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07/03/2012

Pourquoi donc la goulash à la française (Sarkozy) devrait laisser sa place au yaourt insipide et indécis (Hollande) comme symbole de l'unité française? se demandent les chefs d'Etat étrangers.

François Hollande et le chahut international

6.03.2012, 21:55

François Hollande Photo: EPA
 
     
On cause beaucoup dans les chaumières européennes et la grogne générale s’installe: le Grand Méchant Mou, ce Corrézien d’adoption et rouennais de naissance, ce paysan aux origines paysannes du Pas-de-Calais, bref, Monsieur François Gérard Georges Hollande; né le 12 août 1954, prétendant à la magistrature suprême de la France, s’est vu claquer la porte au nez par les Grands de ce monde.


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Il faut appeler un chat un chat: les leaders européens ont carrément refusé de rencontrer ce grand indécis décidé de devenir Président de la République. Jugez par vous-même: Angela Merkel, la redoutable chancelière allemande, n’a pas trouvé de temps pour le rencontrer ni le premier-ministre britannique David Cameron lorsque Hollande s’est rendu en Angleterre où il a dû se contenter d’un rendez-vous avec le leader des travaillistes Ed Miliband qui lui a apporté son soutien. Mais le bon vieux François, ce «petit père Queille», un autre sobriquet dont on l’a affublé pour rappeler son allégeance à la Corrèze, ne se dégonfle pas. Il défie bravement le destin. Qu’à cela ne tienne! Il y a toujours ces chers Polonais qui veulent bien le rencontrer au plus haut niveau. Et puis on verra le reste après le 6 mai.

La question à cent francs quasiment inévitable: pour quoi cherche-t-on à bloquer ce candidat? Pourquoi de nombreux Français ne s’identifient pas à cet énarque qui sait pourtant tâter le cul des vaches et plaide obstinément la justice sociale pour son pays ou, comme il se plaît à répéter «une économie sociale et solidaire»? On essaiera de répondre à cette question.

C’est que après avoir passé en revue tous les reportages du candidat socialiste et ses propres ouvrages à savoir Le rêve français ou encore Un destin pour la France, on se retrouve toujours avec la même question De quoi Hollande est-il le nom? comme l’a formulé Claude Durand, notre confrère de La Revue. Que peut-on dire des étrangers qui ont refusé net audience à ce politique de la gauche, tandis que même les Tricolores n’arrivent pas à le définir.

Tous les hommes d’Etat de la stature d’un François Mitterrand ou même Jacques Chirac sont un peu des visionnaires. Ils imaginent un avenir pour leur pays et s’investissent à fond pour sortir cet avenir des limbes. Pour ce qui est de l’ancien supporteur de Lionel Jospin qu’on a accusé d’avoir noyé son candidat, le message reste mou et est plutôt du genre Impression. Soleil levant. On nage dans le yaourt. Le programme de François Hollande ne se décortique pas. Il ressemble à un gaz inerte.

A travers ses messages, adressés à la Nation française on peut capter plusieurs mots-clés qui prêtent à confusion. Les deux premiers sont solidarité et égalité et c’est tout à son honneur puisque nous sommes en France. Se déclarer républicain est un truisme dans un pays qui n’est plus royaliste depuis plus d’un siècle. Mais Hollande va plus loin. Il entend appliquer ses principes à la lettre dans un pays où 50 p.c. de citoyens touchent moins de 1500 euros en revenus mensuels comme il a affirmé au plateau d’Olivier Mazerolle en juin dernier lorsqu’il était encore candidat à la primaire socialiste. Mais voilà qu’on lui pose des questions sur la triste affaire de Sevran avec la vente de cannabis ou les fusillades dans la rue et de nouveau il s’esquive et se fait éphémère en trompe l’œil. On ne voit pas vraiment où il veut en venir quand il nous raconte les 4 vérités sur l’éradication des bandes. Pour ce faire, notre brave François propose de nous mettre tous ensemble avec l’Europe pour lutter contre le trafic des quartiers. On voit bien Angela Merkel avec David Cameron faire équipe avec François Hollande dans les rues de la commune de Sevran. C’est peut-être pour cela qu’une grande part de Français lui refuse la confiance. Le vote des immigrés est un autre point sensible sur lequel notre homme a du mal à se prononcer. Ce qui prime c’est l’égalité. L’ennui est que les Français sont une nation cartésienne et ils aiment bien qu’on leur explique logiquement ce qu’on veut faire d’eux et au nom de quoi. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir beaucoup de personnes qui voudraient être sur un pied d’égalité avec tous les immigrés fraîchement arrivés au pays. D’ailleurs la notion d’égalité est très abstraite.

