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17/04/2012

Petit lexique du partisan européen. (L). Sachons dès aujourd'hui de quoi l'on parle lorsqu'on use et abuse de certains mots!

◘ 50 - SACRÉ

10848610.jpgAttribut d'un phénomène ou d'un mouvement de conscience dont la nature est tout à la fois de porter un sens puissamment mobilisateur, de créer un lien religieux et spirituel, et d'engendrer une valeur telle qu'elle incite à la distance, (et/ou) au mystère, (et/ou) à l'intensité comprise comme fulguration, comme embrasement intérieur.

Notion essentiellement païenne — et dénoncée comme telle aujourd'hui par certains auteurs judéo-chrétiens (BHL) — le sacré se différencie de la “sanctification” du christianisme, qui ne renvoie qu'à l'obéissance à une loi manichéenne. Le peuple, la guerre, la mort, l'éros, la souveraineté peuvent devenir, dans des circonstances précises, porteurs de sacralité. De même que chaque fonction avait son dieu dans le polythéisme, de même dans notre vision-du-monde non-dualiste, toute activité humaine, étant polymorphe, est porteuse à la fois de sacré et de profane (cf. antiréductionnisme). C'est d'ailleurs le christianisme qui, historiquement, a introduit la distinction entre sacré et profane dans les sociétés européennes. Dans le paganisme traditionnel, la nature est productrice de sacré que l'homme recueille (alors que dans la Bible, elle est profane) ; dans le polythéisme moderne, caractérisé par la conscience faustienne, où l'homme se fait démiurge, ce dernier devient maître du sacré et non plus seulement son interprète (cf. sens). Par ex., le risque et l'aventure, ressentis par un peuple qui choisit d'affronter un défi, constituent des éléments de cette immanence et de cette maîtrise du sacré. C'est vrai pour chacun de nous car le sacré est en nous — si nous le voulons.

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