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14/04/2012

Les déplacements du président iranien Mahmoud Ahmadinejad sur l'île d'Abou Moussa contre lesquels aucun média français n'hausse le ton laissent présager un transfert d'influence en faveur du régime chiite au grand dam du régime saoudien qui périclite.

Les Américains sont-ils en train de remettre les clés du golfe persique aux Iraniens en échange de concessions sur le nucléaire ?

Publié le 14 avril 2012

C'est ce samedi que reprennent à Istanbul les négociations nucléaires entre l'Iran et les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie et Chine). La visite provocatrice, cette semaine, de Mahmoud Ahmadinejad sur l'île d’Abou Musa, dont l'Iran et les Emirats arabes unis se disputent la souveraineté, laisse entrevoir le jeu diplomatique à l'oeuvre.

Voici là un des conflits territoriaux les moins connus mais des plus importants et qui soudain du fait du déplacements du Président iranien sur l’île d’Abou Musa met de nouveau le feu au poudre et entraine la quasi rupture des relations diplomatiques avec les Emirats Arabes Unis.

Ces trois îles, simultanément revendiqués par les Iraniens et les Emiratis sont la petite île dite le « Petit Tomb » située à 32 km des côtes iraniennes, le Grand Tomb qui se situe à 25 km des côtes iraniennes et l’île d’Abou Moussa qui se situe presque au milieu du golfe persique, à quelques kilomètres de Siri, une île iranienne.

L’affaire remonte à 1971. Lors du retrait des forces britanniques de leurs colonies arabes du golfe persique, l’armée impériale d’Iran occupe alors trois îles, qui outre l’importance économique du fait de la zone économique exclusive (ZEE) qu’elles représentent pour l’Iran, occupent une place éminemment stratégique, à l’entrée du golfe persique.

En effet, dans cette zone qui recèle en son sein plus de 60% des réserves pétrolières prouvées au monde, le contrôle d’un espace maritime (ZEE) octroyant à l’Iran des droits souverains en matière d'exploration et d'usage des ressources sur un territoire maritime allant de la limite extrême des eaux territoriales iraniennes jusqu'à 200 milles marins revêt une importance énergétique très significative.

Ce qu’il convient de retenir dans cette affaire est le timing de la visite du Président iranien. A la veille de la rencontre entre les Iraniens et le groupe de 5 + 1 à Istanbul sur la question du nucléaire, une telle visite n’est pas dénuée de symbole. Surtout quand on considère la demande exprès adressée par Ban Ki Moon à l’Iran pour qu’il apporte son concours à la cause de la paix en Syrie.

A moins de considérer qu’il s’agit là d’une simple provocation gratuite dénuée d’arrière-pensée, difficilement envisageable aux vues du calendrier, la seule interprétation possible est celle qui consiste à considérer que le Yalta sur le Moyen Orient est d’ores et déjà sur le point d’être mis en place et que les clés du golfe persique sont sur le point d’être remises par les Américains aux Iraniens en échange de concessions sur le nucléaire.

On ne peut y voir autre chose. En effet, cette visite, une première dans l’histoire des îles, est tellement chargée d’émotion pour les Iraniens et les Emiratis qu’elle ne saurait avoir été effectuée à la légère. Et ce d’autant que le Président iranien, met de nouveau l’appellation « Persique » du golfe à l’ordre du jour en vantant l’ancienneté plusieurs fois millénaires du qualificatif persique alors que les pays arabes de la région ont quasiment tous obtenus leur souveraineté que vers les années soixante-dix.

Cette une revendication lourde de sens tant elle traduit la volonté hégémonique de ce pays sur la région. Elle n’est pas non plus sans rappeler une revendication similaire de la part des Chinois sur la mer de Chine.

Il est difficilement imaginable que les Iraniens aient organisé cette visite, en cette semaine fatidique, sans lourdement mesurer les conséquences diplomatiques et géostratégiques qu’elle est susceptible d’entrainer. Seule une profonde conviction tendant à croire que le rapport de forces est gagné en leur faveur est de nature à expliquer une telle audace. Les Emirats ont en effet rappelé leur Ambassadeur à Téhéran et ont annulé un match de football entre les équipes des deux pays.

Ce qui est tout aussi remarquable en la matière est le silence absolu des Américains et des Européens suite à cette provocation. Quel changement d’alliance est-ce que cette péripétie peut cacher dans un avenir proche … ?

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