31/01/2012

Les médias déchaînés contre la Hongrie pour des raisons d'avènement de l'Homme Nouveau, sans racines, sans spiritualité, sans histoire.

Le : 30 Janvier 2012

Union européenne : la Hongrie au banc des accusés 

Toute l'après-midi du 18 janvier 2012, la Hongrie a été en accusation au Parlement européen, nouveau juge du Bien et du Mal dans l'Union européenne.

Elle a en effet adopté une Constitution et plusieurs lois « cardinales » (on dirait chez nous « lois organiques ») dans lesquelles, paraît-il, toutes les « valeurs » de l'Europe sont violées.

Quelles valeurs ?

Il paraît qu'il y a une référence à Dieu. Cela se trouve dans au moins un tiers des Constitutions du monde. Il est vrai que la Constitution commence par l'ancien adage « Dieu bénisse les Hongrois » et qu'elle fait remonter l'origine de la nation hongroise au baptême du roi saint Etienne en l'an mil. Quelle horreur pour nos Eurocrates de tous bords ! Ils ne sont pas choqués par les « God bless America » qui sont l'ordinaire ponctuation des discours politiques américains. Ni par l'inscription qui figure sur chaque billet de banque aux USA : « In God we trust ». Ni par la devise de S.M. la Reine Elizabeth : « Dieu et mon droit ». Ni par les Constitutions de tous les pays musulmans commençant par « Au nom d'Allah, le tout-puissant, le miséricordieux ». Non. Mais ces pauvres Magyars ! « Cachez, cachez ce Dieu que nous ne saurions voir », leur crie-t-on de partout, en feignant de voir dans ces quelques phrases la marque d'une intolérance inacceptable à l'égard d'abord des autres religions. Sauf que la Constitution hongroise dit explicitement (dans son préambule) qu'elle reconnaît aussi les valeurs de celles-ci. J'attends avec intérêt que la Constitution d'un Etat musulman nous dise la même chose : « L'Etat reconnaît la valeur des religions autres que l'islam. » Voilà un vaste champ d'actions pour nos professeurs de démocratie…

Il paraît aussi qu'on y met à mal l'autonomie octroyée par les Traités européens aux Banques centrales. Il paraît encore qu'on y garantit la protection de la vie innocente dès la conception. C'est si conforme aux valeurs de l'Europe que c'était déjà un principe de droit romain : « Infans conceptus pro nato habetur » (l'enfant conçu est tenu pour né). Il paraît enfin qu'on y proclame l'importance de la famille comme résultant – horreur ! – de l'union d'un homme et d'une femme.

Faut il donc en conclure que les nouvelles « valeurs » de l'Europe de Bruxelles sont 1. l'athéisme, 2. l'avortement, 3. l'homosexualité, 4. l'absence de contrôle des banques centrales ? Sans doute… Et nombre de groupes politiques ne se sont pas privés de la proclamer haut et fort.

S'agissant de la Constitution, il faut rappeler que la Hongrie vivait jusque-là sous le régime d'un texte de 1949 – autrement dit d'une Constitution imposée par le communisme, qui s'était emparé par force du pays et y faisait régner la terreur, et qu'elle est le dernier pays de l'ancien bloc de l'Est à avoir réformé sa loi fondamentale. La Constitution communiste ne gênait pas nos « démocrates ».

La Hongrie est aussi sous le feu parce que l'âge de la retraite des juges passe de 70 à 62 ans, ce qui, il est vrai, permettra de renouveler partiellement le personnel judiciaire. Cette disposition est jugée discriminatoire. Discrimination ? Mais si tout le monde est à la retraite au même âge, où est la discrimination ?

On accuse également M. Orban (le premier ministre hongrois) d'avoir, par l'une des « lois cardinales », garanti la stabilité de l'emploi de certains hauts fonctionnaires, quels que soient les changements politiques de gouvernement. Mais dans tout autre pays on se féliciterait de la protection des agents publics contre les abus du système des dépouilles – le « spoil system ».

Le gouvernement français, par la voix d'Alain Juppé, a joint sa voix au concert des pleureuses. Il représente un pays, la France, dans lequel les juges constitutionnels sont nommés – ce que l'on reproche à la Hongrie –, le patron de la télévision publique désigné par le président de la République (gage d'indépendance, sans doute), les candidatures à la présidence de la République filtrées (par les parrainages) et dans lequel les millions d'électeurs nationaux ne disposent pas d'un seul député ou sénateur pour les représenter dans ce que l'on ose appeler la représentation nationale ! Pourrait-on suggérer au gouvernement français de balayer devant sa porte ?

