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03/02/2012

Les USA ont évacué leurs militaires d'Irak, mais ils sont remplacés illico par des drones de renseignement. Ainsi l'Irak reste encore occupé.

Des drones américains dans le ciel irakien

 

1.02.2012, 20:16

© Flickr.com/alohateam/cc-by
     

 

Les relations entre les Etats-Unis et l'Irak sont sous la menace des drones américains. Comme l’affirment les autorités irakiennes, les appareils de renseignement survolent le territoire de leur pays sans autorisation, ce qui représente une menace non seulement pour la sécurité des citoyens, mais aussi pour la souveraineté nationale de l'Irak.

 

Les autorités américaines, en répondant aux accusations des Irakiens, affirment que des drones «diplomatiques» sont utilisés pour survoler le pays. Ils volent à basse altitude et recueillent des informations concernant les embouteillages sur les routes qu’empruntent les convois. Ce qui peut être également intéressant pour ces appareils, ce sont des manifestations qui sont organisées dans le pays. Mais le gouvernement irakien ne croit pas à ces explications et donne l’exemple du Pakistan, où les drones sont utilisés pour chasser les Talibans, mais ils attaquent parfois aussi des civils. Par ailleurs, l’Irak craint également qu’après les drones de renseignement, des drones militaires puissent apparaître dans l’espace aérien de l’Irak.

«Le terme de «drone diplomatique» est très arbitraire et suscite un certain étonnement», considère Petr Topytchakov, l’expert du Centre de sécurité internationale de l’Institut de l'économie mondiale et des relations internationales (IMEMO) de l’Académie Russe des sciences. «Car on ne connaît pas la différence entre un drone «diplomatique» et «non-diplomatique». La question, c’est de savoir quelle est la mission de ces appareils. Il est évident que dans le cas de l’Irak, il s’agit des missions de renseignement. Le drone doit prendre des photos, transmettre des images du déploiement des forces militaires, et du déplacement des personnes. Il doit examiner les différents objets militaires. Mais dans quel but ces appareils peuvent-ils être utilisés par la suite ? Les Irakiens supposent qu’ils pourraient être utilisés pour des bombardements. Rien n’empêche de les utiliser ensuite dans ce but».

Les préoccupations des autorités irakiennes son tout à fait compréhensibles. En 2011, même si certains spécialistes considèrent cette opération de «rebranding», le retrait des troupes américaines d'Irak a bien été terminé. Seule une division militaire, composée de 5000 personnes, se trouve toujours sur le territoire du pays. Elle assure la garde de l’Ambassade américaine en Irak. Par ailleurs, les Etats-Unis n’ont pas cessé d’apporter une aide financière au gouvernement irakien. Et les Irakiens, en l’acceptant, craignent que les Américains vont à nouveau s’impliquer activement dans la politique du pays.

«Pour les Etats-Unis, l’Irak est devenu un terrain d'essais, sur lequel sont testés des mécanismes de diffusion des principes de contrôle politique, caractéristique pour les pays occidentaux», analyse Petr Topytchkanov. «Strictement parlant, le changement de régime, la création de nouvelles institutions du pouvoir, le changement total du paradigme du gouvernement - tout cela a été utilisé en Irak après la destitution de Saddam Hussein. Et les Etats-Unis espèrent voir en l'Irak un État qui puisse devenir un possible modèle d’Etat démocratique pour les pays du Moyen-Orient. Et ce terrain d’essai a influencé indirectement les autres pays et les événements politiques qui sont communément appelés le par le terme «Printemps arabe».

L’Irak reste en outre un tremplin important pour les Etats-Unis dans la région, car il possède des frontières communes avec deux Etats hostiles envers les Etats-Unis – la Syrie et l’Iran.

«Ce pays peut jouer deux rôles différents», estime Fedor Loukianov, le rédacteur en chef du magazine La Russie dans la politique globale. «Il peut jouer le rôle du pont qui relie deux Etats amicaux et proches, et apporter un soutien du régime syrien depuis l’Iran et participer ainsi dans des mouvements anti-occidentaux et anti-sunnites. Mais si les Etats-Unis vont faire pression sur ce pays, l’Irak pourra au contraire être un obstacle à la coopération entre l'Iran et la Syrie, et aider ainsi à renfermer l'anneau d’isolation autour du régime d'Assad».

Les experts estiment que les Etats-Unis tentent d'étouffer le scandale actuel autour des drones et vont demander officiellement aux autorités irakiennes l’autorisation pour leur utilisation. La principale raison de cela – ce sont les élections présidentielles américaines. En tant que candidat, Obama ne va pas aggraver les relations avec aucun pays, redoutant de perdre son soutien populaire. Mais après novembre 2012, des changements de la position américaine sont possibles, surtout si la présidence sera assurée par un représentant du Parti républicain.

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