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02/04/2012

Petit lexique du partisan européen. (XXXV). Sachons dès aujourd'hui de quoi l'on parle lorsqu'on use et abuse de certains mots!

◘ 35 - MYTHE

promet10.jpgEnsemble d'images organisées sous forme de récit de nature poétique, épique, légendaire, lyrique, etc., qui rassemblent dans la tradition d'un peuple, d'une communauté, d'une culture, des représentations fondatrices propres à établir l'existence ou l'historicité du groupe dont il s'agit.

« Un pays qui n'a plus de légendes, dit le poète, est condamné à mourir de froid. C'est bien possible. Mais un peuple qui n'aurait pas de mythes serait déjà mort. La fonction de la classe particulière de récits que sont les mythes est en effet d'exprimer dramatiquement l'idéologie dont vit la société, de maintenir devant sa conscience non seulement les valeurs qu'elle reconnaît et les idéaux qu'elle poursuit de génération en génération, mais d'abord son être et sa structure mêmes, les éléments, les liaisons, les équilibres, les tensions qui la constituent, de justifier enfin les règles et les pratiques traditionnelles sans quoi tout en elle se disperserait. Tous ces récits ont une fonction, la même fonction, vitale » (G. Dumézil).

Ne visant pas à convaincre mais à séduire, le mythe est un résumé mobilisateur de la personnalité d'une communauté, compris comme un récit fondateur : les héros, présentés par les mythes, cristallisent par ex. les types humains et les personnalités créatrices propres à une culture ou érigent en situation-type des évènements précis susceptibles de se reproduire. La dimension religieuse et sacrée du mythe le rend propice à la réactivation à tout moment de l'histoire. C'est pourquoi les dieux du paganisme constituent des mythèmes (éléments signifiants de mythe) toujours capables de trouver une nouvelle signification, une régénération. L'âge des mythes n'est nullement révolu ; il n'y a pas « primitivité » du mythe et celui-ci demeure toujours empreint de véracité même s'il emprunte une autre voie que le savoir rationnel. L'idée d'Empire, les cosmogonies hellènes ou germaniques sont, par ex., porteuses de mythes parfaitement réactivables. De la tétralogie wagnérienne à la science-fiction, les temps modernes produisent toujours des mythes.

Notre conception-du-monde qui, parce qu'elle ne réduit pas l'homme à un animal rationnel, prend conscience de sa dimension mythique (cf. antiréductionnisme), doit s'employer à insérer, dans une modernité qui s'y prête, un nouveau discours mythique, tourné vers l'appel de l'avenir et le retour de l'immémorial. Le mythe est, par excellence, le domaine de “la plus longue mémoire”.

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