets européens (bimestriels) de la dernière chance » seraient bien inspirés de remettre le « demos » au centre avant que le démon de la finance qui n’a de considération que pour la puissance politique, la vraie, ne les dévore tout cru.

Nouvelles convergences ?

L’histoire frappe à la porte de façon inattendue… elle révèle dans l’adversité des identités et des convergences.

Les souverainistes de droite ou de gauche soucieux de préserver l’essentiel et exprimant leur attachement viscéral à une terre et à un peuple forcent notre respect. Tout aussi respectables sont ces européistes antimondialistes très curieusement pour les mêmes raisons. Ils nous parlent d’euro-protectionnisme, de démondialisation et se souviennent qu’avant d’être une terre de division, l’Europe est une civilisation. Et voilà qu’il nous prend sans doute naïvement l’envie de hurler : « régionalistes, souverainistes nationaux et euro-protectionnistes de tout poil retrouvez-vous ! Et devenez des acteurs d’un projet confédéral en refusant de réduire la vie d’un peuple à celle d’un compte d’exploitation. » !!

Ni angélisme ni business angels

L’Europe est faite d’Histoire, de sang, de terre et de culture, la réduire à l’Euro ou réduire la construction européenne à la BCE ne peut être un réflexe « patriote ». L’eurosceptique radical rejoint en cela, contre toute attente, le marchand mondialisé prétendument euro-fédéraliste.

Ce vieux fantasme d’après-guerre envisageant une union des pays d’Europe à partir d’un marché commun perdure. Etrange monde en effet que celui qui s’évertue à faire passer les fiancés devant le notaire et le banquier avant le maire, le curé ou la chambre à coucher. Mais au-delà des intérêts économiques qui par essence divisent ou renforcent l’individualisme, l’Euro, aujourd’hui dans l’œil du cyclone, peut-être même déjà à terre, prend désormais une valeur hautement symbolique… celle d’un étendard qui pourrait braver les marchés (contre toute attente le dollar ne s’est-il pas déprécié en 2011 par rapport à l’Euro et cela malgré la crise de l’Euroland ?). Un étendard qui fait ressurgir les véritables alliances (lors du dernier sommet européen Mr Cameron a rejoint tout naturellement le fast-food vermoulu anglo-saxon et sa mafieuse City sans parvenir à entraîner avec lui ses vieux alliés). Un étendard qui pourrait fédérer et dynamiser à nouveau les pays fondateurs de l’Union potentiellement aux commandes d’un véritable projet européen.

Dans sa dernière livraison du 15 décembre, le LEAP fait montre d’un optimisme surprenant sur la poursuite de l’intégration de l’Euroland et l’accélération de la dislocation anglo-saxonne. On le jugerait volontiers fantaisiste s’il n’avait pas prévu et décortiqué depuis 2006 quasiment au jour près les tsunamis successifs qui se sont abattus sur l’économie mondiale. Il est vrai que l’on a spontanément du mal à détecter un souffle historique dans l’improbable choucroute bling-bling Sarko-Merkel. Pourtant sans le vouloir vraiment et à marche forcée, ces « idiots utiles » fabriquent peut-être à leur insu de l’Histoire. Le LEAP considère que le chemin sur lequel nous sommes est long, complexe et chaotique, mais renforce notre continent et va placer l’Euroland au cœur du monde « d’après la crise ».

Faisons en sorte que notre Europe ne soit pas le terrain de jeu de la finance internationale, ni la terre de prédilection d’un certain angélisme. Evacuer l’esprit bourgeois et usurier ne signifie pas pour autant en finir avec l’économie, l’une des trois fonctions vitales et primordiales de notre civilisation. Il nous faudra même nous souvenir qu’à la base de concrétisation politique d’inspiration confédérale se sont souvent cristalliser des intérêts d’ordres sociaux-économiques.

1291 : Naissance d’une Euronation

Durant ces dernières années, la Suisse a multiplié les référendums d’initiative populaire sur la question européenne. Il arrive que les questions soient mal posées. En effet, la question clé est bien de savoir si l’Europe doit adhérer ou non à la Suisse ou plus exactement à son modèle confédéral et non l’inverse ! Une boutade ? Pas vraiment. Une confédération à la différence d’une fédération, rappelons-le aux euros-sceptiques les plus radicaux, est une union d’états indépendants, souverains, mais acceptant de partager sur tous les fronts du vivant une histoire commune en délégant certaines compétences à des organes communs respectueux des identités.

Depuis 1291, nos voisins helvètes partagent un destin commun, se respectent mutuellement entre cantons, politiquement, linguistiquement… Au 13e siècle, des hommes libres des vallées d’Uri, Schwytz et Unterwald trouvèrent leur motivation première à ce pacte d’alliance dans la nécessité « d’aide mutuelle », de protection politique, économique et juridique. La « Landsgemeinde », grande réunion communautaire à vocation sociale et économique, puis progressivement politique illustre remarquablement cette synthèse confédérale qui, au-delà de son creuset identitaire et de ses mythes fondateurs, peut très bien se nourrir de la « nécessité matérielle »pour évoluer vers un projet commun et durable.

Appartenir à sa terre dans une confédération respectueuse des identités ou dépendre d’un système matérialiste à prétention universelle et totalitaire… L’Européen doit choisir. Il y a urgence à ce qu’il trouve, tel Guillaume Tell, une fenêtre de tir pour retrouver le chemin de la puissance et réaliser enfin une Confédération des Euronations.

J.H.d’Avirac
17/12/2011

Correspondance Polémia – 22/12/2011

Image : Guillaume Tell

 

J.H. d'Avirac

Les commentaires sont fermés.