Les reproches pleuvent, parfois parfaitement contradictoires. D'un côté, le gouvernement hongrois manquerait à la laïcité avec sa loi sur les Eglises ; de l'autre, il réduirait injustement la liste des organisations religieuses subventionnées. Il n'y en aurait plus que 14 au lieu de 300. En Hongrie, il suffisait en effet auparavant que cent personnes se disent relever d'un même culte organisé pour prétendre au statut d'Eglise et donc à certains droits spécifiques et subsides. Toutes ces organisations ne sont pas interdites, contrairement à ce qu'on laisse entendre. Elles peuvent redemander le statut d'Eglise si elles remplissent les critères, désormais plus sérieux, prévus par la nouvelle loi. En attendant, elles deviennent de simples associations. Au vu du nombre important d'organisations concernées et de la grande tolérance de la loi précédente, on ne peut s'empêcher de penser qu'on peut trouver parmi elles des cultes fantaisistes voire de véritables sectes. Ce qui donne un aspect à la fois cocasse et inquiétant aux indignations parlementaires. Bref !

On exige de la Hongrie, qui pourtant n'est pas dans l'euro, qu'elle restaure l'indépendance de la Banque centrale ! En réalité : que l'on vienne à une situation dans laquelle le peuple hongrois, à travers le pouvoir politique qu'il a élu, n'aurait plus aucun pouvoir sur sa banque nationale. Et c'est vraiment un spectacle amusant que de voir la gauche et l'extrême gauche, dans une touchante unanimité, se joindre au chœur pour réclamer cette « indépendance », véritable carte blanche donnée aux technocrates et financiers qui les dirigent de faire sans aucun contrôle ce qui leur semble bon. Il est extravagant de dénier aux dirigeants hongrois élus tout droit de regard sur leur monnaie nationale, le florin (ou forint).

Le bal des Tartuffe bat son plein.

Les communistes qui opprimèrent la Hongrie pendant 50 ans prétendent prendre la défense de la démocratie.

Dans son discours, Daniel Cohn-Bendit met en garde contre les dérives à la Castro ou à la Chavez et déclare textuellement que s'il a tort (de penser qu'il y a un problème démocratique en Hongrie), il demandera pardon à M. Orban. Mais Dany, quand je t'ai connu à Nanterre en 1968, toi et les tiens vous étiez tous pour les Castro et les Chavez (l'équivalent de l'époque), pour la victoire des Nord-Vietnamiens et celle des Khmers rouges. Quand donc as-tu demandé pardon ?

Les libéraux belges Verhofstadt et Michel donnent des leçons de démocratie à la Hongrie alors que le premier était premier ministre de la Belgique lorsque le Vlaams Blok, principal parti d'opposition flamand, fut de facto interdit par persécution judiciaire. Le second s'est illustré par la répression contre les nationaux et la promulgation de lois « liberticides » qui ont servi de base à ces procédures. Le culot de ces deux personnages – ou leur inconscience – ne connaît pas de bornes !

J'entends l'ancien maoïste portugais Barroso, aujourd'hui président de la Commission européenne reconverti dans l'ultra-libéralisme, expliquer à quel point c'est respecter la démocratie que mettre sous surveillance l'ensemble des lois d'un Etat membre, y compris sa Constitution, et le sommer de les modifier sous peine de sanctions financières (qui viennent d'être autorisées sous le couvert, il est vrai, de la procédure dite « de déficit excessif »).

Qu'on s'en félicite ou pas, le gouvernement de M. Orban a obtenu 54% des suffrages et puise dans ce résultat sa légitimité. Et les près de 17% obtenus par mes amis du mouvement Jobbik, pourtant dans l'opposition, s'ajoutent à la protestation contre ces ingérences à répétition. Faut-il rappeler qu'il n'y a pas qu'en Hongrie qu'une majorité simple de voix donne une super-majorité au Parlement, grâce à un mode de scrutin inéquitable ? A cette aune, il y a belle lurette que la France aurait dû se retrouver au ban des nations.

Et tout ce dégueulis à prétention universaliste est le fait de forces politiques qui n'ont pas bronché quand le peuple hongrois a été écrasé par les chars soviétiques.

Face à ce tribunal presque entièrement voué à sa condamnation, le Premier Ministre hongrois n'a pas été très combatif. Il a rappelé cependant, sans être contredit, que Bruxelles n'avait pas d'objections sur la Constitution, mais seulement sur deux dispositions transitoires en cours de modification et qu'il acceptait de discuter du reste.

Mais tout cela est de la poudre aux yeux. Le fond du problème, comme l'ont répété à satiété les nombreux orateurs, tient à l'esprit du texte : l'importance donnée aux racines chrétiennes du pays, à l'identité de la Nation, au rôle fondamental de la famille… Suprêmes abominations pour une caste politique qui rêve d'un homme « européen » nouveau sans racines, sans Histoire, sans spiritualité, sans identité autre que l'appartenance à l'espèce humaine ; des individus et groupes interchangeables, mûrs pour le mondialisme matérialiste et mercantile.

Le pire, c'est que visiblement la plupart des intervenants – à l'instar de cette députée communiste qui a fini par l'avouer à la fin du débat –, n'ont pas lu la Constitution hongroise et se sont fondés, pour participer à la curée, sur des commentaires médiatiques généralement partisans. Le texte est pourtant depuis longtemps disponible en anglais sur le site internet de l'Assemblée nationale hongroise, la plupart des lois « cardinales » expliquées et disséquées sur la toile… Mais il est vrai qu'il n'y a pas de procès inique efficace sans ignorance crasse et bêtise haineuse.

