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14/03/2012

Les média russes pressentent la future nomination de Dmitri Rogozine au ministère de la Défense. Si cela s'avère, cela prouverait l'état de guerre entre la Russie et le BAO. Rogozine est fin connaisseur des nouvelles techniques de l'OTAN.

Cadeau pour l’OTAN : Rogozine à la défense à Moscou ?

14/03/2012  

 

Le quotidien Moskovsky Komsomolets rapporte ce matin des indications de diverses sources, dont certaines de l’industrie russe de l’armement, selon lesquelles Dmitri Rogozine, l’ancien ambassadeur de Russie à l’OTAN et actuel vice-Premier ministre chargé des relations avec le complexe militaro-industriel (CMI) russe, pourrait garder ce poste dans le nouveau gouvernement, en y ajoutant celui du ministre de la défense. C’est une nouvelle extrêmement importante et, si elle se vérifie, une indication précise pour confirmer qu’il y a bien, avec le nouveau président, Poutine-II, une nouvelle dynamique dans la politique russe, très dure, contre les entreprises du bloc BAO. Rogozine est à la fois un spécialiste des affaires militaires, un spécialiste des relations militaro-politiques avec le bloc BAO, particulièrement l’OTAN, et un nationaliste très affirmé ; pour ce dernier point, on précisera que Rogozine apparaît conscient que l’offensive du bloc BAO, instrument aveugle du Système, porte une dimension déstructurante mortelle, notamment pour la cohésion de la Russie. Rogozine a appris, à Bruxelles, la maniement et l’intérêt des techniques nouvelles du système de la communication, et il est donc, également, un spécialiste de la forme qu’a prise cette “guerre nouvelle” déclenchée contre la Russie.

C’est Russia Today qui répercute, ce 14 mars 2012, l’essentiel des informations publiées dans le quotidien Moskovsky Komsomolets.

«The Moskovsky Komsomolets daily referred to “a number of sources, including those in the military-industrial complex,” as saying that Rogozin could soon be appointed Defense Minister. It also speculated he could combine the duties from the new post with his current position of deputy prime minister in charge of the military-industrial complex – just as Aleksey Kudrin did when he was working as Finance Minister.»

Par rapport à son éventuel prédécesseur Anatoliy Serdyukov, Rogozine, s’il obtenait ce poste, amènerait effectivement son expérience politique qui lui permettrait de figurer avec avantage face aux chefs militaire, que la direction politique semble vouloir mettre au pas pour obtenir une cohésion complète dans la communauté de sécurité nationale : «The only drawback the journalists found in Serdyukov was his lack of political experience that, according to unnamed experts, he demonstrated during his meetings with the foreign heads of military departments. Rogozin’s appointment is supposed to fix this. Having worked as Russia’s envoy to NATO since 2008, he is experienced in handling high stakes situations, from NATO’s eastern expansion to the highly contentious US missile defense plans.

»Rogozin’s appointment may also signal greater changes in the General Staff. Recently, its current head General Nikolay Makarov announced publicly that the military would impose a “five-year moratorium” on purchases from Russian defense enterprises due to the extremely poor quality of their products. Freshly appointed Rogozin then replied in his typically modern manner – via Facebook – that decisions like this are made not solely by the head of the military. Rogozin continued the state weapons program would go ahead as planned.

»The newspaper’s last argument was that Rogozin’s patriotic ideas appeal to a large number of Russian citizens. Rogozin started his political career on a nationalistic platform. To this day, he serves in his high official while keeping his place as the head of the Congress of Russian Communities – the body protecting the interests of ethnic Russians in foreign countries.»

Une telle possibilité (Rogozine à la défense en plus d’être vice-Premier) serait une indication très précise, comme on l’a dit plus haut, sur tous les plans, et pas seulement du point de vue militaire et de l’armement. Cette nomination aurait effectivement un poids politique considérable, de confrontation ouverte avec le bloc BAO, et également dans les domaines de la communication, dans une occurrence extrêmement intéressante. Rogozine est, certainement, l’un des hommes politiques russes les plus aptes à comprendre combien le bloc BAO, et l’OTAN en son cœur, sont désormais les outils d’un Système dominateur, et le réceptacle de toutes les intrigues qui peuvent être machinées sous cette impulsion irrésistible du Système. (Voir notamment le 9 mai 2009.) Rogozine est le premier, à notre connaissance, à avoir explicitement parlé de “système du technologisme“ pour caractériser la politique de l’OTAN, faisant allusion à cet égard au développement du système anti-missiles BMDE qui, au départ, n’a reposé que sur l’entraînement du système du technologisme et des intérêts que cette dynamique alimente dans l’industrie d’armement du bloc BAO, essentiellement américaniste, qui a un rôle et un caractère très spécifiques.

Mais il y a une autre dimension chez Rogozine, le nationaliste et défenseur des Russes ethniques de l’étranger, les minorités d’Ukraine, des pays baltes, etc. Cette dimension a beaucoup plus un caractère spiritualiste propre à la Russie, qu’un caractère strictement ethnique, au sens étroit courant dans nos diverses polémiques de salon. Cela fut particulièrement évident à la fin février, lorsque Rogozine a lancé un mouvement en faveur de l’armée russe et de l’industrie de l’armement qui la soutient, qui doivent être considérées selon un point de vue complètement différent de celui qu’on a pour considérer le CMI américaniste et les forces armées qui lui sont liées, avec les connexions-Système qui vont avec. Au contraire, l’initiative de Rogozine se place dans un sens spiritualiste et antiSystème qui se rapproche de ce qu’on a déjà vu, dans le même registre, du côté de Panarine.

Un autre article de Russia Today, rapportant les conditions de présentation du mouvement de Rogozine, le 27 février 2012, mettait implicitement en évidence ces conditions en rapportant l’intervention de Cyril Ier, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, chef de l’Eglise Orthodoxe Russe depuis 2009, qui était effectivement présent. Cyril a parlé aussi bien de l’attaque faite contre la Russie par l’arme de la communication, et de la nécessité de repousser les tentations et pièges de la modernité, – ce qui représente une appréciation antiSystème qui va bien au-delà de la politique habituelle, y compris du conflit entre la Russie et le bloc BAO. Il s’agit bien du conflit contre la modernité et le Système, dont les conditions et les puissantes spécificités commencent ainsi à être pleinement réalisées.

«…The head of the Russian Orthodox Church, Patriarch Kirill, spoke at the opening.

»The patriarch called upon the assembly to start creating the new man, capable of resisting the information aggression that is being launched from abroad, primarily through the internet. The top cleric went on to predict that the people who succumb to temptations of the modern age could later come to power and this would lead to the loss of Russia’s sovereignty. “This is why the thoughts about the strengthening of the nation’s defense must be accompanied by the thoughts about spiritual development of those who would possibly defend their Motherland from enemies in future,” he noted.»

 

Misq en ligne le 14 mars 2012 à 13H48

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