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05/05/2012

Les Grecs aussi iront voter ce dimanche. Le bipartisme droite/gauche chancelle. L'avenir est incertain et semé d'embûches surtout éco-sociales : fermeture de 1000 entreprises par semaine et quotidiennement 1000 emplois supprimés. Le désespoir est général.

Les Grecs indignés doivent voter sans espoir

Meeting politique de Nouvelle démocratie pour les élection législatives du 6 mai / Nikolas Giakoumidis/AP/SIPA

 
04.05.2012 | 16:50

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Les Grecs votent, eux aussi, ce 6 mai. Ces élections législatives en Grèce pourraient modifier profondément le paysage politique. La fin de campagne dans l’incertitude et pessimisme laisse entrevoir une montée des petits partis et du parti néo-nazi.

Aujourd’hui s’arrête la campagne électorale de la législative grecque dans un climat d’incertitude et de pessimisme. Dimanche 6 mai, selon les sondages, les conservateurs de la Nouvelle démocratie pourraient l’emporter à minima face aux socialistes du PASOK. Mais, dans un pays ravagé par la crise qui a perdu des repères politiques traditionnels, les sondages n'ont plus grande valeur.

Ce scrutin est ainsi le plus ouvert depuis le retour de la démocratie en 1974. Les électeurs grecs devraient mettre fin dimanche à trente ans de bipartisme. Jugés responsables de la mauvaise gestion du pays, la Nouvelle Démocratie et le Pasok, les deux grands partis qui se partagent le pouvoir depuis la fin de la dictature des Colonels, vont probablement perdre de nombreux de sièges au parlement.

Aux dernières élections, ils avaient récolté 70 % des voix, mais pour cette élection les sondages leur donnent, au mieux, 40% des suffrages. Et les Grecs ont l'embarras du choix: 32 partis politiques se présentent à cette élection et une dizaine peuvent espérer passer la barre des 3% exigés pour entrer au parlement.

A gauche, les trois partis les plus importants espèrent avoir la majorité, alors que la droite redoute la montée de l'extrême-droite représentée par le LAOS, souvent qualifié de "FN grec", et parti néonazi, "Aube dorée". Ils espèrent capter une grande partie des votes de protestation. Bruxelles se prend, pour sa part, à rêver d'un gouvernement de coalition Pasok-Nouvelle Démocratie. Cet attelage gouvernemental droite-gauche serait une garantie du respect des engagements de la Grèce auprès de la zone euro, mais il semble bien improbable.

Population blasée

Signes que la population boude les grands partis, le saccage des stands de campagne lors de la manifestation du 1er mai à Athènes. Avec une dette publique de 175% du PIB et 21% de chômage particulièrement chez les jeunes, la population continue à manifester parfois violemment pour exprimer leur mécontentement.

Chaque semaine plus de 1000 entreprises ferment et 1000 emplois par jour sont supprimés. Signe de désespoir de la population, le taux de suicide qui ne cesse d’augmenter.

Pour Margarita Basilio, fonctionnaire interrogée par la radio espagnole RNE :

Les deux mots qui pourraient résumer la campagne c’est résignation et indignation. La classe politique est complètement discréditée"

Conséquence de cinq années de récession, "on peut voir deux blocs dans la population. Ceux en faveur de l’austérité, une austérité réfléchie et les anti-austérité ". Le résultat des élections de dimanche ne permettra sans doute pas à la Grèce d'avoir un gouvernement à la hauteur des défis qui attendent le pays, mais il permettra, au moins, d'évaluer le niveau du mécontentement général.

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