Mais François Hollande ne désarme pas : il veut porter un message fort et clair en Europe et dans le monde au nom des droits de l’Homme. Nous y voilà! Cette baguette magique des Droits de l’Homme remplace tout un message politique que M.Hollande pourrait adresser à ses pairs sur la scène internationale. C’est que il y a eu beaucoup de choses ces dernières années qui se sont passées au nom des droits de l’Homme. N’est-ce pas au nom des droits de l’Homme que les troupes américaines ont envahi l’Irak ou encore c’est au nom de l’égalité et Droits de l’Homme que la Yougoslavie ou la Lybie furent mises à feu et à sang ? Et si d’aucuns y ont gagné, d’autres ont tout perdu. D’ailleurs, je ne crois pas qu’il y ait eu des journalistes français qui sont allés enquêter sur le terrain pour savoir si les Lybiens ou encore les ex-Yougoslaves ou autres Afghans sont devenus plus égaux entre eux ou plus heureux.

Tout cela nous prouve de façon quasi-incontestable que notre candidat gélatineux surnommé Flanby en est à ses premiers balbutiements dans la politique internationale qui demande du pragmatisme au nom des intérêts de son propre pays. Si on compare à un Sarkozy, aussi carré du haut que du bas, bien que désespérément ultra-atlantiste, ou bien à Marine Le Pen, extrêmement combattive, on se rend malheureusement compte que cette grande nébuleuse de François cherche encore ses mots pour pouvoir s’exprimer.

Et qu’en pensent ces propres lieutenants ou camarades? Madame la secrétaire générale de son parti – la tranchante Martine Aubry ne semble pas le porter dans son cœur. Elle trouve qu’être un «homme normal», phrase-clé du candidat à la présidence, ne peut suffire pour se mettre à la tête de la nation. On sait que Martine Aubry a un long contentieux avec François et que peut-être elle ne trouverait pas à redire si, en sa présence, on répétait le mot d’un fabusien qui a dit à propos de François Hollande qui était alors premier secrétaire que c’est la première fois que le premier secrétaire est le dernier des socialistes. Certains sont allés jusqu’à l’accuser d’être de connivence avec le parti de Jacques Chirac. A vrai dire cela n’a rien d’étonnant parce que de tout temps la droite bonapartiste était plus proche du centre gauche que de ses propres compagnons d’armes. Ce fut le cas d’un Philippe Dechartre ou d’un Michel Jobert entre autres. Alors pourquoi pas notre président feutré du Conseil général de la Corrèze?

Revenons tout de même à la question initiale: peut-on faire confiance sur la scène internationale à une personne qui n’arrive pas à arrêter de faire des ellipses et répond de façon évasive à des questions pourtant bien concrètes? Peut-on s’attendre à ce que le président du Conseil italien Mario Monti qui peine à la besogne du redressement de l’Italie à bord du gouffre financier fasse confiance à un personnage qui de l’autre côté de la frontière appelle les Français à ne pas faire tous ces efforts? Nous vous prierions bien de remarquer que nous ne faisons que reprendre une citation de François Fillon.

Peut-être qu’Alain Juppé avait raison de dire que la France a réussi à négocier deux traités fondamentaux au sein de l’Europe qui permettraient à l’Union de sortir finalement de la crise. Peut-on faire confiance à un inconnu qui risque de remettre tout en question et qui donne des promesses électorales susceptibles de compromettre le budget de son propre pays? C’est vrai qu’il y aura bien un après-6 mai mais comme a dit Madame Lagarde, qui est à la tête du Fond Monétaire International, encore faut-il pouvoir assumer la note!

La route vers l’enfer est pavée de bonnes intentions et peut-être les leaders européens préfèrent un pragmatisme sarkozyen qui frôle souvent le cynisme effronté au message indéchiffrable du sphinx socialiste. Il n’y pas de fronde anti-Hollande. Il y a juste le bon sens qui fait craindre le pire et le pire dans ce cas-là s’appelle irresponsabilité.

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