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23/03/2012

Petit lexique du partisan européen. (XXVI). Sachons dès aujourd'hui de quoi l'on parle lorsqu'on use et abuse de certains mots!

◘ 26 - HOMME

cyborg10.jpgEst humain ce qui appartient en propre à l'homme, ce qui vient en surplus de son animalité, c'est-à-dire le fait culturel et la conscience auto-réflexive (conscience d'avoir conscience et d'avoir une destinée).

Pour le judéo-christianisme et les idéologies dominantes, l'humanité désigne un ensemble homogène dans lequel les divergences ethniques et culturelles sont provisoires et secondaires. Pour nous, c'est là ramener le fait humain au fait animal ; c'est du biologisme, paradoxalement (cf. réductionnisme). L'hominité, au contraire, c'est-à-dire la spécificité biologique des hommes, c'est d'être dissemblables culturellement, de diverger anthropologiquement, de ne pas posséder de conscience d'espèce. L'humanité de l'homme, selon nous, c'est-à-dire ce qui le définit comme “humain”, ne se trouve pas dans les ressemblances et les similitudes entre les hommes, tous différents par groupe comme par individu, mais dans le fait que tous les hommes échappent à l'inconscience de l'animalité et aux déterminismes biologiques par les réponses culturelles profondément différentes, inégales, qu'ils élaborent pour survivre, comme autant de méta-natures. En ce sens, l'humanité n'est pas une “condition”, mais un état progressif qui se conquiert, une “situation”. L'homme tends vers le toujours-plus-humain, c'est-à-dire vers le surhumain, vers l'accroissement de sa liberté envers les déterminismes biologiques. La conscience historique comme la technique moderne sont des facteurs de surhumanisme. L'humanisme égalitaire qui débouche sur la société marchande et sur un système universaliste ravale l'homme au rang d'être abstrait, définitif, individué et le fait paradoxalement regresser (involution).

Comprendre l'homme de manière totale, anti-réductionniste, c'est l'envisager à la fois comme un produit de l'évolution, comme un “animal” complet limité par son hérédité mais ne pouvant actualiser cette dernière — dont les possibilités sont immenses — que par son ouverture-au-monde ; cette dernière autorise l'homme à recevoir la discipline d'une culture qui démultiplie de ce fait ses possibilités innées par des informations acquises. L'homme s'investit alors comme un être d'action : il agit sur son milieu alors que l'animal se contente d'y survivre et de s'y adapter. La volonté de puissance appartient donc, biologiquement et culturellement, à ce qu'il y a de plus humain dans l'homme. Elle correspond à cette “étincelle divine” dont ont parlé beaucoup de penseurs européens et qui fait de l'homme un être-en-devenir permanent.

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