Bruno Gollnisch
Billet d’humeur
27/1/2012

Correspondance Polémia – 30/01/2012

Image : Budapest, le Parlement

 

Bruno Gollnisch

Une nouvelle venue, entièrement européenne (franco-autrichienne), dans les agences de notation : "Wikirating".

Wikirating, première agence de notation participative

30.01.2012 | 12:00

Par

Intrusion collective sur le territoire des agences de notation: le site Wikirating propose de noter les Etats selon d'autres critères, en intégrant les indicateurs de dévelopement humains et la corruption. Pied de nez au marché, la notation est participative. Résultat: le triple A ne va pas à celui que l'on croit.

Panique sur les marchés. La note de la dette souveraine de la France est tombée à… BB- et l’Allemagne fait à peine mieux avec un modeste BB+. Soit une chute de… dix niveaux par rapport à son fameux triple A, que plus aucun pays de l’Union européenne n’affiche. Le "Graal" de Standard & Poor’s (S&P) n’est plus attribué qu’à deux pays au monde : Hong Kong et Luxembourg.

Le Wikipedia du marché

Cette nouvelle plutôt apocalyptique pour les caisses publiques des grands États n’est pas tirée d’un roman noir ou d’un film catastrophe, elle est le fruit du travail d’une toute nouvelle agence de notation fondée par deux informaticiens français et autrichiens, qui travaillent en Suisse pour des sociétés spécialisées dans les logiciels bancaires. Wikirating - c’est son nom - est la première agence de notation communautaire au monde.

Sur le même modèle que Wikipedia, elle permet aux internautes de juger eux-mêmes la capacité de financement des pays et des grandes entreprises. L’un des deux indicateurs de cet institut virtuel est, pour ne rien vous cacher, totalement subjectif: il représente la moyenne des notes données par les surfeurs sur la Toile.

L'économie ne dit pas tout

Mais un second indice, le SWI, est lui beaucoup plus sérieux. Pour définir la notation d’un pays, Wikirating met en relation données macro-économiques et indices de développement, de corruption ou de stabilité politique. Parmi les critères économiques retenus:

  • La dette publique (qui compte pour 50% du calcul),
  • La balance des paiements (20%),
  • Le taux de croissance (10%),
  • L'inflation (10%),
  • Le taux de chômage (10%).

Le résultat ainsi obtenu est ensuite multiplié par trois une autre variable composée de la position de chaque pays selon trois indices :

Le modèle est appelé à évoluer. Erwan Salembier, un des co-fondateurs de ce nouveau shérif de la finance, explique à Myeurop:

Notre méthode actuelle est assez basique et nous sommes disposés à l’améliorer en fonction des idées que nous donneront nos contributeurs. Des internautes nous proposent de prendre également en compte l’environnement social ou la notation environnementale des pays et des entreprises.

Les deux ingénieurs ont mis 18 mois à élaborer Wikirating, et semblent un peu débordés par le succès de leur initiative.

Alternative à S&P et consors

Depuis sa mise en ligne le 3 octobre 2011, le site a déjà reçu 40.000 visiteurs uniques et, chaque jour, 2 à 3.000 nouveaux internautes viennent surfer sur ses pages. "Nous avons été obligés d’acheter du matériel supplémentaire car notre serveur ne parvenait plus à supporter le volume de visite, reconnaît Erwan Salembier. Nous aurions aujourd’hui besoin d’embaucher des gens pour améliorer Wikirating mais nous n’avons aucune ressource financière et nous manquons aussi de temps car nous avons avec Dorian Credé un emploi à 100%."

L’intérêt suscité par cette agence de notation communautaire s’explique. Pour l'ingénieur français, qui travaille à Zurich,

Nous [Wikirating] représentons la première offre alternative aux sociétés traditionnelles qui se font payer par les clients qu’elles sont supposées juger. Notre concept est également tout à fait nouveau et notre thème est dans l’air du temps…

Les pays du Sud mieux notés

La lecture du classement des dettes souveraines établi par Wikirating permet d’en tirer un enseignement principal particulièrement intéressant: les notes attribuées par l’agence communautaire aux grands pays occidentalisés sont systématiquement inférieures à celles établis par S&P, Moody’s et Fitch.

A l’opposé, de nombreuses notes données par Wikirating aux pays pauvres ou en voie de développement comme l’Azerbaïdjan, le Honduras, la Bolivie ou la Macédoine sont supérieures à celles des grandes agences. Cette dichotomie peut paraître surprenante.

Mais Erwan Salembier a une raison toute simple pour expliquer ce constat:

Les pays riches paient les agences pour être notées alors que les nations les plus défavorisées ne leur donnent pas d’argent.

Triste constat.

Les temps de crises successives nous font réfléchir sur leur origine ou ce qui les a motivé. Rothschild, portrait à découvrir. Toute une histoire.

Olivier Crottaz : Tout sur les Rothschild

(article du 29 janvier 2012)

 

Après les Rockefeller, voici les Rothschild, de quoi occuper- un – peu un dimanche froid et neigeux par ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

OLIVIER CROTTAZ