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04/03/2012

Victor Ivanov appelle la communauté internationale à refuser la légalisation de la drogue afin de résoudre le problème du trafic des stupéfiants. L'Afghanistan fournit annuellement 700 tonnes en Europe via la Géorgie, la Turquie et le Kosovo.

Couper les voies de financement du trafic de drogue

3.03.2012, 18:37

Photo: EPA
 

 

   
Les investissements dans l'économie de pays d'Asie centrale vont pouvoir aider de réduire le transit de l'héroïne en provenance d'Afghanistan, est persuadé le chef du Service fédéral russe chargé du trafic des drogues et de leur contrôle (FDCS) Viktor Ivanov. Il a annoncé que la Russie contribuera au développement économique des pays de cette région. Aujourd'hui, les méthodes traditionnelles de lutte contre le trafic de drogue n’apportent pas de résultats souhaités.
Le chef de l'agence de lutte anti-drogue a souligné que pour résoudre le problème du trafic mondial des stupéfiants depuis l’Afghanistan, la Russie doit contribuer au développement économique des pays de l’Asie centrale. Il s’agit avant tout de construire de nouvelles unités de fabrication qui permettraient de créer des emplois pour la population de ces pays. Dans ce cas, le transit de drogue ne sera plus la seule source des revenus pour ces populations, ce qui permettra de destituer le trafic.

La Russie entend également accroître sa présence économique en Afghanistan. C’est ce qu’a souligné dans son article «La Russie et le monde en évolution», le premier ministre russe Vladimir Poutine. «L’Afghanistan est notre voisin proche, et nous sommes intéressés par son développement stable et pacifique. Et le plus important pour nous, c’est que ce pays cesse d’être la source de la menace de drogue pour nous. Il me semble que le rôle de la Russie consiste à aider le peuple afghan à construire une économie stable avec l’aide active des pays voisins», mentionne l’article.

Après le retrait des forces internationales de l’Afghanistan, la Russie tente de relancer son économie avec des investissements, a souligné le chef du FDCS Viktor Ivanov.

«Aujourd'hui, le budget de ce pays représente 12 milliards de dollars, sur lesquels le revenu propre de l'Afghanistan représente à peine 2 milliards. Tout le reste – c’est de l'aide internationale», explique-t-il. «Mais déjà un certain nombre de pays, qui maintiennent leurs contingents militaires en Afghanistan, ont affirmé qu’avec leur retrait, les investissements étrangers dans l'économie locale seront réduits de 2 à 3 fois. Si les investissements s’arrêtent, la production de drogue, qui y est déjà mise au point, va continuer, et ce que va-t-il se passer après? C’est pourquoi, le plus important – c’est d’augmenter les investissements dans l'économie de l'Afghanistan».

Selon les informations de Viktor Ivanov, plus de 700 tonnes de drogues à base de l’opium sont consommées chaque année en Europe. En Russie, le volume annuel de consommation d’opiacés représente 540 tonnes. Deux principaux centres de production de drogue se sont formés dans le monde: celui de la fabrication de l’héroïne en Afghanistan, et celui de la production de la cocaïne en Amérique latine. Ce trafic important conduit à des conséquences géopolitiques, met en garde le chef du FDCS. A titre d'exemple, il cite l’exemple de l'Amérique du Sud, où se déroule actuellement une véritable lutte pour le contrôle du trafic de cocaïne, et les cartels de la drogue sont en train d’essayer de prendre place au sein des structures gouvernementales afin de faciliter le commerce des stupéfiants.

Les méthodes traditionnelles de lutte pour enrayer le trafic de drogue n’apportent pas de résultats significatifs. C'est pourquoi la Russie a refusé de soutenir la proposition américaine d'établir des troupes spéciales en Asie centrale pour intercepter le trafic de drogue, estime Viktor Ivanov.

«Plus les stupéfiants sont interceptés efficacement, plus leur prix augmente, et plus les profits des cartels de la drogue augmentent. L'approche doit être plus complexe. Il s’agit notamment de poursuivre les mesures policières visant à intercepter la drogue, des actions de la communauté internationale visant à arrêter la production de la drogue dans les différents pays et enfin, des mesures orientées sur la croissance économique pour donner du travail à la population locale».

Victor Ivanov appelle par ailleurs la communauté internationale à refuser la légalisation de la drogue, un moyen extrême qui est perçu depuis quelque temps par l'opinion publique efficace pour résoudre le problème du trafic des stupéfiants. Selon Ivanov, derrière ce genre de campagnes dans les médias se cachent de grandes institutions financières, qui tentent d’essayer de blanchir des fonds criminel.

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