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24/04/2012

Les Hongrois n'acceptent pas l'austérité. Comme c'est étrange... C'est pourtant l'unique menu que nous propose Bruxelles. C'est bien la preuve que nos gouvernants n'ont rien à dire et suivent, tous, la politique fixée par la Commission.

Une nouvelle « Révolution de velours » en république Tchèque ?

24.04.2012, 02:23

Une nouvelle « Révolution de velours » en république Tchèque ?

Photo: EPA
 
     
Les agences d’information russes ont beaucoup parlé des manifestations massives à Prague le week-end dernier. Pourquoi est-ce que la population est en colère dans un pays qui apparaît comme économiquement prospère et qui n’est pas touché par la crise de la dette ? Le célèbre journaliste politique tchèque Jan Petranek répond à cette question.

« Prague et d’autres villes de notre pays sont en pleine effervescence ces derniers jours. La population proteste contre la politique du gouvernement. Ce dernier perd également le soutien au parlement, où la coalition au pouvoir est en train d’éclater. Il est fort possible que le cabinet ministériel démissionne au cours des deux prochains jours. Dans le cas contraire, une motion de censure pourrait lui être exprimée. La politique sociale du gouvernement de Petr Nečas a provoqué ces protestations de masse. Ce qu'il qualifie de « réformes », sont considérés clairement par les gens comme un coup porté sur leur porte-monnaie, et l’une des raisons de la hausse du chômage, de la détérioration des conditions de vie des retraités et d'autres couches sociales. Il y a quelques jours, j’ai discuté avec une infirmière qui m’a fait une prise de sang. Elle a dit que les salaires du personnel médical ont baissé. Ils ont baissé tellement que les gens ne mangent plus à leur faim. Et je ne parle pas du fait que les prix du logement, du chauffage, du gaz ou d’électricité ont augmenté. Les prix des produits alimentaires ont également grimpé. C’est dans ce contexte que les 120 000 manifestants sont sortis dans les rues pour protester à Prague.

La capitale tchèque n’a pas vu de manifestations aussi importantes depuis 1989, l'année de la « Révolution de velours ». Au centre de la ville, sur la place Venceslas, de nombreuses personnes parlaient avec douleur de la situation dans le pays, de la fin d’une économie nationale, qui est actuellement vendue par morceaux aux sociétés multinationales, et de l’irresponsabilité des autorités dans la politique sociale. Il y avait vraiment un sentiment qu’on est en train d’assister à l'effondrement des partis de droite, à une vraie crise gouvernementale ».

Il est possible que ce resserrement budgétaire est fait pour une bonne cause – éviter que la République Tchèque ait le même sort que la Grèce. Jan Petranek met en doute cette vision du gouvernement.

« Notre situation est bien meilleure qu’en Grèce. Mais les Tchèques deviennent lucides : l'Union européenne n’a pas été créée pendant la période de l'unité des cultures, ou des valeurs morales générales quelconques. Cette union est surtout favorable au grand capital ».

La République Tchèque devrait contribuer aux fonds du FMI à la hauteur de 2 milliards d’euros dans le cadre de l’aide aux pays de l’UE. Il s’agit notamment d’aider les Grecs.... et c'est exactement cela qui énerve les Tchèques.

« Nous possédons une importante dette publique, tout comme d'autres pays européens », poursuite Petranek. « Alors, pourquoi nous devrions tendre la main à nos dépens aux plus faibles, qui se sont retrouvés dans cette situation à cause d’une politique économique irresponsable ? Ce principe de l'Union européenne ne tient pas la route ! Mais il est appliqué, et quelqu'un en tire certainement profit. Beaucoup de Tchèques estiment que la seule gagnante dans cette situation alarmante, c’est l’Allemagne ».

Les manifestations se déroulent non seulement en République Tchèque mais aussi en Grèce, en Hongrie, en Italie et dans d'autres pays européens. Le parti socialiste caracole pour l’instant vers la victoire dans les élections présidentielles en France. On pourrait donc parler d’un virement « à gauche » des pays de l’UE ?

« Même les gens qui ne sont pas enclins à protester, comme les centristes, sont aujourd'hui sortis dans les rues. Ils sont indignés par l'inégalité sociale, lorsque 5 % de la société est extrêmement aisée, alors que les citoyens ordinaires arrivent à peine à joindre les deux bouts. Il ne s'agit pas des partis de droite ou de gauche, les gens veulent que la justice soit faite. Je suis convaincu que l'UE se retrouve au bord d’une transformation radicale, car il existe clairement une demande pour une structure entièrement différente de l'intégration européenne » .

La politique de compression budgétaire en faveur de Bruxelles a fait sortir dans les rues de Prague des centaines de milliers de citoyens. Et demain, des millions de manifestants peuvent les rejoindre, estime Jan Petranek. Si le gouvernement n'entend pas les revendications du peuple, les syndicats menaceront d’une grève générale. Et la révolution ne sera alors pas très loin.

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