Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/02/2012

Israël s'en prend de plus en plus à l'Europe, comme si nous étions sur un pied d'égalité avec les Palestiniens. Israël nous rackette en démolissant les structures vitales d'énergie financées par l'UE destinées aux Palestiniens.

www.euractiv.comIsraël s'apprête à démolir des projets d'énergies renouvelables financés par l'UE

Publié 24 février 2012
 
 

Six projets d'énergie solaire et éolienne financés par l'UE et qui fournissent de l'électricité à 600 Palestiniens de la Bande de Gaza devraient être démolis par Israël. Cette décision aurait été prise suite à un rapport des chefs de mission de l'UE qui appellent à la promulgation de lois contre le financement des colonies.

Les gestionnaires de projet de la Bande de Gaza affirment que l'ordre de cessation des travaux est la première étape vers une démolition quasiment automatique.

Elad Orian, le cofondateur de Comet-ME, qui supervise ces projets liés aux énergies renouvelables sur le terrain, a expliqué que 400 personnes se retrouveraient sans électricité si le plan de démolition était mis à exécution. L'un des villages aurait toutefois toujours accès à un groupe électrogène au diésel bruyant et très énergivore.

« Les habitants se retrouveront sans lumière et sans la possibilité de recharger leurs téléphones portables, le seul moyen de communication ici », a-t-il affirmé à EurActiv.

« Il n'y aura pas de réfrigérateurs, essentiels pour l'économie des communautés agricoles, et les femmes devront à nouveau faire des travaux manuels très masculins. »

Au total, le projet soutenu par Comet-ME et le groupe allemand Medico International a permis la construction de 15 centrales solaires et de systèmes électriques hybrides pour des villages dont la population s'élève en tout à 1500 personnes.

Dans l'un des villages qui risquent la démolition des installations utilisant des énergies renouvelables, Shaab al-Buttum, deux éoliennes et 40 panneaux solaires fournissent actuellement 40-60 kilowatt-heure d'électricité par jour.

Le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, a discuté du problème avec le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le ministre de la défense, Ehud Barak, lors d'une récente visite, a affirmé la porte-parole de M. Westerwelle.

« Le gouvernement allemand et ses partenaires européens examinent la situation dans la Zone C de très près », a-t-elle déclaré.

« Le gouvernement est inquiet quant aux ordres de cessation des travaux qui ont été donnés pour les systèmes énergétiques financés avec des fonds allemands », a-t-elle ajouté.

Zone C

La Zone C est un canton sous total contrôle israélien, qui comprend quelque 60 % de la Bande de Gaza et toutes les colonies israéliennes considérées comme illégales par le droit international.

Les Palestiniens doivent demander des permis pour construire dans cette région, mais une étude réalisée par l'organisation israélienne Peace Now a révélé qu'entre 2000 et 2007, 94 % de leurs demandes avaient été rejetées.

Des sources de l'UE ont expliqué que ce régime de permis semblait avoir pour objectif de repousser les Palestiniens vers les Zones A et B. « C'est ce que tout le monde vous dit quand vous vous rendez sur place », a déclaré l'une d'entre elles, sous le couvert de l'anonymat. « Il est évident que ce sujet est très sensible sur le plan politique. »

La région, bordée par la mer Morte, le désert de Judée et la Vallée du Jourdain, est sous-développée et le ministère allemand des affaires étrangères a versé 300 000 euros pour la construction des six projets hybrides d'énergie solaire et éolienne qui bénéficient à des villages pauvres sur les hauteurs du sud d'Hébron.

Le dernier de ces projets s'est terminé en septembre 2011, mais en janvier dernier, l'Administration civile de liaison d'Israël, qui supervise les territoires occupés, a annoncé qu'ils devaient interrompre les travaux, dans la mesure où ils ne possédaient pas les permis requis.

Rapport confidentiel

Certains diplomates de l'UE et de nombreuses ONG voient un lien avec un rapport confidentiel rédigé par de hauts diplomates de l'UE dans la région sur la construction de colonies et la démolition de maisons dans la Zone C. Dans ce rapport, ils appellent la Commission à promulguer une loi visant à « empêcher/décourager les transactions financières qui soutiennent les activités liées aux colonies ».

Moins de deux semaines après que le rapport a été divulgué, des préavis ont été envoyés aux responsables des projets de Haribat al-Nabi, Shaab al-Butum, Qawawis et Wadi al-Shesh.

« Ce ne sont pas seulement les Allemands qui se sont pris une claque, c'est toute l'UE », a déclaré Tsafrir Cohen, un porte-parole de Medico International, l'une des organisations partenaires en charge du projet. « Il s'agit de leur réponse au rapport sur la Zone C. »

Les diplomates européens ont affirmé que de manière générale, les activités liées aux colonies israéliennes et la démolition des maisons dans la Zone C ne faisaient que croître à une vitesse sans précédent, mais qu'ils s'inquiétaient tout particulièrement à propos des projets liés aux énergies renouvelables, car il s'agit d'infrastructures financées par l'UE, a déclaré l'un d'entre eux à EurActiv.

« Nous espérons que les Allemands feront pression pour que cela cesse, même s'il ne s'agit que d'une goutte dans l'océan », a-t-il ajouté. « Il faut agir. »

Réactions :

Le représentant de l'UE à Jérusalem, John Gatt, a envoyé cette déclaration écrite à EurActiv : « L'UE surveille de près l'évolution de la situation dans la Zone C qui représente environ 60 % de la Banque de Gaza. Nous avons à plusieurs reprises exprimé nos regrets quant à la démolition de maisons et de structures dans la zone. Des représentants de l'UE et des Etats membres se sont rendus en plusieurs endroits dans la Zone C et nous sommes en contact direct avec les communautés locales. Nous demandons à Israël de revoir sa politique et son système de planification, afin de permettre le développement socio-économique des communautés palestiniennes. »

Deborah Casalin, chargée des politiques pour l'alliance internationale d'agences de développement catholiques, CIDSE, a déclaré : « Dans le contexte des déplacements causés par les politiques d'occupation d'Israël, l'aide européenne dans la Zone C de la Bande de Gaza aide les Palestiniens à conserver leurs maisons et leur accès à l'eau, à l'électricité et aux autres services de base, ce qui est dans leur droit. La démolition de ces projets va à l'encontre des conventions de Genève et représente une obstruction directe de l'aide apportée par l'UE. L'UE doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour stopper les démolitions, s'assurer que son aide a un impact et que le droit international est respecté. »

Arthur Neslen - traduit de l'anglais par Amandine Gillet

Les commentaires sont fermés.