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25/02/2012

Un nouveau texte est proposé en Estonie pour la reconnaissance des légionnaires SS comme anciens combattants pour la liberté du pays. Qu'en pensent Israël et les officines droitsdelhommistes? UE, première puissance officiellement antisémite?

La lutte pour la liberté sous la bannière de la légion SS

24.02.2012, 19:23

© Flickr.com/Hakannn/cc-by-nc-sa 3.0
 
     
La reconnaissance des légionnaires SS comme anciens combattants pour la liberté du pays provoquera une division dans la société estonienne. De telles manipulations avec l’histoire sont dangereuses et risquent d’avoir des conséquences imprévisibles, estime Vladimir Metelitsa, président de l’Association des anciens combattants de la Seconde guerre mondiale de Tallinn.

Néanmoins, le projet de loi scandaleux sera soumis au vote au parlement d’Estonie le 24 février, le Jour de l’Indépendance.

Comme l’affirment les autorités estoniennes, dans ce projet de loi il est question de tous les combattants pour le rétablissement de l’Estonie libre. Le ministre des AE du pays Urmas Paet a relevé que le document ne faisait pas de distinction pour l’uniforme et les armes. En fait, le projet de loi glorifie tous ceux qui avaient combattu du côté d’Hitler, a dit à notre correspondant le président de l’Association des anciens combattants de la Seconde guerre mondiale de Tallinn Vladimir Metelitsa:

«Cela nous indigne. Il s’agit d’une tentative de réécrire l’histoire de la Grande guerre nationale. Cette décision est à la limite du crime, elle met une croix sur les résultats du procès de Nuremberg. Cette division, formée d’égorgeurs qui ont du sang sur les mains. Leur but était de massacrer des civils. Et à présent on cherche à en faire des héros-libérateurs de l’Estonie».

Pour la première fois un tel projet de loi a été soumis au parlement estonien en 2005. Mais alors le ministère de la Justice d’Estonie a reconnu le document mal élaboré, capable de provoquer de «sérieuses contradictions sociales». Cette fois les lobbies sont décidés à faire voter le projet de loi.

Il est significatif qu’une Union de combattants pour la liberté de l’Estonie, groupant par hasard ou non des anciens combattants de cette même 20e division SS (Légion d’Estonie) existe déjà. Le 22 février, à la veille du vote au parlement, cette organisation a signé un accord avec le membre de la coalition au pouvoir – Parti réformateur d’Estonie. A part le point touchant la reconnaissance des «libérateurs» au parlement, l’accord stipule que cette organisation peut bénéficier d’une aide budgétaire de l’Etat. Dans les conditions de crise économique et d’une réduction des dépenses budgétaires on ne peut que saluer un tel patriotisme des Estoniens.

L’ambassade de Russie en Estonie a vivement critiqué ce projet de loi. Les historiens, y compris européens, considèrent que de telles tentatives de réévaluer l’histoire conduiront à l’oubli de l’Holocauste. Or l’Union Européenne ne réagit pratiquement pas aux actions des pouvoirs estoniens. La Commission Européenne a seulement déclaré qu’elle étudierait ce document pour voir s’il était conforme au droit européen.

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