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03/04/2012

Le Bloc Américaniste Occidentaliste (BAO) est piégé par sa présomption induite par la surpuissance de ses capacités militaires. Ce piège est aussi celui de l'axe Israël-USA qui réussit à mettre au second plan l'Iran après ses propres problèmes internes.

Une interférence majeure : l’affrontement Netanyahou-Obama

03/04/2012

 

Il est intéressant d’interpréter l’appréciation d’Israël, ou plus précisément l’appréciation de l’équipe dirigeante réduite à sa fraction la plus extrémiste conduite par Netanyahou, des derniers évènements en Syrie, autour de la Syrie, et cela en connexion directe avec la crise iranienne et, surtout, avec l’antagonisme quasiment personnel entre Netanyahou et Obama. Cette appréciation israélienne extrémiste de la fraction conduite par Netanyahou est effectivement marquée de plus en plus par l’hostilité viscérale du Premier ministre israélien, presque un sentiment personnel obsessionnel, à l’encontre du président US. Cette circonstance devient un élément majeur de la situation de la crise générale, par conséquent de la crise haute.

Nous ferons essentiellement cette interprétation au travers de deux analyses de DEBKAFiles car, en l’occurrence, ce site, dont on connaît les orientations, est plus que jamais un révélateur indirect du sentiment profond de l’extrémisme israélien type-Netanyahou. L’antagonisme avec la politique US identifiée personnellement à Obama est en train de devenir un facteur politique majeur, qui tendrait à supplanter l’antagonisme avec l’Iran. On se trouve dans le territoire d’une psychologie de plus en plus exacerbée, où la responsabilité du non-accomplissement des plans d’attaque contre l’Iran est de plus en plus massivement mise au débit du président US et de son administration, et, plus largement, de toutes les forces (US et non-US) qui peuvent leur être accolées. Tout se passe comme si Obama devenait, cela selon un cheminement inconscient des diverses obsessions en cause, l’ennemi n°1 pour Netanyahou, encore plus que l’Iran lui-même.

Les deux textes sont du 31 mars 2012, concernant ce qui est apprécié comme une victoire totale de Assad et de ses soutiens, et du 2 avril 2012, concernant ce qui est apprécié comme un durcissement très net de la Russie et de l’Iran, jugés comme de plus en plus proches, contre toute attaque envisagée contre l’Iran.

• “Victoire totale” de la Syrie d’Assad, donc, essentiellement due, selon DEBKAFiles, à l’intervention massive des Russes et des Iraniens, et surtout à la politique syrienne (comme une duplication de sa politique iranienne) de l’administration Obama, regardée avec un mépris considérable par les Israéliens extrémistes comme ayant permis ces manœuvres russo-iraniennes. En un sens, DEBKAFiles et ce qu’il représentent semblent suggérer que les Russes ont tenu, vis-à-vis de l’Iran, et avec l’Iran vis-à-vis de la Syrie, le rôle que les USA devraient tenir vis-à-vis d’Israël.

«Bashar Assad’s victory over the 12-month uprising to unseat him is unquestioned. With massive Iranian and Russian intelligence and military support, the Syrian army was able to push the rebels out of the cities – barring isolated pockets in Homs and Idlib – and drive them to the rural periphery, where they can’t hold up for long. One observer, describing their situation as “undergunned and overwhelmed,” reported that Syria's rebels have to negotiate for hours for every box of bullets they haul across the border for their war against Assad. “And their frustration is starting to show.”

»Tehran, Damascus and Hizballah are crowing over their success in derailing the Obama administration’s two-pronged policy for halting a nuclear Iran. It hinged on Tehran’s isolation by unraveling its alliance with Damascus and Hizballah and economic pressure through tough financial sanctions and an oil embargo. Iran has come out of the woods firmly in position at the head of its bloc, now cemented by Assad’s defeat of his foes. Tehran’s hand is much strengthened for the coming nuclear talks between Iran and the Six Powers due to start in two weeks. Washington will have to pay for any Iranian concessions by starting the process of unwinding sanctions.»

Pour DEBKAFiles, la messe est dite : « It is clearly too late to reverse the tide in Damascus…» Ce n’est pas qu’Israël (Netanyahou) en soit particulièrement désolé, car un Assad au pouvoir lui paraît bien plus préférable qu’un désordre dont les islamistes extrémistes auraient de fortes chances de sortir vainqueurs ; toute la dialectique à cet égard, prenant la posture artificielle de déplorer cette défaite du bloc BAO en Syrie, a pour but de discréditer la politique à l’égard de l’Iran de tous les adversaires des extrémistes israéliens typer-Netanyahou, d’Obama aux “ennemis de l’intérieur” allant de Dagan au dernier venu, Shaul Mofaz

«This ought to be a resounding lesson for the Israeli circles who argue that it is up to America to deal with a nuclear Iran, a much-quoted minority chorus led by the ex-Mossad chief Meir Dagan, the moderate ministers Benny Begin and Dan Meridor and the newly-elected head of the opposition Kadima party, Shaul Mofaz. They would all like to shrug off Israel’s responsibility for preempting a nuclear Iran and pass the buck to the United States.»

