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20/02/2012

L'Eglise orthodoxe conseille à la Russie rien de moins que de se tenir prête à la guerre. Le chef de l'Etat-Major Makharov est en train de se mettre lui-même sur pieds de guerre au niveau des structures et de l'organisation.

La Russie doit se préparer à la guerre, dit l’Eglise orthodoxe

20/02/2012

 

Nul n’ignore ce que les experts de la laïcité, fermement appuyés sur l’épuration grandiose des croyances révolues, ne cessent de nous dire sur les Eglises. Cela, plus que jamais, comme si les fantômes de la chose les poursuivaient : les Eglises sont corrompues, rétrogrades, insensées et hors de leur temps. Ce temps-là étant celui que nous vivons, entièrement laïcisé et nous donnant les résultats que nous ne cessons de goûter, il revient parfois la tentation de tout de même entendre ce que les Eglises ont à nous dire. Elles ont avec elles de vieilles connaissances de la Tradition, une perception aigüe des situations potentielles, des réseaux d’information bien fournis…

On prendra ce cas pour cette communication de l’Eglise orthodoxe de Russie, parce que l’occasion est vraiment peu ordinaire : l’Eglise orthodoxe conseillant à la Russie, Sainte pour l’occasion on l'magine, rien moins que de se tenir prête à la guerre. Cela, dans Russia Today, rapportant (le 18 février 2012) une interview d’un dignitaire de l’Eglise orthodoxe, dans Svobodnaya Pressa.

«“There are many processes occurring in the world in which Russia should play a much more active role,” Vsevolod Chaplin, a high-placed cleric in the Russian Orthodox Church, said in an interview with the Svobodnaya Pressa ('Free Press') publishing house. “The economic and social contradictions that have cropped up in the world are so powerful that they are sure to blow up into serious military operations.”

»Chaplin said Russia’s military must remain “combat-ready” to prevent the outbreak of military incidents on or around its territory. “In order to ensure that these military operations not unfold on our territory or in the vicinity of our borders, we need to keep our armed forces combat ready,” Chaplin said.

»Russia must actively participate in settling all situations that may lead to a war, be it the Middle East or Central Asia, where the situation is also tense, he added. “By all accounts, we will not manage to escape a big war,” Chaplin warned, while adding that civilization’s current trajectory “may lead to the annihilation of cities.”»

L’Eglise orthodoxe a toujours eu beaucoup de liens avec le pouvoir politique, y compris sous le régime communiste où elle ne disparut pas complètement et sut soigner des accointances avec le KGB. Elle est toujours bien informée des situations importantes et, comme toute Eglise responsable, avec son rôle dans la cohésion de la nation, ne parle pas à la légère. Ce qui a été dit devait être dit et a été longuement pesé.

Dans ce sens, cette intervention est une indication précise de plus d’un sentiment qui habite aujourd’hui la direction générale russe. On devrait observer qu’elle fait écho aux déclaration, deux jours plus tôt (voir le 16 février 2012), du chef d’état-major de l’armée russe, le général Nikolaï Makarov, qui revenaient à avertir que l’état-major est en train de se mettre lui-même sur pied de guerre, au niveau de ses structures et de son organisation. (En même temps, Makarov évoque explicitement l’emploi d’armes nucléaires si la sécurité de la Russie l’exige.) L’Eglise y ajoute des appréciations socio-politiques qui élargissent le champ de son appréciation au Système lui-même, en observant que les déséquilibres créés et en constante aggravation, économiques, sociologiques, et psychologiques également, ne peuvent aboutir qu’à un conflit, ou à une explosion d’une forme ou d’une autre. La perspective, compte tenu de celui qui la fait (le représentant de l’Eglise), est proche d’être eschatologique puisqu’elle concerne un Système dont on sait à la fois l’universalité et l’hermétisme, – et alors, son explosion, provoquée du dehors ou nous projetant en dehors de lui, a nécessairement cette dimension eschatologique.

En un sens, chacun sait qu’il va arriver “quelque chose”, et chacun l’interprète à sa façon ; et nous parlons certes de la Russie, qui a toujours cultivé une prescience des grandes catastrophes socio-politiques, et éventuellement eschatologiques, ayant elle-même une grande expérience en la matière, et cultivant elle-même une perception particulière de la chose, – l’“âme russe”, experte ès-eschatologie, nul n’en doute. Le sérieux et l’intérêt de cette situation est tout de même que l’Eglise juge bon d’intervenir d’une façon si précise, si détaillée, si “opérationnelle”, et cela nous engagerait à croire que ce qui compte dans ce cas est l’alarme dispensée bien plus que le sujet de l’alarme... En un sens qui serait le contraire de la démarche précise qu’on décrit, nous pourrions avancer l’hypothèse que ce “quelque chose”, à la lumière de ces diverses précisions et de l’intervention de l’Eglise orthodoxe avec sa dimension eschatologique, sera différent de tout ce qu’on attend, de tout ce qu’on prévoit, – et Dieu sait si les prévisions ne manquent pas.

…La “crise haute”, de plus en plus haute, certes. Dans le Wild Blue Yonder, comme dit l’“hymne” de l’U.S. Air Force.

 

Mis en ligne le 20 février 2012 à 05H22

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