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11/01/2012

Un peu d'histoire pour compenser celle absente dans les cours en France. Jeu des 7 erreurs : Pierre 1er le Grand et Poutine.

Pierre 1er le Grand (1672 - 1725)
Un géant visionnaire

D'une taille hors du commun (2,04 mètres) et d'une énergie à toute épreuve, Pierre le Grand est le quatrième souverain de la dynastie des Romanov et sans doute le plus grand (dans tous les sens du terme).

Sans ménagement, avec brutalité et à coup d'oukazes (décrets), il tente de faire entrer son pays dans la modernité et de le raccrocher à l'Occident européen.

Une succession trouble

Le 7 mai 1682 meurt le tsar Fédor III (ou Théodore III), fils d'Alexis 1er et petit-fils de Michel Romanov.

Son frère cadet est proclamé tsar de Moscovie sous le nom d'Ivan V. Mais comme il est simple d'esprit, aveugle et muet, il partage le trône avec son demi-frère Pierre (10 ans), né de Natalia Narychkina.

Sophie, sœur d'Ivan V, s'attribue la régence avec le soutien des régiments de la garde du prince Khawanyky, les redoutables«streltsi».

Abandonné à lui-même, le jeune Pierre grandit à l'écart, sous la houlette d'un précepteur allemand. Il fréquente assidûment les étrangers qui résident à Moscou et s'initie auprès d'eux aux sciences et aux techniques modernes.

En août 1689, Sophie se voit forcée de lâcher le pouvoir et celui-ci est repris par Natalia, mère de Pierre, jusqu'à sa mort, en 1694. Enfin, à la mort d'Ivan V, en janvier 1696, Pierre 1er peut se présenter comme le seul maître de toutes les Russies. Il a 24 ans.

Le grand large

Sans attendre, en juillet 1696, Pierre enlève aux Turcs ottomans la cidadelle d'Azov, avec l'aide de techniciens européens. Ainsi donne-t-il aux Russes un accès à la mer Noire. C'est une première fenêtre sur l'Occident.

Après ce premier succès, le tsar désire compléter sa formation. Il part incognito en mars 1697 pour une «Grande Ambassade» de 18 mois et se rend aux Provinces-Unies, à Venise et en Angleterre. Il apprend le métier de charpentier naval à Amsterdam et recrute 500 marins hollandais.

Obligé d'interrompre son périple en raison d'une révolte des «streltsi», il réprime celle-ci et ne perd pas de temps.

Par un oukaze en date du 5 septembre 1698, il ordonne aux courtisans de se raser la barbe comme lui et de se vêtir à l'occidentale et non plus à la façon byzantine ou tartare. Les popes(prêtres) et les moujiks (paysans) sont toutefois dispensés de ces mesures. Puis il légalise l'usage du tabac et impose le calendrier occidental.

La Russie devient une puissance européenne

En 1699, il fonde une imprimerie et crée à Moscou une école d'artillerie. Il constitue une marine et une armée sur le modèle allemand et déclenche une guerre contre laSuède, qui domine la mer Baltique, en s'alliant avec le Danemark et la Pologne.

Prématurée, cette «deuxième guerre du Nord» se solde par une sévère défaite à Narva, le 20 novembre 1700, face aux Suédois de Charles XII.

Pierre 1er ne se décourage pas pour autant... Profitant d'un répit sur le front extérieur, il décide de déporter sa capitale à l'embouchure de la Neva, sur la mer Baltique, au plus près de l'Occident tant admiré. Ce sera Saint-Pétersbourg.

Dans le même temps, il instaure la conscription en astreignant un paysan sur 75 à servir dans l'armée pendant 25 ans ! C'est ainsi que le 8 juillet 1709, il peut enfin prendre une revanche sur Charles XII en le défaisant à Poltava. Cette victoire est payée au prix fort par les paysans russes car Pierre 1er pratique devant son adversaire la tactique de la «terre brûlée», comme après lui Alexandre 1er face à Napoléon et Staline face à Hitler.

Ce succès sur le front balte est gâché par une sévère défaite face aux Turcs qui reprennent Azov.

Une brute inflexible

Le tsar se montre aussi actif en politique intérieure qu'à la guerre. En 1717, il effectue un voyage officiel en France et visite à cette occasion la bibliothèque Mazarine, la Sorbonne et encore l'Académie française.

De retour à Saint-Pétersbourg, il s'attache à développer l'enseignement supérieur. Il centralise l'administration et en 1722, promulgue la Table des rangs, qui met en forme les obligations des nobles. En échange de privilèges accrus, ces derniers sont désormais astreints au service de l'État selon une hiérarchie très codifiée.

Mais Pierre 1er brouille son image de souverain moderniste par sa brutalité. Celle-ci s'exerce sur ses opposants, comme les streltsi, mais aussi contre son propre fils aîné, Alexis, mis à mort en 1718 parce qu'il anime le clan conservateur.

C'est que les réformes autoritaires et quelque peu brouillonnes de Pierre le Grand dressent contre lui un large front d'opposants, des religieux aux conservateurs. Ces réformes témoignent d'un succès très relatif tant elles sont pétries de contradictions.

Ainsi le tsar incite-t-il les possédants à investir dans l'agriculture et l'industrie tout en développant le servage chez les paysans et les ouvriers. Il veut produire des élites mais dédaigne l'enseignement primaire et prive de ce fait les enfants doués des classes populaires de toute chance d'ascension sociale.

La démarche de Pierre 1er sera reprise avec plus ou moins de bonheur dans les siècles suivants par de nombreux tyrans modernisateurs, tant en Russie (Staline) que dans les pays émergents (Iran, Turquie, Brésil, Espagne, Italie...).

09:14 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : www.herodote.net

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