• Pire encore, nous dit DEBKAFiles dans la seconde analyse citée : autant les Russes que les Iraniens durcissent le ton devant une possible attaque de l’Iran. La position de la Russie, bien sûr et surtout, est mise en exergue, avec la Russie se considérant comme de plus en plus concernée par une possible attaque, et de plus en plus garante du droit international face à cette possibilité. Du coup, des évènements sans signification évidente, comme la décisions des arabes extrémistes (Qatar et Arabie) de “payer” les “soldats” de l’opposition par ailleurs décrite comme étant en complète déroute, ou une manœuvre navale du bloc BAO en Méditerranée, sont présentés comme étant pris très gravement au sérieux par les Russes et par les Iraniens, faisant monter la tension à leur avantage (avec, en arrière-plan sonore la même plainte : “rien de cela n’aurait lieu si nous avions attaqué l’Iran”)… Le premier événement décrit comme ceci : «Moscow and Tehran view this step as Arab intervention in the Syrian conflict…» ; les deux évènements étant observés de cette façon : «Russia and Iran appear to be treating the two events as interconnected.» Ainsi donc en est-il, selon DEBKAFiles, d’une situation dont l’aggravation, au désavantage évident du bloc BAO, est désormais une évidence catastrophique.

«Russian Foreign Minister Sergey Lavrov issued a strong warning against a military attack on Iran Monday, April 2, saying that a pre-emptive strike would violate international law. His comments, made during a visit to Armenia, stopped short of threatening (the US and/or Israel) of consequences. But they backed up and were in tune with the explicit threat from Iran’s supreme leader Ayatollah Ali Khamenei last Thursday of strong Iranian resistance to foreign intervention in Syria and vow to defend Damascus as the “center of resistance against Israel.”»

…Il s’agit surtout de la tonalité de ces deux analyses, basées par ailleurs sur des informations assez sûres mais qui sont toutes utilisées dans le sens d’une démonstration tendant à mettre en accusation ceux qui ne souscrivent pas à l’extrémisme type-Netanyahou. L’intérêt de l’exercice est qu’il nous donne une assez bonne appréciation, presque “objective” par défaut ou par mégarde, de la situation : il est vrai que la situation en Syrie a changé dans le sens décrit ; il est vrai que Russes et Iraniens se sont durcis, au lieu de céder aux diverses pressions du bloc BAO, et se sont ainsi rapprochés les uns des autres, là encore “objectivement” ; il est vrai enfin que la “politique” du bloc BAO élargi aux pétroliers arabes de circonstance a décisivement pesé pour transformer la crise syrienne en crise majeure sans se donner les moyens d’y intervenir décisivement, justement, et d’ailleurs sans la volonté pour cela ; donc, crise majeure au profit des Russes et des Iraniens. (Tout cela confirmant évidemment notre appréciation du 2 avril 2012 qu’il s’agit d’une crise menée par le système de la communication, sans aucune volonté politique derrière, – mais qui n’empêche nullement sa réelle gravité, et dont ont finalement profité Russes et Iraniens.) Mais l’ensemble de la description est bien sûr utilisé, selon cette fameuse “tonalité” raisonneuse et agressive des analyses, pour mettre en accusations les modérés et autres, l’administration US, les Dagan & Cie, pour n’avoir pas suivi et pour ne pas suivre la prescription radicale du bon docteur Netanyahou.

La vigueur et l’orientation du propos nous conduisent finalement à observer que cette faille importante entre extrémistes et “moins extrémistes” dans le bloc BAO plongé dans la crise haute, devient un gouffre, une interférence majeure dans cette crise ; que cela n’est plus loin, désormais, de former le caractère essentiel de cette crise… En d’autres mots, le conflit Netanyahou-BHO (pour résumer) est peut-être en train de supplanter en importance le conflit entre le rassemblement du bloc BAO et l’Iran (avec la crise syrienne en flanc-garde pour verrouiller les erreurs commises, les deux crises iranienne et syrienne successivement ou parallèlement). Cette occurrence est peut-être en train de transformer la physionomie de la crise haute, ne serait-ce, d’ores et déjà, qu’en donnant aux acteurs sur la défensive jusqu’à il y a peu (jusqu’à décembre 2011), un rôle offensif de plus en plus marqué… On parle, bien sûr, de l’Iran, et, surtout, de la Russie.

Dans tous les cas, la crise iranienne est d’ores et déjà transmutée après l’intervention de divers facteurs (tension dans le Golfe, crise syrienne), comme nous l’observions le 4 janvier 2011, à l’issue de la première phase de cette transmutation. D’une menace constante d’attaque et d’agression contre l’Iran du bloc BAO (depuis 2005), qui servait surtout à maintenir une pression hégémonique d’un ensemble où les divergences ne faisaient pas trop de dégâts, on est passé à une situation où ces divergences commencent à occuper le devant de la scène et pourraient bientôt devenir le facteur fondamental de la crise haute, orientant et définissant cette crise haute vers des domaines très différents de ceux qu’elle intéressait jusqu’alors. Ce qui apparaît désormais de plus en plus en cause, c’est l’approximative cohésion de ce rassemblement hétéroclite (bloc BAO et ses divers appendices) dans cette crise générale, avec les répercussions sur les relations à l’intérieur de cet ensemble, et dans certaines situations intérieures de certains des pays impliqués. Selon les tensions, l’orientation de ces tensions, la fermeté de la résistance russe et iranienne, etc., c’est l’équilibre intérieur de pays ou d’ensembles tels qu’Israël, l’Arabie, les USA, l’UE, qui serait impliqué.

 

Mis en ligne le 4 avril 2012 à 09H39

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