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27/02/2012

La démocratie à l'occidentale en sort encore une fois rouge de honte. Dans un stade, de 70000 places, Mitt Romney (chouchou des médias) n'a hérité que d'un public de 1000 écoliers amenés en bus. Même l'argent ne paie plus. Poutine, lui, a fait mieux. LOL.

Primaires républicaines entre désarroi et délégitimation…

27/02/2012

 

La situation politique aux USA est singulière. Le désarroi caractérise les primaires du parti républicain (GOP), où le favori de l’establishment (Mitt Romney) est de plus en plus critiqué et de plus en plus difficilement favori. Il se trouve dans la position charmante et singulière d’être bien placé pour gagner les prochaines primaires tout en démontrant son exceptionnelle impopularité dans ses sorties publiques. (Cela en dit long sur les méthodes et les techniques des primaires.)

• La dernière sortie en date de Romney frisait le ridicule, ou bien le dépassait, avec un “grand” discours sur son programme économique dans un stade de 70.000 places où il avait réussi à rassembler un peu plus de mille quidams, dont un certain nombre d’écoliers transportés en bus vers le stade pour l’occasion, en échange d’une après-midi de congé. (Cela mesure l’élégance et la justesse des critiques ardemment démocratiques de la presse-Système concernant la dernière grande manifestation pro-Poutine à Moscou.) Un article du Guardian du 24 février 2012 nous donne les détails de l’affaire… Ambiance.

«Republican frontrunner Mitt Romney's much-heralded economic speech flopped Friday, overshadowed by a gaffe over luxury Cadillacs and his choice of an over-ambitious venue, the Detroit Lions' football field. Romney opened himself up to derision for choosing a 70,000-seat stadium which attracted just over 1,000 people, many of them school children bussed in to help fill out the crowd, tucked into a corner of the astro-turf pitch. The small crowd underlined again his inability to draw large numbers of supporters and to excite the conservative base…»

• Le cas Romney est le dernier signe de l’état chaotique de la campagne des primaires républicaines, – la campagne “sérieuse”, limitée évidemment aux trois seuls candidats dits electable, Romney, Santorum et Gingrich. Aucun de ces candidats ne s’affirme irrésistiblement, et lorsqu’il semble le faire, comme dans le cas de Romney, c’est dans des conditions tellement ubuesques que l’effet est complètement contre-productif.

…Et l’on entend de plus en plus de complaintes geignardes, à haute voix, de quelques “vedettes” du parti. L’une d’elles est particulièrement intéressante, celle de Jeb Bush, frère cadet de GW Bush (et de tous temps, Jeb, favori de son père, le premier Bush président [41éme POTUS] contre GW [43ème POTUS], en général peu apprécié du même paternel). Le Guardian s’en fait l’écho, le 24 février 2012. On comprend l’intérêt de la chose en lisant les premières lignes de l’article, ou est présentée l’hypothèse d’un Jeb Bush comme candidat et nominé surprise du GOP à la convention du parti…

«Speculation that a late challenger might still emerge in the increasingly bitter race for the Republican presidential nomination is set to surge after former Florida governor Jeb Bush made remarks criticising the current field. Bush, who is the brother of President George W Bush and son of President George Bush Sr, is a beloved figure among many conservatives who see him as a strong and charismatic leader who is popular in the must-win swing state of Florida. [...]

»In answers to questions from the audience after a speech in Dallas on Thursday, Bush cautioned the remaining Republican campaigns from drifting so far to the right that they put off the key independent voters needed to beat President Barack Obama in November. “I think it's important for the candidates to recognise though they have to appeal to primary voters, and not turn off independent voters that will be part of a winning coalition,” Bush told the audience according to CBS news.

»Bush also directly took on the strident tone of recent Republican debates, accusing participants of scare-mongering. “I used to be a conservative and I watch these debates and I'm wondering, I don't think I've changed, but it’s a little troubling sometimes when people are appealing to people's fears and emotion rather than trying to get them to look over the horizon for a broader perspective and that's kind of where we are,” he said according to Fox News.

• … Ce qui renvoie à des spéculations qui ont pris naissance dans la presse alternative en janvier, notamment à partir d’un article dont on pouvait penser qu’il était effectivement pure “spéculation” gratuite et autre. Désormais, au regard des spéculations beaucoup plus “officielles”, comme on le lit dans le Guardian, il prend de la consistance à la lumière de la situation actuelle des primaires républicaines et du désarroi du parti républicain. Bien entendu, les développements de cet article vont beaucoup plus loin que le seul fait du débat sur la situation dans le parti républicain et l’hypothèse de l’arrivée au cours de la convention du GOP d’un “candidat-surprise”, et vainqueur, préparé par le parti dans ses manœuvres secrètes (pourtant, déjà largement livrées au public) ; ces développements de l’article doivent être considérées à part, et éventuellement appréciées dans un contexte plus large (ce que nous tentons de faire dans un autre Bloc Notes de ce 27 février 2012)… Il s’agit d’un article publié par le site WhatDoesItMean.com le 18 janvier 2012

«A shocking report prepared by the Ministry of Foreign Affairs for Prime Minister Putin on the just completed meeting between China’s Vice Premier Li Keqiang and former US Secretary of State Henry Kissinger states that the Chinese were told that former Florida Governor John Ellis “Jeb” Bush, brother to the former US President and son of another, will be elected as the next American leader despite his currently not even being on the ballot.

»Chinese Vice President Xi Jinping met with Jeb Bush yesterday at the Great Hall of the People in Beijing where both pledged to advance cooperation between their two countries and, this report says, agreed that once Bush had taken office a ‘new era’ would begin in US-China relations. According to this report, Kissinger told Keqiang that the Republican Party election process to select their nominee to run against President Obama was “completely manipulated” to ensure that their 2012 Convention would be “deadlocked” thus allowing for Jeb Bush to be nominated as a “consensus candidate” and thus his parties leader.

