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23/02/2012

"Les Américains ne peuvent avoir d'amis mais seulement des féaux", Poutine. La Grande-Bretagne "se piquait de ne pas avoir d'alliés mais juste des intérêts". Et Sarkozy, que dit-il, lui? De se rapprocher de la Russie pour un partenariat intéressé?

De gaullisme et exportation de la révolution

22.02.2012, 19:02

© Flickr.com/Beverly & Pack/cc-by
 
     
J’ai été à bonne école. En mes vertes années Janson de Sailly, le lycée de Valéry Giscard d’Estaing et l’Institut Catholique de Paris avaient tous les deux un corps d’enseignants qui étaient pour une grande part, formés par les jésuites. C’est ces messieurs-là qui m’ont appris que le pire peut être à la fois le meilleur. Les extrémités se touchent surtout quand il s’agit d’une montée aux extrêmes. Or, les Etats-Unis semblent ne pas vouloir ménager le monde et pratiquent de plus en plus l’idéologie des pères-fouettards, mes anciens professeurs.

Ainsi, on les voit adresser un drôle de message par la bouche du Président Obama qui, dans son rapport au Club Economique de New-York s’octroya urbi et orbi le titre du leader mondial aussi bien en la matière des bourses que sur les champs des batailles. Il prétendit que son pays représenterait la seule nation au monde dont on ne peut se passer.

En même temps, comme on dit dans l’armée française, « faut savoir se donner les moyens de ses ambitions » et; justement, les Etats-Unis n’en ont plus, de ces moyens. L’Usure de leur pouvoir les a conduits à un triste bilan; la dette nationale américaine est équivalente au Produit Intérieur Brut annuel de ce pays. Autrement dit, les Américains sont en état d’une faillite non reconnue et font marcher leur planche à billets pour essayer de couvrir le déficit de plus en plus prononcé.

Et que fait-on si on n’a pas les sous? Eh bien, comme aux temps de la république de Weimar, on fait la guerre. L’ambassadeur des Etats-Unis en Russie Michael McFaul a bel et bien reconnu d’avoir été de la mèche lorsque l’opposition a organisé le renversement du pouvoir en Ukraine. Le plus drôle que ce stratagème américain a été fourbi en France sous le Général. De Gaulle fut le premier à renoncer à sa réserve de dollars en l’échangeant contre l’or en sonnants et trébuchants. Son exemple fut suivi par l’Allemagne. Ensuite, le Général renia l’OTAN et se fit littéralement diaboliser par la presse américaine. Et que s’est-il passé après? L’un des analystes russes – Koulikov – a raison de rappeler que cette politique gauloise a été suivie par le mai 1968 où les étudiants servirent juste de détonateur. Et la France a pété au nez du Général qui ne s’en fut jamais remis.

Les Américains ont bien peaufiné la théorie des droits de l’homme et surent l’utiliser à bon escient en Russie, en Irak, en Lybie ou encore en Syrie, en Egypte de nos jours sans citer la Géorgie. Plus il y a de conflits, mieux se porte l’Amérique qui a déjà rayé la zone européenne de ses intérêts prééminents. Eh oui, dans son discours Obama cite la Chine comme la première préoccupation américaine et la crise européenne est le cadet de ses soucis. Ergo, les Européens ne verront pas les Américains leur tendre la perche.

Vladimir Poutine avait-il raison de dire que les Américains ne peuvent avoir d'amis mais seulement des féaux? En tout cas leur prédécesseur, la perfide Albion se piquait de ne pas avoir d'alliés mais juste des intérêts. Compte tenu de ces circonstances, on comprend mieux les démarches d’un Sarkozy qui chercherait le rapprochement avec la Russie.

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