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08/04/2012

Petit lexique du partisan européen. (XLI). Sachons dès aujourd'hui de quoi l'on parle lorsqu'on use et abuse de certains mots!

◘ 41 - PAGANISME

raven-11.gifLe paganisme est une attitude religieuse qui échappe aux systèmes des 3 grandes religions monothéistes et, plus précisément, dans l'emploi que nous lui donnons désigne la religion traditionnelle de l'Europe, toujours vivante, soit sous forme de rites, soit de sensibilités culturelles, soit, en ce qui nous concerne, de conception-du-monde redevenue consciente.

Caractère commun de tous les paganismes : la religion est liée à la vie ; une dimension prioritaire est attribuée à la vie du groupe, à la vie sociale ; naturel et surnaturel s'interpénètrent ; le sacré est immanent. Le dualisme lui, caractérise les systèmes monothéistes (divin hors du monde, créateur séparé des créatures, âme indépendante du corps, non-interprétation du sacré et du profane). Le paganisme européen — celui des religions préchrétiennes comme celui qui subsistera dans les rites populaires et dans la culture à travers et malgré une apparente christianisation — ajoute à ces élements le sentiment tragique de la vie, et une divinisation de l'homme par la maîtrise de son destin.

Aujourd'hui, une régénération du paganisme est possible, sous la forme “post-chrétienne” d'un néo-paganisme : le divin peut se confondre avec l'humain, notamment avec sa volonté de puissance démiurgique. “Les dieux sont en nous” : telle est la nouvelle figure de leur retour (cf. modernité). Faustien, le néo-paganime soit savoir, comme l'ancien, faire alterner sensualité et ascèse (cf. dionysisme, apollinisme). L'épuisement des dogmes chrétiens et le nihilisme contemporain déblayent la voie pour un recours au paganisme, qui ne pourra, selon nous, que s'accomplir sous une forme souveraine et pas seulement sociale, artistique, sexuelle, sportive, etc. Le recommencement païen — surgissement d'une nouvelle conscience, appelée aussi par les sciences et les techniques modernes — est seul susceptible de réconilier l'âme européenne avec elle-même, d'en finir avec la schizophrénie provoquée par la vue-du-monde et la civilisation christianomorphes. Il peut marquer la fin de l'aliénation chrétienne, le début de la réappropriation de notre culture par elle-même. Le paganisme est donc, pour les peuples européens, une libération. Il est la révolution du XXIe siècle.

Citation :

« Le nom de “païen” est un terme injurieux et ignoble, dérivé du latin paganus, qui signifie un rustre, un paysan. Quand le Christianisme eut entièrement triomphé du polythéisme grec et romain et que, par l'ordre de l'empereur Théodose, on eut abattu dans les villes les derniers temples dédiés aux Dieux des Nations, il se trouva que les peuples de la campagne persistèrent encore assez longtemps dans l'ancien culte, ce qui fit appeler par dérision pagani ceux qui les imitèrent. Cette dénomination, qui pouvait convenir, dans le Ve siècle, aux Grecs et aux Romains qui refusaient de se soumettre à la religion dominante de l'Empire, est fausse et ridicule quand on l'étend à d'autres temps et à d'autres peuples » (Fabre d'Olivet, Examens des "Vers Dorés" de Pythagore).

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