»The path to a deadlocked convention, this report says Kissinger told the Chinese, lies in neither current Republican frontrunners Governor Mitt Romney or Congressman Ron Paul having enough delegates to ensure their nomination on the first ballot after which their supporters will be free to nominate anyone they so choose.

»In order to ensure a deadlocked convention, this report continues, Kissinger noted that Romney will obtain his delegates from what are called Primary States while Paul will receive his from those holding caucuses and “open” primaries, with neither of them receiving enough votes to secure their nominations. Political analysis on the US election do, indeed, note that Paul’s path to the Republican nomination lies in the caucus and open primary States which shows what is called his “secret path to victory”…»

Il faut ajouter que ces rumeurs sur Jeb Bush comme candidat-désigné “surprise” à la convention ont été également relayées depuis la mi-février par l’une ou l’autre intervention, faisant de la chose une possibilité semi-secrète, semi-publique, bien dans le climat de notre époque où l’information est extrêmement diverse, insaisissable, sans point de référence fixe. Par exemple, le 10 février 2012, le site Mail OnLIne du Daily Mail publiait ces déclarations de Al Cardenas, qui dirige l’American Conservative Union et a organisé le rassemblement conservateur annuel CPAC, d’habitude triomphal pour Ron Paul, et qui a été constitué cette année, d'ailleurs avec succès de ce point de vue, pour marginaliser totalement le même Ron Paul : «Al Cardenas, head of the American Conservative Union, has said that Republican turmoil might lead to a brokered convention in which Jeb Bush, former Florida governor, would emerge as a “possible alternative” party nominee. […] “We'll know more in the next few weeks,” said Mr Cardenas. “The pressure’s already been on Mitt Romney to close the sale... and he hasn’t.” A split verdict on “Super Tuesday” on March 6th, when 10 states vote, could lead to a surprise at the Republican convention in Tampa in August, he suggested.»

• Effectivement, il commence à y avoir des échos publics, dans la presse-mainstream ou presse-Système, de la stratégie de Ron Paul (viser le plus grand nombre de délégués plutôt que les votes “populaires”, – en fait, des votes de membres du parti républicain, souvent selon des règles changées qui favorisent des catégories d’âge et des statuts politiques et sociaux connus pour ne pas être favorables à Paul). Ainsi, cet article du Guardian du 23 février 2012, décrivant Paul “amassant discrètement une armée de délégués pendant que les autres candidats du GP se déchirent…” «While the Republican nomination race is focused on the ongoing battle between frontrunners Mitt Romney and Rick Santorum, the Ron Paul campaign is waging an under-the-radar "delegate strategy" that could make the libertarian-leaning Texan the surprise kingmaker of the race. In states that have already voted via a caucus system – rather than a straight primary ballot – Ron Paul supporters are conducting an intensively organised ground effort aimed at securing as many convention delegate slots as possible, often in numbers that far outweigh the number of actual votes that Paul got in the ballot. If successful, it means Paul's campaign could arrive at the August Tampa convention at the head of an army of delegates far larger than the proportion of votes that it won during the nomination contest.»

…Voilà une bonne mesure de la confusion et du désordre, avec des manœuvres secrètes qui sont proches de pouvoir être catégorisées comme autant de “complots” (surtout dans l’affaire Jeb Bush). Pour l’instant, laissons de côté les perspectives des uns et des autres et observons que cette situation est d’abord significative de l’abaissement extraordinaire de la qualité des hommes (Ron Paul mis à part). Tous ces candidats sont prisonniers de leurs donateurs, de la narrative officielle, du système de la communication, et ces conditions les abaissent systématiquement autant qu’elles effectuent préventivement une sélection niveleuse vers le bas. Quant à la solution imposée par “le haut” (?) du parti d’un homme qui ne vaut guère mieux que les autres (Jeb Bush), la manœuvre, elle-même déjà mise à jour par avance (étonnante “surprise”, déjà connue six mois à l’avance), tend déjà à lui donner une légitimité extrêmement basse, sinon inexistante… Cette délégitimation des candidats-Système (hors-Paul) du parti républicain est l’un des phénomène les plus remarquables et les plus importants de ces primaires.

On dira que cela tendrait à assurer la victoire d’Obama. La situation n’est pas si simple. Nous sommes dans une démocratie-Potemkinbe, complètement fabriquée, de A jusqu’à Z, aujourd’hui à un point inimaginable. C’est dans ce cas que les apparences doivent être respectées, d’autant plus impérativement qu’il n’y a rien derrière ces apparences. La “légitimité” dont nous parlons à propos du candidat du GOP est une de ces apparences. Si le candidat du GOP est sans légitimité, ridicule ou arbitrairement imposé, etc., c’est toute l’élection présidentielle qui est elle-même délégitimée. Le “parti unique” US a besoin d’une présidentielle d’apparence convenable, avec ses deux “ailes” d’apparence respectable. Si BHO a un clown ou un imposteur notoire contre lui, et s’il l’emporte, sa victoire sera tout simplement illégitime même selon les normes d’apparat du Système, et puissamment perçue comme telle. Dans ces temps incertains, c’est un très gros handicap, voire un handicap mortel, qui fait craindre de graves remous publics. La Constitution, le processus “démocratique” et la façade du Système ne seraient plus que des loques infâmes, et traitées comme telles, sans plus le pouvoir de freiner la sédition.

 

Mis en ligne le 27 février 2012 à 04H59

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