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25/04/2012

Petit lexique du partisan européen. (LVII). Sachons dès aujourd'hui de quoi l'on parle lorsqu'on use et abuse de certains mots!

◘ 57 - TRAGIQUE

sphinx10.jpgLe tragique est un sentiment caractéristique de la conception-du-monde païenne, appréhendant la vie comme aléatoire, risquée, menacée par la mort et dépourvue de finalité autre que celle que lui imprime, par combat et défis relevés, la volonté humaine.

Le sentiment tragique du monde n'est pas du “pessimisme”. Le tragique n'est pas non plus le “drame” ou, à la manière chrétienne, la perception d'un monde “malheureux” : au contraire, du tragique procède la joie ; il est voulu comme tel parce qu'il décalque l'expérience de la vie telle qu'elle est.

À tout moment de l'existence, il faut opérer des choix et donc des sacrifices. La volonté de puissance suppose en ce sens une ascèse : sacrifier un possible pour en obtenir — mais sans certitude — un autre plus grand encore. En reconnaissant que le destin des peuples comme la destinée individuelle sont ainsi constitués, le sentiment tragique pousse à l'action et à l'audace. Il est tout à l'opposé des mentalités actuelles, héritées du finalisme judéo-chrétien, où la vie n'est pas — ne doit pas être — risquée et où, dans un esprit déterministe tenté par la sécurité, la “garantie”, la préservation d'une vie sans intensité (parce qu'elle attend un “salut” ou un bonheur final promis), la prudence passive s'installent. Tout à l'opposé de l'esprit joueur et créateur de la mentalité tragique (cf. travail), que l'on retrouve dans le mythe de Faust, se tient le calcul bourgeois. On en observe, par ex., les conséquences dans la psychologie technocratique. À notre époque de convergence de défis planétaires, une renaissance historique européenne requiert un renouveau de “l'activisme” tragique.

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