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02/05/2012

Oulianovsk (Russie) accueillera une base de transit des forces de l'Otan, pour le retrait d'Afghanistan. La population ne comprend pas les autorités qui se plaignent que la Russie soit inquiétée aux frontières mais invite le loup dans la bergerie slave.

Oulianovsk : la guerre de l'information et la réalité des faits

1.05.2012, 20:58

Oulianovsk : la guerre de l'information et la réalité des faits

Photo: RIA Novosti
 
     
Les projets de création d’un centre de transit des Forces internationales d’assistance à la sécurité en Afghanistan (FIAS) à Oulianovsk continuent à susciter des débats houleux dans les médias russes et dans les blogs. Les discussions auraient pu s’arrêter si les internautes avaient plus d’informations sur la base qui sera créée.

Les reportages et les articles sur le centre de transit d’Oulianovsk ont d’emblée lancé la polémique sur le projet, ce qui a placé les autorités russes sous le feu des critiques. Tout de suite après l’apparition des premières informations sur la construction du centre, beaucoup de textes fustigeant le gouvernement russe d’autoriser une « base militaire de l’OTAN » ont été publiés dans les médias et les blogs.

Cette réaction fut une surprise, du moins pour les fonctionnaires russes, car leurs déclarations en réponse à ces accusations n’inspiraient pas confiance. En conséquence, la plupart des lecteurs des médias, comme le veut la tradition russe, sont arrivés à la conclusion que « les autorités cachent la vérité ».

Il s’agit d’un cas classique d’une mauvaise campagne de communication, et ce n’est pas une première dans l’histoire de la Russie. Les détails d’un projet, qui serait même utile en soi, n’ont pas été exposés par les médias d’une manière adéquate, et c’est la raison pour laquelle ce projet a été interprété à tort par l’opinion publique et s’est transformé en élément nuisible à l'image de l'Etat.

Un certain nombre de participants à ces événements et des experts se sont dépêchés à blâmer les journalistes pour l’échec de la campagne d’information concernant le centre de transit de l’OTAN, car les médias auraient spéculé avec des informations non vérifiées. Cette réaction est tout à fait compréhensible, mais elle n'est rien d’autre qu’un déplacement de responsabilité. Dans ce cas, la véritable raison de la déformation des informations, c'est la volonté du gouvernement de maintenir ces projets secrets, ce qui est assez caractéristique dans de très nombreux pays. Dans certains Etats, cette tendance est vaincue par la compréhension de la nécessité de communiquer, car dans le cas contraire, l’information est publiée dans les médias sous une forme déformée au profit de l'opposition.

En Russie, nous avons souvent tendance à sous-estimer le rôle des médias, et surtout les médias en ligne, ce qui confronte souvent le gouvernement à des scandales, qui auraient pu être évités si une information complète était mise à disposition à temps aux différents médias.

La compréhension de l'importance de l'information fournie à temps commence à venir. Un certain nombre de ministères et de départements russe apprennent à travailler dans cette direction. Il s’agit notamment du ministère de la Défense, dont le degré d'ouverture a beaucoup augmenté au cours de ces dernières années. Mais même si un progrès dans le domaine de la communication a été atteint, le département russe est encore très loin de ses homologues étrangers.

Il faut noter que les fonctionnaires du gouvernement se rendent compte de l’importance de communiquer sur les différents projets, mais c’est l’absence de traditions de travail dans ce domaine et le manque de personnel, qui les empêchent de réaliser ces projets. A chaque fois, les participants à des événements qui font scandale espèrent que tout ira mieux une prochaine fois.

Cet espoir fait que les structures du gouvernement refont toujours les mêmes erreurs. Alors qu’ils auraient pu éviter de les faire.

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